Le virus de la révolte contagie de plus en plus les prisons

Prison du Mans : Rebelote rébellion !

France Bleu / samedi 21 mars 2020

Pour la deuxième journée consécutives, des détenus de la maison d’arrêt de Coulaines, dans la Sarthe, refusent de réintégrer leur cellule après la la promenade du soir. Une Eris (équipe régionale d’intervention et de sécurité) est arrivée sur place pour intervenir

Vingt-huit détenus de la maison d’arrêt des Croisettes, à Coulaines, près du Mans, refusent ce samedi soir de réintégrer leur cellule depuis la fin de la promenade, aux alentours de 17h. Après avoir cassé le grillage de l’une des quatre cours de promenade de l’établissement, ces derniers se promenaient dans la zone neutre, située entre les bâtiments et le mur d’enceinte de l’établissement, un secteur strictement interdit aux détenus et où les surveillants ne sont pas équipés pour intervenir. Une équipe régionale d’intervention et de sécurité (Eris) a donc été appelée et est arrivée sur place un peu avant 19 h.
La veille, une trentaine de détenus avaient déjà organisé une mutinerie du même ordre, restant toutefois dans leur cour de promenade. […]

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Centre de détention de Neuvic-sur-l’Île

France Bleu / dimanche 22 mars 2020

La matinée de samedi a été tendue au centre de détention de Neuvic en Dordogne. Trois détenus ont bloqué une aile au troisième étage. Au même moment, un feu s’est déclaré dans une des cuisines du 2e étage. Le temps de l’intervention, un détenu a été intoxiqué par les fumées. Il a dû être transporté à l’hôpital.
L’ordre a pu rapidement être rétabli dans l’établissement. L’Équipe régionale d’intervention et de sécurité s’est néanmoins déplacée dans l’après-midi. Un détenu a été transféré à Bordeaux, les deux autres ont été placés en quartier disciplinaire.
Depuis la fin des parloirs en raison de l’épidémie de Covid-19, les incidents dans les prisons se multiplient partout en France.

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Centre pénitentiaire de Draguignan : Émeute

extraits de Var Matin / samedi 21 mars 2020

Une émeute a eu lieu ce samedi soir à la maison d’arrêt de Draguignan en raison de la fermeture des parloirs. […]
Une quarantaine de détenus se sont en effet lancés dans un début d’émeute, en fin de journée. Contactée ce soir, la direction de la maison d’arrêt n’a pas été en mesure de nous éclaircir sur la situation. […]
Les détenus ont notamment cassé une table en béton qu’ils ont utilisé pour bloquer une porte d’accès. En début de soirée, des équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris)… en provenance de Marseille, spécialement déployées pour ce type d’interventions, étaient déployées.
Aux alentours de 19h, l’intervention était en cours […]. Aux alentours de 20h, la situation était revenue à la normale.

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Maison d’arrêt de Béziers : Bloquege de la promenade, pour survivre sous confinement

Midi Libre / samedi 21 mars 2020

Les forces de l’ordre sont intervenus à la prison du Gasquinoy, à Béziers, samedi. Selon nos premières informations, et des premiers témoignages de riverains, l’intervention s’est déroulée à la suite d’un appel des gardiens après une mutinerie. Quelques dizaines de détenus auraient refusé de réintégrer leurs cellules après la promenade. Le procureur de la République, le directeur de la prison, le maire et le sous-préfet se sont rendus sur place.
Selon nos informations, environ 80 détenus étaient concernés. Une trentaine du centre de détention 1 et une cinquantaine de la maison d’arrêt. La cour de promenade a été forcée pour que les prisonniers récupèrent des projections, des paquets, illégaux qu’envoient des proches aux prisonniers afin de les ravitailler en produits divers (téléphone, tabac, drogue…).
Pour l’heure, les détenus ont été contenus par les forces de l’ordre dans la cour de promenade après des tirs de sommation de la part des surveillants. L’Eris de Toulouse, une brigade spécialisée dans l’intervention dans les prisons est en route. […]

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Cinq prisonniers en garde à vie, trois autres au mitard

extrait de 20 Minutes / dimanche 22 mars 2020

Cinq détenus du centre pénitentiaire de Béziers (Hérault) ont été placés en garde à vue, après des incidents survenus samedi, au sein de la prison.
Des dizaines de prisonniers ont refusé de réintégrer leurs cellules à l’issue de la promenade, confie Raphaël Balland, le procureur de la République de Béziers. Une cinquantaine de policiers ont dû intervenir au sein de la maison d’arrêt, pour rétablir l’ordre. Ces incidents sont liés à la mise en place de mesures au sein des établissements pénitentiaires pour lutter contre la propagation du coronavirus, notamment la suspension des visites aux parloirs […]
« Dans l’une des cours de promenade, des détenus ont cassé une porte, mais tous ont finalement accepté de réintégrer sans difficulté leurs cellules à l’arrivée des forces de l’ordre », poursuit le magistrat. Dans une autre cour, l’intervention des agents pénitentiaires « a été nécessaire mais s’est déroulée sans difficulté, chaque détenu ayant été reconduit à sa cellule sans incident », indique le procureur de la République. Enfin, dans une troisième cour, les agents ont été confrontés « à quelques détenus plus agressifs et ont fait usage de deux grenades sonores de désencerclement ».
Aux alentours de 19h30, tous les détenus avaient regagné leurs cellules.
Trois détenus ont été placés en garde pour dégradations d’un bien d’utilité publique et commises en réunion, et deux autres pour violences aggravées pour des jets de pierre et des crachats sur des agents pénitentiaires. Enfin, trois autres détenus ont été placés en quartier disciplinaire et passeront en commission de discipline en début de semaine.

Et le DAP promet des représailles

Ouest-France / dimanche 22 mars 2020

La direction de l’administration pénitentiaire (DAP) a assuré dimanche que la réponse pénale serait ferme à l’encontre des détenus participant à des mouvements collectifs de protestation dans les prisons, mises aussi sous cloche pour limiter la propagation du coronavirus.
Dès l’annonce mardi de la suspension des parloirs pour les familles rendant visite aux détenus, conséquence du confinement général de la population française, des incidents ont éclaté dans plusieurs établissements pénitentiaires, notamment à Grasse (Alpes-Maritimes).
L’administration pénitentiaire a recensé depuis mardi une trentaine de mouvements collectifs, dont 24-25 se sont limités à des refus de réintégrer les cellules à l’heure prévue après les promenades dans les cours des prisons.
La majorité des 188 établissements pénitentiaires n’ont pas été touchés par des incidents.
Mais dans certains d’entre eux, les protestations collectives se sont accompagnées de dégradations, comme samedi à Béziers, Draguignan, au Mans et à Lille-Sequedin.

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