Prison de Pavie (Italie) : Une lettre de Beppe sur sa lutte dans la taule

Sicilia Libertaria / jeudi 17 décembre 2020

Maison d’arrêt de Pavie, 3 décembre 2020

Très chers compagnons et compagnonnes,
Je vous écris pour vous informer du fait que le 2 décembre 2020 j’ai commencé une grève (l’énième, après différentes grèves de la faim durant l’année passée dans cette prison !), en refusant de sortir à la promenade et de me rendre dans la salle de sociabilité (les seules 4 heures de la journées où on peut sortir de sa cellule).

Par cette grève, je demande d’avoir accès aux soins nécessaires pour mes pathologies, qui ont été largement documentées, et cela depuis un an, par mon avocat Fabio Sommovigo.
Les signalements-plaintes faites par mon avocat n’ont pas suffi !
Aujourd’hui encore, on m’ignore complètement, ce qui signifie me condamner à mort, étant donné que les pathologies dont je souffre, si elles ne sont pas soignées, ne peuvent que s’aggraver.
A cela s’ajoute l’isolement dans ma cellule pour une période indéterminée, puisque je suis enfermé dans une section pour prisonniers « sous protection » et je ne peux pas partager ma cellule avec de tels détenus, car je suis en régime « haute sécurité », étant accusé en vertu de l’article 280 [attentat avec finalité de terrorisme ; NdAtt.] avec toutes les circonstances aggravantes.

Un isolement dans l’isolement, dans l’abandon complet. La torture physique et psychologique est augmentée par l’ énorme difficulté que j’ai à me rapporter avec la grande majorité des détenus ici (violeurs, pédophiles, ex-flics dont Montella, le chef de la meute de la caserne de Piacenza [arrêté cette année parce qu’il gérait un réseau de trafic de drogue et d’extorsion, depuis la caserne des Carabinieri ; NdAtt.], des macs, des assassins de femmes…).
Depuis longtemps, je demande d’être transféré, mais cela, comme mes soins, m’est refusé !

Ma permanence forcée ici est un danger pour mon intégrité psycho-physique. Je n’exclus pas de commencer bientôt une grève de la faim, conscient des risques que cela comporte pour ma santé, déjà chancelante.
Je vous demande de relayer le plus possible cette lettre, en nom de chaque détenu que l’État laisse mourir dans ses geôles.

Le poing fermé.

Beppe Bruna

 

Note d’Attaque : Beppe a été arrêté le 21 mai 2019, lors de l’opération répressive Prometeo. Pour lui écrire (et pour écrire à Natascia, arrêtée lors de la même opération répressive) :

Giuseppe Bruna
C. C. di Pavia
Via Vigentina, 85
27100 – Pavia (Italie)

Natascia Savio (elle lit le français)
C. C. di Piacenza
Strada delle Novate, 65
29122 – Piacenza (Italie)

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