No prison society / samedi 13 avril 2019
Certains pensent que le premier mai est une fête réformiste. En effet, cette date a été récupérée par la gauche et même par de nombreux États. Le 1er mai est officiellement aujourd’hui la fête du Travail, et à ce titre un jour férié dans de nombreux pays, durant lequel on célèbre le dur labeur, et les organisations syndicales (quelles soient anarchistes ou pas) en ont fait leur date principale de l’année, où chacun sort avec son drapeau et sa banderole pour parader dans les rues, en mode carnaval de la gauche.
C’est en fait plutôt drôle que des réformistes célèbrent une date pareille, car le premier mai pour les anarchistes ce n’est pas la fête du travail, mais la commémoration de ce qui s’est passé en mai 1886 à Chicago (États-Unis), lorsque des travailleurs, anarchistes, souvent migrants (allemands, irlandais, italiens, etc.), ont lancé une grève massive pour travailler moins d’heures (les fameuses grèves pour obtenir la journée de travail de huit heures). Dans les journaux de ces anarchistes (certains écrits en allemand, comme le Arbeiter Zeitung) il y avait des appels à prendre les armes contre les patrons et la police, des appels à fabriquer des bombes. Et c’est en effet ce qui s’est passé, les mots n’étant pas que de l’encre à cette époque, et lors d’un rassemblement au Haymarket réprimé très violemment par la police (à l’époque cela veut dire qu’il y a eu des morts) une bombe a été lancée sur des policiers, et un policer fut tué par celle-ci, et sept autres flics furent tués dans la bagarre qui suivit.
Suite à cela 8 anarchistes passèrent en procès, et 5 seront condamnés à mort. L’un d’entre eux, expert en dynamite, se suicidera dans sa cellule, et quatre seront pendus. Or, contrairement au mythe conté par la propagande gauchiste, les anarchistes de Haymarket ne sont ni des victimes innocentes, ni des martyrs (la martyrologie étant un concept religieux). Ils participaient tous activement à la propagande anarchiste, ils écrivaient dans ces journaux qui appelaient à prendre les armes et fabriquer des bombes, et ils fabriquaient des bombes eux-mêmes, et ils ont été arrêtés parce que leur activité de propagandistes anarchistes les rendait visibles aux yeux du pouvoir, et qu’ils ne s’en cachaient pas. À cette époque l’anarchisme était vu comme une vraie menace pour le pouvoir, comme l’atteste cette citation du procureur du procès de Haymarket : « Il n’y a qu’un pas de la République à l’anarchie. C’est la loi qui subit ici son procès en même temps que l’anarchisme. Ces huit hommes ont été choisis parce qu’ils sont des meneurs. Ils ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivent. Messieurs du jury : condamnez ces hommes, faites d’eux un exemple, faites-les pendre et vous sauverez nos institutions et notre société. C’est vous qui déciderez si nous allons faire ce pas vers l’anarchie, ou non. »
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