Saint-Sylvestre 2020 : Le feu couve sous le couvre-feu

Bordeaux : Une pluie de projectiles sur les pandores (et un bureau de poste incendié)

Ouest-France / vendredi 1er janvier 2021

Un bureau de poste a été brûlé et des arrêts de bus et de tramway détruits, lors d’incidents dans la nuit de la Saint-Sylvestre dans un quartier populaire de Bordeaux, où la police a dit avoir essuyé une pluie de mortiers d’artifice et de projectiles.
Il n’y a eu ni blessé ni interpellations, a-t-on appris auprès de la police.

Ces incidents aux Aubiers ont été particulièrement intenses avec un bilan matériel assez conséquent, selon la même source.
Les forces de l’ordre qui sont intervenues plusieurs fois jusqu’au milieu de la nuit pour sécuriser l’accès aux pompiers, appelés pour des départs de feu, ont essuyé une pluie de tirs de mortiers d’artifice et de projectiles en tout genre, notamment depuis les étages des immeubles adjacents. Ils ont fait usage de grenades lacrymogènes.
Vendredi en fin de matinée, de la fumée s’échappait encore du bureau de poste, que les pompiers finissaient d’éteindre, et des policiers effectuaient des relevés, a constaté un photographe de l’AFP.
Non loin, sur l’avenue principale du quartier, les vitres d’une dizaine d’abris servant pour les bus et le tramway étaient détruites et les équipements de billetterie et d’affichage cassés. Du personnel nettoyait les dégâts et le tramway ne marquait pas l’arrêt.
Un bungalow appartenant à la société de transports publics bordelaise a également été complètement saccagé, selon la police.

C’était déjà comme ça l’an dernier mais quand même moins fort que ça, là ça (les incidents) a commencé très tôt, a expliqué à l’AFP Clotilde, femme enceinte de 25 ans qui cherche à déménager car elle ne se sent plus en sécurité.
[…]
Dans l’ensemble, les incidents ont été assez intenses dans l’agglomération bordelaise pour une nuit de la Saint-Sylvestre, d’après la police. Au niveau national, le ministère de l’Intérieur estime que ce réveillon sous couvre-feu a été « globalement calme » malgré quelques incidents.

Selon France Info « Au total, une trentaine de voitures ont été incendiées, et des dégradations commises dans différents quartiers de la ville, comme les Aubiers, Grand Parc, Pessac, Lormont, Cenon, Floirac, etc.  »

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Nantes : Voitures incendiées, flics pris pour cible, c’est le le Nouvel An !

Ouest-France / vendredi 1er janvier 2021

La nuit de la Saint-Sylvestre sous couvre-feu par temps de pandémie : une première, relativement mouvementée à Nantes où le centre-ville est resté calme mais où des tensions ont éclaté dans certains quartiers, dès le début de soirée. Plus que lors d’un Nouvel An classique ? A priori non selon la préfecture, qui évoque des « tendances à la baisse » par rapport à 2019 en termes de véhicules brûlés, d’agressions et d’interpellations. « Ce qui s’explique par le couvre-feu ».

Des véhicules ont été incendiés, sans savoir précisément combien, les autorités refusant depuis quelques années de communiquer les chiffres pour « éviter la surenchère entre les départements ».
Quartier Malakoff, ce vendredi matin, on dénombrait une vingtaine de carcasses totalement ou partiellement calcinées, rue de Norvège notamment, là même où six voitures avaient été brûlées la nuit précédente.

De nombreux feux d’artifice ont illuminé la nuit nantaise, notamment au moment du passage à la nouvelle année. Mais certains ont été dirigés contre les forces de l’ordre qui ont essuyé des tirs de mortiers d’artifice, notamment à la Bottière vers 22 h, secteur Samuel-de-Champlain au nord de Nantes et à Malakoff autour de minuit, où une barricade de poubelles et de voitures en feu avait été dressée, rue d’Angleterre.
« Des tirs à hauteur d’homme, en direction des fonctionnaires sur le terrain », témoigne une source policière quand une autre évoque des « guets-apens plus ou moins réussis », obligeant les forces de l’ordre à riposter avec des gaz lacrymogènes.
« Les affrontements se sont répétés jusqu’à 3h du matin, commente un habitant dépité. Et si on regardait par la fenêtre de nos appartements, on prenait aussi des mortiers. Il y a eu des impacts sur des fenêtres. »

Un fourgon des sapeurs-pompiers de Gouzé qui intervenait pour éteindre un feu de véhicule a également été visé. Sans faire de blessé selon un premier bilan de la préfecture à 6 h ce vendredi 1er janvier. Une plainte sera déposée. […]

Plusieurs personnes ont été interpellées au cours de la nuit, dans le cadre de ces violences urbaines mais aussi pour ivresse manifeste sur la voie publique ou conduite sous l’emprise d’un état alcoolique.

La police municipale a également dressé quelques verbalisations pour non-respect des règles du couvre-feu.

Déjà la veille

extraits du même torchon / jeudi 31 décembre 2020

Réveil brutal dans la nuit de mercredi à jeudi quartier Malakoff à Nantes. Cet habitant de la rue d’Autriche a été tiré du lit « vers 3 h du matin », ce 31 décembre, par le bruit d’un camion de pompiers : non loin de sa tour, plusieurs véhicules flambaient.
Il n’en reste que des carcasses, parfois encore fumantes, alors que le jour s’est levé et que le ballet des dépanneuses a succédé à celui des fourgons pompe-tonne. Désolant spectacle : deux voitures ont été incendiées rue d’Autriche et six un peu plus loin, au bout du parking de la rue de Norvège.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les flammes ont aussi détruit deux autres véhicules, à l’ouest de la ville, aux Dervallières .

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Strasbourg : La pacification en marche… ou pas ?

Le Figaro / vendredi 1er janvier 2021

Des voitures ont été incendiées jeudi 31 décembre au soir à Strasbourg lors du réveillon du Nouvel An, malgré le couvre-feu, mais en moins grand nombre que l’an dernier, a-t-on appris de sources concordantes. «On en est déjà à un certain nombre de véhicules brûlés» et plusieurs personnes ont été interpellées, a déploré la préfecture du Bas-Rhin, sans communiquer de chiffres. Mais «la situation est moins tendue que l’année dernière pour le moment», a-t-on ajouté de même source.

Selon une source syndicale policière, une soixantaine de voitures ont été brûlées dans différents quartiers de la capitale alsacienne marquée les années précédentes par d’importantes violences urbaines, le soir de la Saint-Sylvestre.

Malgré l’interdiction de vente et d’achat décrétée par la préfecture pour tout le mois de décembre, pétards et tirs de mortier se faisaient régulièrement entendre depuis le début de la soirée. Mais les quais de l’Ill, la rivière qui borde le centre historique de la ville, étaient déserts alors qu’ils sont habituellement très animés pour le réveillon du Nouvel an. Celui de l’an passé avait été marqué toute la nuit à Strasbourg par des violences sur les forces de l’ordre et les pompiers, et de nombreuses voitures brûlées.

Pour prévenir les incendies de voitures, le dispositif policier a été renforcé et le stationnement interdit dans plusieurs rues et zones d’habitation. Plusieurs parkings gratuits et surveillés ont été mis à disposition des habitants jusqu’au 2 janvier et la vente de carburant au détail a été interdite. […]

Ailleurs dans le département, la gendarmerie a fait état vers 01 heure de «quelques feux de poubelles et de palettes, mais cela reste limité».

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Lieuron (Ille-et-Vilaine) : Après la méga-fête, la bagnole des gendarmes a la gueule de bois (calciné)

extrait de France Info / vendredi 1er janvier 2021

Une rave-party qui rassemble 2 500 personnes, « en provenance de différents départements et de l’étranger », selon la préfecture, a été organisée dans la nuit du jeudi 31 décembre au vendredi 1er janvier à Lieuron (lle-et-Vilaine) malgré le couvre-feu et les interdictions liées à l’épidémie de coronavirus, rapporte France Bleu Armorique. Après avoir joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre, les fêtards se sont installés dans les hangars désaffectés d’une société de transport à Lieuron le long de la D177 entre Rennes et Redon.

Trois gendarmes ont été légèrement blessés par des jets de pierre alors qu’ils tentaient d’intervenir. Un véhicule de la gendarmerie a également été incendié, a appris franceinfo auprès des militaires.

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Lyon : Les mauvaises intentions sont difficiles à éradiquer !

Lyon Mag / vendredi 1er janvier 2021

Il faut dire que le couvre-feu, l’important déploiement de forces de l’ordre et la forte pluie de la nuit ont rincé les mauvaises intentions des individus qui ont l’habitude d’incendier des voitures lors du passage à la nouvelle année.
Mais malgré tous ces facteurs, certains ont tout de même pris le risque de sortir pour accomplir leur méfait.

Ainsi, des véhicules en train de brûler ont été signalés par dizaines dans l’agglomération : à Lyon sur la route de Genas et à la Duchère notamment, à Villeurbanne rue du 4 août 1789 par exemple mais aussi à Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Rillieux-la-Pape, Givors, Grigny… On ne sait pas encore si des interpellations ont pu être menées.

Des tirs de mortiers et de feux d’artifice, pourtant interdits par la préfecture, ont également été réalisés dans certains quartiers. Aucun blessé ne serait à déplorer.

Du côté de la préfecture du Rhône, aucun chiffre officiel ou officieux ne sera évidemment communiqué à ce sujet. Les consignes du ministère de l’Intérieur sont claires.
Dans l’attente d’un bilan plutôt axé sur les contrôles réalisés dès jeudi soir et encore ce vendredi matin, les services des représentants de l’Etat à Lyon avaient déjà indiqué à 22h jeudi que 15 verbalisations dont 10 pour non-respect du couvre-feu et 5 pour non-port du masque avaient été adressées à Bron où se déplaçait le préfet Pascal Mailhos.

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Calais : Quand les pandores veulent stopper les feux d’artifice, en deviennent la cible

France-Info / vendredi 1er janvier 2021

Trois policiers ont été légèrement blessés dans la nuit de jeudi à vendredi lors d’échauffourées contre les forces de l’ordre, visées par des tirs de mortiers d’artifice dans le quartier sensible du Beau Marais, à Calais, selon une source policière et la préfecture.

Un individu a été interpellé et placé en garde à vue à l’issue de ces troubles, qui ont démarré aux environs de 21h, a précisé la préfecture dans un communiqué. « Les effectifs de police sont intervenus pour une trentaine d’individus qui faisaient usage de moyens pyrotechniques sur la voie publique » avec des tirs de mortiers « occasionnant des dégradations sur les vitres de certains appartements« , selon la préfecture.
« Lors de cette intervention, les policiers ont, à leur tour, fait l’objet de jets de projectiles et de tirs de mortier« , et trois d’entre eux ont été « légèrement blessés« . Selon une source policière, le retour au calme est intervenu vers 2H du matin, après l’arrivée de renforts de CRS.

Sur l’ensemble du département, où la nuit a été « calme« , près de 500 policiers et gendarmes étaient mobilisés pour veiller au respect du couvre-feu, a relevé la préfecture.  Avec 117 opérations de contrôles menés, 98 procès verbaux ont été dressés pour non-respect du couvre-feu.

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Pontault-Combault (Seine-et-Marne) : Déjà la veille, le commissariat se fait attaquer

extrait du Parisien / jeudi 31 décembre 2020

À la veille de la nuit de la Saint-Sylvestre, le commissariat de police de Pontault-Combault (Seine-et-Marne) a été attaqué par plusieurs tirs de mortiers, ce mercredi soir, peu après 19 heures.

[…] Si les tirs de mortiers ont été tirés en direction du commissariat, ils n’ont toutefois pas atteint le bâtiment et il n’y a pas eu de dégâts matériels, ni de blessés. Des tirs de mortiers ont aussi été constatés dans la cité de l’Ocil de manière concomitante.
Pour l’heure, il n’y a pas eu d’interpellation. « Demain, mes collègues seront sur le qui-vive pour assurer le couvre-feu. Il est évident que beaucoup ne vont pas le respecter. Il faut des sanctions lourdes contre cette gangrène », insiste le syndicaliste, qui réclame « des effectifs pour le département ». […]

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Corbeil-Esssonnes (Essonne) : Guet-apens en série pour les bleus 

Le Parisien / mercredi 30 décembre 2020

« Ça faisait longtemps que nous n’avions pas connu des violences quotidiennes. » Le constat est soupiré par un policier de Corbeil-Essonnes ( Essonne ). Depuis une dizaine de jours, lui et ses collègues sont pris à partie dans le quartier des Tarterêts par des groupes de jeunes bien décidés à en découdre. Ces violences font suite à plusieurs événements.

Mi-décembre, près de 3 kg de cannabis sont saisis au 23 Blum, une tour de la cité qui est devenue un point de deal réputé. Il y a ensuite eu l’interpellation d’un jeune homme le 22 décembre alors qu’il circule à vive allure au volant d’une puissante Audi blanche signalée volée. Le conducteur de la berline refuse de s’arrêter quand les fonctionnaires lui demandent. Une course-poursuite s’engage et se termine à proximité du centre commercial en bordure de N7, à côté du quartier. Les deux jeunes qui se trouvent à bord sont arrêtés. Dans l’action, un policier reçoit un violent coup de poing au visage et une vitre de l’arrêt de bus qui se trouve à proximité vole en éclats.

La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Sur Snapchat, un utilisateur annonce que la vitre a explosé après que les policiers ont fait usage de leur arme à feu. « C’est une fausse information », tempête un agent.

Dans les soirs qui suivent, les réactions ne tardent pourtant pas. Les dernières échauffourées en date remontent à lundi. Vers 20 h 15, les policiers sont appelés pour des individus qui parlent fort dehors en plein couvre-feu. A leur arrivée, ils sont violemment pris à partie par plusieurs dizaines de jeunes et se retrouvent sous une pluie de projectiles. Ils reçoivent également deux cocktails Molotov. Une dizaine de grenades lacrymogènes leur permettent de disperser les assaillants. Un jeune a été interpellé.

Le mode opératoire est toujours le même et commence par un appel au 17 pour un feu de poubelles ou un tapage nocturne. « Il y a toujours un incendie avant, confirme un fonctionnaire. Ce sont des attaques sporadiques sous forme de guet-apens. Cela sert de représailles dès qu’on réalise des interpellations. Ils nous tirent dessus avec des mortiers d’artifice de 50 de diamètre. Si ça touche quelqu’un, ça peut faire très mal. » Il y a aussi des jets de pierres et de cocktails Molotov. […]

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Créteil : Chez les keufs, jamais deux sans trois

RTL / mercredi 30 décembre 2020

Trois incendies se sont déclarés en une semaine dans le parking souterrain d’un immeuble de Créteil où habitent des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur et de la préfecture de police.

Une enquête pour dégradations volontaires par incendie a été ouverte pour ces trois faits et confiée à la police judiciaire, a indiqué le parquet de Créteil. Un premier départ de feu, le 22 décembre vers 23h, a endommagé une dizaine de voitures et quelques motos, et entraîné l’évacuation des locataires, selon une source proche de l’enquête.
Le deuxième, le 29 décembre au petit matin, a causé moins de dégâts matériels avec trois motos brûlées. Le troisième, mercredi matin aux alentours de 10h, n’a causé aucun dégât particulier et serait a priori accidentel, a nuancé une source proche de l’enquête.
Cette dernière vise à déterminer les causes exactes de ces incendies et leur éventuel lien mais aucune piste n’est pour le moment privilégiée, a indiqué cette même source.

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Sartrouville (Yvelines) : Pour les bus, jamais deux sans quatre

Le Parisien / jeudi 31 décembre 2020

Quatre. En trois mois, ce sont désormais quatre bus qui ont été la proie des flammes aux abords de la cité des Indes à Sartrouville, dont deux ces dernières heures. L’un n’a été que partiellement endommagé, l’autre a été totalement détruit. Fort heureusement, aucun blessé n’est à déplorer. Mais pour les transporteurs, la mairie et les forces de l’ordre, les bornes sont largement dépassées.

Vers 6 heures, à l’arrêt Pablo Neruda situé avenue Robert-Schuman, un homme encagoulé a profité de l’ouverture de la porte pour jeter dans le véhicule un liquide incendiaire avant de mettre le feu. Le chauffeur et trois passagers, deux femmes et un homme encapuchonné, sont sortis précipitamment.

Le bus s’est très rapidement et entièrement embrasé. Les pompiers sont intervenus mais n’ont rien pu faire pour stopper la destruction du véhicule. La ligne numéro 9 de la société Transdev relie les gares d’Argenteuil à Sartrouville. « Cet arrêt est déjà un itinéraire dévié », précise la société de bus.

Quelques heures plus tôt, vers minuit, le bus de nuit 272, qui navigue lui aussi entre les gares des deux villes, avait également été attaqué par deux incendiaires au niveau de l’avenue Georges-Clémenceau. Avec le même procédé. Les malfaiteurs aux visages dissimulés sont montés à bord puis ils ont répandu du liquide inflammable avant de mettre le feu et de prendre la fuite en courant. « Le machiniste a utilisé un extincteur pour éteindre rapidement ce début d’incendie, précise une source proche de l’affaire. Il est parvenu à limiter la propagation du feu au niveau de la porte latérale ».

Les enquêteurs de la sûreté de Houilles sont chargés de mener les investigations sur ces deux faits. Les traces et indices ont été relevés et un bidon d’essence a été retrouvé par les fonctionnaires. « Cette affaire est prise très au sérieux, confie un commissaire de police et nous avons envoyé nos meilleurs éléments pour diriger les investigations ».

Ces deux incendies portent à quatre le nombre de bus attaqués par le feu dans la cité des Indes en quelques semaines. Déjà le 30 octobre vers 23 heures, à l’arrêt Romain Rolland, deux hommes équipés de bidons d’essence avaient pris pour cible un bus de la même ligne 272. Les deux suspects avaient d’abord fait sortir le chauffeur du véhicule avant d’allumer le brasier. Dans la nuit du 24 au 25 novembre, un second bus de nuit avait été ravagé par les flammes à l’arrêt Charles-de-Gaulle. Un garçon, âgé de 14 ans, avait été interpellé. Cet adolescent qui habite Argenteuil (Val-d’Oise) a toujours nié en bloc. […]

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