Kallithéa (Grèce) : Attaque explosive contre l’ΕΦΚΑ

Act for freedom now! / mardi 26 mai 2026

« La résistance violente est enivrante, elle est un espoir dans un monde silencieux et sans espoir »

Alors que la plupart des membres de la société cherchent un moyen de se faire une place dans ce monde étouffant, où même respirer n’est pas quelque chose de garanti et où la mort est à l’ordre du jour, où l’industrie de la guerre se développe rapidement, où les puissants piétinent la dignité humaine et où le sang coule comme si c’était de l’eau, où tout cela est imposé comme une normalité, certain.es choisissent de cracher au visage de l’oppression, de refuser la soumission, de rejeter l’assimilation dans la dégradation. Certain.es choisissent de lutter, de prendre des risques, de combattre ceux qui piétinent leurs rêves, avec fierté et dignité.

L’un d’entre elles/eux était le révolutionnaire armé Kyriakos Xymitiris, mort le 31 octobre 2024, lors d’une explosion, dans un appartement [du quartier athénien] d’Ambelókipi, alors qu’il manipulait des explosifs. Cela a été suivi d’une démonstration de force et de vengeance de la part l’État, avec l’arrestation de Marianna Manoura – elle avait été blessée dans l’explosion – de Dimitra Zarafeta, de Dimitris, de Nikos Romanos et d’A.K. sur la base d’une liste d’accusations exagérée. Après qu’elles/ils aient passé un an et demi en prison, l’affaire a enfin été jugée : les trois dernier.es accusé.es ont été acquitté.es, alors que les deux autres compagnonnes ont été reconnues coupables d’appartenance à une organisation terroriste. Marianna M. a été condamnée à dix-neuf ans de prison et Dimitra à huit ans. Nous ne devons pas être surpris.es par des détentions préventives basées sur des preuves insuffisantes, ni par ces condamnations. Parce qu’il s’agit d’une guerre du pouvoir. Quiconque riposte est persécuté.e et cela n’est que le début. Les victimes de la répression d’État sont innombrables ; des milliers de mort.es. En modifiant et en durcissant le code pénal, l’État prépare un régime totalitaire moderne, dans lequel, si on ne s’adapte pas, on meurt ou on finit en prison. Les juges, en tant que défenseurs historiques des patrons, condamnent tout être qui transgresse, tout ce qui dévie de ce présent monotone et dystopique, de cette réalité oppressante que nous sommes contraint.es d’accepter. Avec leurs tristes condamnations, ils enferment les gens dans des cellules, les exposent à la violence rampante qui règne à l’intérieur des prisons, en brisant violemment leurs liens familiaux et amicaux, dans l’horreur de l’oubli. Dans les tribunaux, où ceux/celles qui n’ont pas de pouvoir voient leur vie ruinée pour des délits mineurs, les ministres, les députés et les riches s’en tirent à bon compte. Cela montre que l’essence de la justice civile est de ne jamais tourner le dos aux intérêts sordides de ceux qui sont au pouvoir. Parmi leurs priorités, il y a la répression de l’action politique anarchiste, la suppression de la lutte pour la liberté, l’épuisement des militant.es, avec des accusations fallacieuses, des détentions arbitraires et des peines extrêmement lourdes. Mais l’action politique ne plie pas.

À l’aube du 23 avril, un engin explosif a été placé près de l’EΦΚΑ [l’Agence nationale de sécurité sociale ; NdAtt.], à Kallithea [ville de la banlieue sud-ouest d’Athènes ; NdAtt.] ; les raisons sont évidentes et nombreuses. L’ΕΦΚΑ, en tant que structure de l’État, est d’une part un véhicule de l’esclavage salarial et, d’autre part, elle est responsable de nous saigner économiquement, avec les impôts. L’engin s’est déclenché, provoquant un incendie à l’entrée du bâtiment, mais il n’a pas explosé, car, selon ce qui a été rapporté par certains médias du régime, quelqu’un a essayé de le « neutraliser » avec un tuyau d’arrosage, avant l’arrivée des pompiers. C’est un fait que dans le climat morose actuel, dans lequel nous vivons, il existe un certain type d’homme contemporain des grandes villes capitalistes : un homme écrasé par le pouvoir et par la pauvreté qu’il crée lui-même, qui est soumis à tous les caprices des gouvernements et, étant donné la monotonie de sa vie, est enclin à accomplir des actes qui font qu’il se sente utile. Il se précipitera donc pour éteindre les feux qui font rage dans les institutions de l’État, même si c’est précisément dans celles-ci qui se nourrit sa propre oppression étouffante. Ce petit geste, le placement de l’engin explosif, est loin de représenter ne serait-ce qu’une minime partie de la réponse à la violence que nous subissons chaque jour. Mais il a une valeur préliminaire, pour les milliers d’actions qui sont sur le point de secouer la classe dirigeante et ses laquais. Nous avons 2026 raisons – et bien plus encore – d’attaquer l’État, d’étendre l’action directe aux quatre coins du globe. De rappeler que nos ennemis sont vulnérables. Notre promesse est que nous n’abandonnerons pas sans combattre et cette promesse prend vie dans l’action. Nous détruirons ce qui incarne notre asphyxie, par tous les moyens : le sabotage, les attaques, l’agitation politique parmi les opprimé.es, les initiatives de solidarité, avec beaucoup de goût pour tout cela.

Le 19 mars, la terrible nouvelle est arrivée, de la mort des anarchistes Alessandro Mercogliano et Sara Ardizzone, à cause de l’explosion d’un engin en cours de préparation, dans un corps de ferme abandonné, à Rome. Un événement déchirant, mais qui a aussi porté de la passion et de l’inspiration pour intensifier la contre-attaque.

Ceux/celles qui tombent en combattant le pouvoir ne seront jamais oublié.es. Leur mémoire et leur esprit resteront vivants dans les rues de la révolte, dans les luttes contre l’oppression, à chaque instant où nous décidons de nous mettre en jeu et de ne pas céder. Conscient.es que, dans un monde où tout est volé, nous n’avons pas grand-chose à perdre.

Nous exprimons notre solidarité avec l’occupation de la communauté d’habitation des réfugié.es, avec Aristos Hantzis, en grève de la faim, et Suzon Doppagne, en grève de la faim aussi. Au-delà des divergences politiques qui peuvent émerger, l’essentiel est que Prosfygika reste une contre-proposition vivante de collectivisation de nos besoins, ici et maintenant, où la solidarité s’épanouit et où ils/elles se battront jusqu’au bout. Flics, patrons et autres ordures, bas les pattes des territoires libérés.

Luttons sans arrêt, jusqu’à ce que la dernière prison soit en flammes et que notre oppression ne soit plus qu’un souvenir douloureux. Allons de l’avant, avec des paroles et des actes incendiaires, pour la liberté, pour un monde sans frontières, sans nations, sans États, sans discrimination ni exploitation. Contrairement à la logique réformiste, qui nous rend accommodant.es, les conditions de la révolution mûrissent en nous à chaque action, à chaque acte de défi. Le moment est ici et maintenant, toujours et partout. Force et respect pour celles/ceux qui marchent sur les rues du feu : leur marche assurée et déterminée est une source d’inspiration pour nous tou.tes. Solidarité avec les rebelles partout dans le monde. La liberté s’épanouit au milieu des ruines du pouvoir et même si nous avons encore un long chemin à parcourir… ceux/celles qui ont osé rêver tout en agissant éclaireront le chemin.

Nous rendons hommage à l’insurgé armé Kyriakos Xymitiris, à l’anarchiste Snizana Paraskevaidou, aux compas Alessandro Mercogliano et Sara Ardizzone.

BEAUCOUP DE FORCE ET DE CRÉATIVITÉ À CHAQUE ÊTRE REBELLE
MARIANNA, DIMITRA : FORTES JUSQU’À LA LIBERTÉ
FEU AUX PRISONS ET AUX HÔPITAUX PSYCHIATRIQUES

Marche ardente et obstinée
[Πύρινο Πεισματικό Βάδισμα]

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