traduction reçue par mail et légèrement remaniée – tiré de Round Robin / mardi 22 octobre 2019
Aux cœurs brûlants
“ L’anarchiste n’aspire pas au succès, à la victoire, à la compétition. Il lutte, parce que c’est juste de le faire. Dans chaque lutte, la défaite fait partie de la vie. Il ne change pas d’avis parce qu’il perd et il ne renonce pas non plus à la lutte qui suivra. Le Système s’autoalimente parce que le peuple ne lutte pas, non parce qu’il est invincible. Le travail de l’anarchiste est d’insuffler la révolte au peuple, pas à segments mais de façon continue. Comme une vague qui se retire et revient. Vous me demandez si vous vaincrons? La question est incorrecte. Demandez moi si nous lutterons et je vous répondrons que oui. ”
Luigi Galleani
Aujourd’hui nous avons décidé de dire quelque chose à propos de l’opération répressive “ Renata ”. D’autres textes ont analysé l’enquête, à travers les aspects répressifs de l’État, et les instruments technologiques, inquisitoriales et juridiques utilisés pour frapper qui ose encore se battre pour quelque chose de différent et qui souffle encore sur les ailes de la liberté.
Nous avons décidé de ne pas nous adresser à la Cour qui va nous juger, ni à ceux qui nous répriment. Ce n’est pas dans une salle d’audience que nous avons décidé de parler.
Nous voulons parler dans les lieux où il y a des luttes, où il y a encore un esprit critique, partout où il y a des personnes conscientes que tant de choses doivent changer maintenant, que cet état de fait doit être révolutionné.
Nous parlerons donc des faits insérés dans l’enquête et qui nous sont reprochés.
Ces actions -nocturnes ou diurnes, individuelles ou collectives – prennent place dans un conflit qui va bien au-delà des faits spécifiques ou du territoire où elles se sont déroulées. Elles sont le fruit d’une confrontation plus ample, celle entre les exploités et les exploiteurs et ceux qui les défendent.
Nous partageons l’esprit, l’éthique, la méthode, les objectifs de ces actions, indépendamment de qui les a réalisées. Elles parlent d’elles-mêmes, elles sont compréhensibles à un grand nombre, elles indiquent une voie, celle de la libération. Elles pointent le doigt sur qui vit de l’exploitation et de la guerre, de la haine et de la violence. Elles souhaitent quelque chose de plus, quelque chose qui mette fin aux pires atrocités et aux barbaries. Mais surtout, elles visent à détruire le mur de la résignation, en ces temps qui manquent de solidarité humaine, de rébellion, de pensées critiques.
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