Occupations d’universités : Grève, blocage, saccage, pillage et sabotage ! [MAJ 10/04]

Occupations dans les facs :

A Paris
extrait du suivi quotidien de Paris-luttes / mardi 10 avril 2018

[…] Ce mardi, en région parisienne, les centres de Tolbiac et Saint-Charles (Paris 1), la fac de Paris 8 et Paris 4 Clignancourt sont toujours bloqués et occupés ! Celle de Paris 3-Censier est bloquée depuis lundi. L’EHESS est occupé depuis ce mardi [voir leur communiqué ci-dessous; NdAtt.]. A Nanterre, à la suite de la tentative d’occupation d’un bâtiment, les flics sont violemment intervenus.

État de la mobilisation au 10 avril :

  • Paris 1 Tolbiac : bloquée et occupée jusqu’au retrait de la loi ORE
    • Personnels en grève depuis lundi 9 avril
  • Paris 1 Saint-Charles : bloquée et occupée
  • Paris 1 René Cassin : les entrées du site ont été bétonnées
  • Paris 3 : bloquée depuis ce lundi matin
  • Paris 4 Clignancourt : bloquée et occupée
  • Paris 8 : bloquée et occupée. Un bâtiment est occupé par des exilé.e.s
  • Nanterre : Tentative d’occupation. Intervention policière violente lundi 9 avril.
    • Personnels en grève mardi 10 avril
  • EHESS : bloquée et occupée depuis mardi 10 avril
  • IEP : mobilisée avec AG

Nanterre

Paris I – Saint-Charles

Paris I – Saint-Charles

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extrait du Parisien / lundi 9 avril 2018

Rennes 2 à nouveau paralysée. Les étudiants ont de nouveau bloqué l’accès à l’université de Rennes. L’université a annoncé sur Twitter que les cours ne pourront avoir lieu.

Toulouse toujours barricadée. L’université Jean-Jaurès est bloquée depuis trois semaines et la grogne ne semble pas se calmer. France 3 Occitanie rapporte que des étudiants se sont installés et habitent dans les locaux de l’université.

Des CRS déployés à Lille mais le campus n’est pas bloqué. Six cars de CRS étaient stationnés ce lundi matin à proximité et des agents de la ville nettoyaient les tags d’opposition sur les murs. A midi, des cheminots en grève ont rejoint une centaine d’étudiants sur le parvis de la faculté, faisant face aux policiers. Selon la préfecture, il n’y a pas eu d’incident « significatif » et les élèves ont pu entrer pour passer leurs examens à 14 heures. Un collectif d’enseignants avait pourtant appelé à ne pas participer à la tenue des examens.

Le « Patio » de Strasbourg bloqué. C’est le nom du bâtiment qui abrite notamment les licences de sciences sociales, lettres et langues de la capitale de l’Alsace. Le « Patio » est bloqué depuis 6 heures lundi matin par une soixantaine d’étudiants. Des poubelles, des grillages et des barrières bloquent l’entrée du bâtiment qui a été cadenassé. Selon l’AFP, quelques étudiants ont tout de même essayé de pénétrer dans le bâtiment, avant d’en être dissuadés par les « bloqueurs ». L’Université de Strasbourg a annoncé sur Twitter que les cours et les examens étaient suspendus.

Tentative de blocage à Bordeaux. Des étudiants ont brièvement tenté de bloquer des bâtiments sur le campus Pessac-Talence vers 6 heures ce lundi matin, avant de lever le blocage peu avant 9 heures.
Seul le site qui abrite les sciences humaines, sur la place de la Victoire, dans le centre-ville de Bordeaux, reste fermé depuis la mi-mars. Ses occupants ont demandé dans un communiqué la validation du second semestre pour tous les étudiants concernés par le mouvement. […]

extrait de Libération / lundi 9 avril 2018

Sur le site de Tolbiac (qui dépend de Paris-1), occupé depuis le 26 mars, la découverte [par la flicaille privée qui sont les vigiles de la fac; NdAtt.] dimanche de cinq cocktails Molotov à l’intérieur du bâtiment a déclenché l’ouverture d’une enquête. Des échauffourées avaient éclaté vendredi soir devant cette tour de 22 étages. Six personnes, de 19 à 21 ans, ont été interpellées; elles seront jugées en septembre.

[…] Trois universités sont entièrement bloquées depuis plusieurs jours, voire des semaines: Jean-Jaurès à Toulouse depuis décembre, Paul-Valéry à Montpellier depuis mi-février et Paris-8 en région parisienne, plus récemment. Un des deux campus de Rennes-2 est bloqué depuis lundi. […]

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Zad expulsée, EHESS habitée

Paris-Luttes / mardi 10 avril 2018

Parce que qu’il fallait bien occuper un lieu de pouvoir.

Depuis lundi matin, 2500 gendarmes accompagnés de blindés expulsent différents lieux de la ZAD, nous y réagissons comme nous nous y étions engagées en répondant à l’appel du mouvement à occuper les lieux de pouvoir partout où cela est possible. Malgré la parution d’un certain nombre de tribunes s’insurgeant de l’opération militaire sur zone, le corps universitaire ne réagit pas. C’est pourquoi le Comité ZAD de l’EHESS organise le blocage et l’occupation de l’école toute la journée. Nous appelons tous les signataires de tribunes de soutien à nous rejoindre et toutes les copaines à faire grossir nos rangs pour s’organiser parce qu’on va avoir besoin de monde pour prendre l’EHESS, le Collège de France et autres lieux de pouvoir.

L’École n’est peut-être pas la plus prestigieuse des universités, ni la plus riche, on estime même y être de gauche, on y soutient facilement les luttes en cours, on y produit du savoir critique, au service des luttes paraît il – c’est justement pour cela que nous ciblons aujourd’hui l’EHESS. Parce qu’il y a toujours plus salauds, parce qu’il y a toujours d’autres lieux de pouvoir plus puissants – surtout quand celui-ci est réputé diffus – parce qu’on a toujours une excuse pour ne pas participer aux luttes en cours autrement que par la posture de l’intellectuel engagé.

Parce que les mots n’ont jamais mis en déroute les flics, parce que les séminaires militants n’ont jamais bloqué les flux économiques et que produire un savoir critique n’arrête pas les attaques néolibérales qui se succèdent d’années en années dans tous les secteurs. Signer une tribune dans le Monde n’exempte pas de descendre dans la rue et ne prémunit pas du blocage – disserter sur la grève ne dispense pas de la faire.

Parce que la journée d’hier a été riche en évènement normalement suffisant pour provoquer la révolte dans les universités comme la destruction d’une dizaine de lieux sur la ZAD, expulsion de l’université de Nanterre et arrestation d’étudiant.e.s directement dans la fac.

Nous ne passerons pas une journée de plus à actualiser frénétiquement les fils d’actualité, à assister impuissant.e.s aux exactions des flics et des fachos. Nous n’imaginons pas suivre et dispenser les cours comme si de rien n’était, comme si tout allait bien, comme si nous n’étions pas les suivant.e.s sur la liste. Les personnels de Nanterre ont annoncé se mettre en grève, les AG de cheminots votent la grève reconductible, de nombreuses universités sont bloquées et occupées.

Parce qu’un mouvement social est en cours et que rien ne perturbe le quotidien de l’EHESS.

Parce que ce ne sont pas les raisons qui manquent – et que pour nous ce devrait être un simple réflexe.

On commence par bloquer l’école toute la journée, programme :

  • 8h15 : début du blocage (yeaaahhh) au 105 boulevard Raspail & petit déj en musique !
  • 12h : repas
  • 14h : AG dans l’amphi Furet
  • 18h : apéro/concert/rassemblement ailleurs ? (askip)

Nous appelons tout le monde à venir s’organiser, les professeur.e.s à faire grève, les étudiant.e.s à bloquer leurs universités, de prendre part aux actions de soutien à la ZAD et ses mondes.

L’université de PSL, à la demande de la préfecture de police de Paris, propose une offre de salle pour les personnes concernées par ce blocage.
Pour en faire la demande, vous pouvez appeler le numéro suivant : 07 72 09 98 84.

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Attaque fasciste sur le site de Paris 1 Tolbiac

Paris-Luttes / samedi 7 avril 2018

C’est vers 23h qu’un groupe d’une vingtaine d’hommes casqués a essayé d’attaquer la faculté de Tolbiac. Accompagné par un journaliste embeded d’une webtélé d’extrême-droite [LDC News, montée par un ancien candidat FN.] qui nous permet de voir depuis l’intérieur le pathétique de cette attaque, ils ont tenté une opération commando… à pas très nombreux. Le réel est têtu et les fascistes une vingtaine environ quand l’occupation de Tolbiac implique des centaines de personnes au moins. Le but est plus sûrement de se faire mousser sur les réseaux sociaux en mode gloriole pour une action vaine. Mais il s’agit surtout d’une nouvelle tentative de porter des coups et de faire peur aux participant.e.s du mouvement contre la sélection, dans la lignée des différentes attaques fascistes à Montpellier, Lille, Strasbourg, Nantes…

Arrivés devant les portes closes de la fac, ils lancent directement de nombreux projectiles ainsi que des fumigènes sur les étudiant.e.s présent.e.s dans la fosse.
Après un très court temps de surprise les occupant.e.s de l’université ont répondu à l’attaque par le jet de projectiles. On a pu entendre des slogans « siamo tutti antifascisti ! »

Dès le début de l’attaque il était clair que ce groupe de miliciens n’allait pas entrer sur le campus. Les étudiant.e.s ont su garder la tête froide et répondre coup pour coup.
Après dix minutes d’affrontement, la police est arrivé sur place. Les médias bourgeois parlent de six interpellations du côté des agresseurs d’extrême droite.
D’après les occupant.e.s il n’y aurait qu’un blessé léger du coté des étudiant.e.s.
Le président de Paris 1 condamne les attaques [comme si on en avait quelque chose à foutre ! NdAtt.] et a assuré publiquement qu’il ne demanderait pas l’intervention de la police sur le campus.

Après l’attaque de la fac de Montpellier, l’attaque du lycée autogéré de Paris par le Gud et la tentative d’irruption violente de la Cocarde mardi matin à Tolbiac, sans oublier les agressions à Strasbourg, Nantes ou Lille, ne laissons pas les franges fascistes et réactionnaires nous intimider.

Solidarité anti-fasciste ! Retrait de la loi ORE !

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Occupations d’universités : Grève, blocage, saccage, pillage et sabotage !

Sans Attendre Demain / samedi 7 avril 2018

Université de Bourgogne, Dijon: entre le mercredi 28 mars et le mercredi 4 avril, il y a eu plusieurs occupations de salles et d’amphis, ainsi que des blocages de bâtiments sur le campus: la Maison de l’Université et deux salles du campus ont été occupées toute la semaine… et ces occupations ont laissé des traces: portes défoncées et démontées, matériels vidéo (rétroprojecteurs) cassés, tags disséminés sur les murs. La présidence chiffre les dégradations à plusieurs milliers d’euros.

Mercredi 4 avril, dès 6h du matin, une cinquantaine de personnes a bloqué toutes les issues du bâtiment Droit-Lettres à l’aide de tables et de chaises. A la demande d’Alain Bonnin, président de l’université, plus de quinze vigiles sont venus «renforcer la sécurité». C’est seulement vers 8h30, que les portes ont pu être débloquées.

Le chef de cabinet du président, Sylvain Comparot, a résumé la situation en quelques mots, en pointant du doigt la lutte qui devient incontrôlable: « Le mouvement n’est plus crédible car il devient non-conforme à l’esprit républicain ». Voilà quelque chose de rassurant.

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Université de Poitiers: Occupation et blocage se poursuivent à la faculté de lettres, et ce depuis le début du mouvement initié début février. Dans un article de la presse, le conseil d’administration chiffre les dégâts liés aux tags et aux portes dégrades à près de 40.000 euros. La faculté de droit est désormais bloquée depuis le 6 avril: tous les cours et examens ont dûs être annulés.

Université de Grenoble Alpes, mardi 3 avril : En fin de journée, marquée par des grèves dans divers secteurs, la fac a été investie par une soixante de manifestants, dont la plupart était « masquée, ou avait le visage dissimulé par des foulards et des lunettes de soleil. Ils ont déclenché l’alarme incendie, jeté des boules puantes au sol, renversé des poubelles. Ils ont également saccagé les locaux, tagué les murs et allumé des fumigènes sur le toit, sortant également du mobilier à l’extérieur du bâtiment. Les entrées ont également été bloquées. » Après le départ du groupe, l’administration a découvert que des portes avaient été fracturées et que du matériel de rétroprojection avait été volé. Deux bureaux administratifs auraient également été saccagés.

Université Jean Jaurès (« Le Mirail »), Toulouse : on apprend dans un article de La Dépêche du 30 mars 2018, que quelques destructions ont eu lieu dans les bâtiments de la fac depuis le début de l’occupation et du blocage, un photomaton et des distributeurs de boissons, friandises et sandwiches ont été cassés et pillés. Par ailleurs, plusieurs salles et bureaux ont été « visités » et du matériel informatique volé. Des papiers administratifs ont également été détruits.

Faculté de lettres de Besançon, 15 mars : Lors de l’occupation et du blocage, l’administration découvre que plusieurs rétroprojecteurs de salles de cours ont été arrachés et volés, des machines à café et de friandises fracassées et pillées, des écrans d’ordinateurs de salles de cours informatique brisés et les murs des bâtiments tagués. Voir un récit ici et les articles de presse là.

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Nantes : les étudiants envahissent les locaux de Ouest-France !

Indymedia Nantes / vendredi 6 avril 2018

Le mouvement étudiant a ciblé Ouest-France pour l’ensemble de son œuvre, et en particulier son traitement des luttes en cours.

Suite à la publication d’une énième tribune anti-blocus dans le quotidien Ouest-France du 5 avril, une cinquantaine d’étudiant-e-s mobilisé-e-s sont allés envahir les locaux du journal, pour exiger la parution d’un autre point de vue et l’arrêt des articles à charge contre le mouvement.

Après cette visite, les étudiant-e-s sont allés réclamer une nouvelle fois la démission d’Olivier Laboux à la présidence de l’université.

Multiplions les initiatives !

Nantes Révoltée

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Marseille : Ocupation de la fac Saint-Charles

tiré de Marseille Infos Autonomes / samedi 7 avril 2018

L’AG de jeudi 5 avril a voté l’occupation de l’amphi, effectif immédiatemen.

 

 

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