De Nice à l’Île de France : Envasions et incendies dans les prisons pour sans-papiers

Centre de rétention de Nice : Saisir l’occasion

Var-Matin / mardi 29 octobre 2019

Le 1er octobre dernier à Nice, trois étrangers en situation irrégulière ont quitté le centre de rétention administratif de la caserne Auvare. L’un d’eux a été rattrapé quinze jours plus tard. Il a été jugé et condamné ce jeudi.

A. D., Tunisien âgé de 22 ans, répondait de « vol et réunion » et « soustraction à l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français ». Il n’est finalement condamné que pour la seconde infraction.
A ses dires, il n’aurait pas participé au vol des clés. Juste saisi une belle opportunité. Tel un « oiseau en cage », selon sa métaphore, il se serait envolé à tire-d’aile.
D’après son témoignage, c’est un autre pensionnaire du centre de rétention qui aurait trouvé les clés, dans un paquet de vêtements et de nourriture amené par ses proches. Elles auraient glissé dedans, échappant à un surveillant. Le tribunal n’est pas obligé de le croire. Mais pas forcément en mesure, non plus, de lui imputer le vol.
Le procureur Sandra Verbrugghen requiert 18 mois de prison contre ce jeune Tunisien, sans papier mais traînant un casier judiciaire déjà chargé.
Me Mélanie Carpentier, intervenant pour la défense, lui obtient une peine trois fois moindre: 6 mois ferme. A. D. est en effet relaxé des faits de vol.
Les deux autres « oiseaux » envolés, quant à eux, sont toujours dans la nature.

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Centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) : Incendies dans trois bâtiments

extrait d’abaslescras.noblogs.org / mardi 29 octobre 2019

[…] C’est au moins la troisième fois cette année que des prisonniers du CRA2 essayent de mettre à mal la machine à expulser en tentant de brûler des cellules.
Ce lundi 28 octobre en début de soirée, dans trois bâtiments (le 9, le 10 et le 11) des feux se déclenchent. Le bâtiment 10 est le plus touché.
Les pompiers interviennent (trop) rapidement et jugent qu’on peut continuer à y enfermer des personnes sans danger pour la santé. Résultat les prisonniers des bâtiments concernés se retrouvent à dormir dans ces mêmes cellules qui ont brûlés, sans matelas ni draps.
La répression à déjà commencé: deux prisonniers ont été amenés à l’isolement (et peut être en garde-à-vue). L’un deux a été reconnu par un keuf du CRA parce qu’il l’avait déjà tapé l’année dernière. […]

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Centre de rétention de Plaisir (Yvelines) : Quand « hébergement » rime avec enfermement… il met le feu !

La Gazette des Yvelines / mardi 29 octobre 2019

Un homme, âgé de 51 ans, hébergé [ouais, « hébergé »…; NdAtt.] au Centre de rétention administratif de Plaisir, a mis volontairement le feu à son lit, le 27 octobre. Vers 19 h 15, 24 personnes, gardées en rétention, ont dû être évacuées dans la cour de l’établissement. L’homme à l’origine du feu a été interpellé et l’incendie a été maîtrisé par les pompiers. L’incident n’a fait aucun blessé mais la chambre a été entièrement détruite.
Au-delà de l’incendie, ce centre de rétention administratif, réservé aux sans-papiers, a connu de nombreuses évasions. Le Parisien en dénombrait huit depuis le début de l’année 2019, dans son article datant du 15 août 2019. Les conditions d’hébergement seraient dures, selon le réseau pour l’Accueil des migrants en Yvelines, mentionné par Le Parisien.

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