Rome (Italie) : Personne n’est né.e pour vivre en cage

Inferno Urbano / mercredi 2 février 2022

Le 26 novembre 2021, au Bencivenga Occupato, un squat à Rome, il y a une rencontre-débat en solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s chilien.ne.s.

Deux brochures ont été rédigées pour l’occasion : une sur la grève de la faim des prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s chilien.ne.s, l’autre avec des traductions de textes, souvent de la revue Kalinov Most, sur les sujets du débat : la situation dans les prisons chiliennes, la solidarité, la lutte contre la prison [vous les trouverez en bas, en italien ; NdAtt.].

Il y a aussi deux contributions au débat écrites par Juan et Alfredo, qui ont demandé de les relayer

 

Contribution d’Alfredo

Quand les compagnons et les compagnonnes m’ont demandé d’écrire quelque chose sur la solidarité révolutionnaire et sur le Chili, ainsi que sur ce que les braves prisonniers et prisonnières chilien.e.s sont en train de faire, je me suis mobilité, plein d’enthousiasme, malgré les informations limitées que j’ai. Ce n’est pas tous les jours que je peux apporter ma contribution à la lutte, depuis mon enfermement. J’étais à un bon point, dans l’écriture d’un texte, quand une perquisition à la suite d’un autre mandat d’arrestation pour apologie du terrorisme [l’opération Sibilla, du 11 novembre ; NdAtt.] m’a privé de tout ce que j’avais déjà écrit. Je ne lâche pas et, avec du retard, j’essaye à nouveau, dans l’espoir que ces mots puissent percer la censure et arriver avant votre initiative, faute de quoi elles trouveront un autre lieu, tôt ou tard elles réussiront quand-même à voir le soleil. Dans mon ancien texte, mes réflexions par rapport à la situation au Chili et à la pratique anarchiste dans le monde tournaient autour de quelques pensées, que j’essayerai de résumer ici, pour ensuite leur donner un sens accompli, plus concret et en lien avec notre discours :

« pour rendre nets les contours des choses, il faut un travail de soustraction, non d’addition ; pour se comprendre, la simplification n’a pas seulement un valeur réactionnaire. En enlevant ce qui est superflu, on arrive à la substance, à la lutte armée contre les États. Pour moi, à la base de ce combat il ne peut y avoir que la lutte des classes et la lutte contre la technologie. En partant du « petit » (des actions dans le territoire) on arrive à ce qui est « grand » (le collapse du système). Aussi simpliste soit-elle, pour moi cette vision est la seule possible en ce moment. Certaines couples de mots me semblent parfois trompeuses ou dépourvues de caractère concret : anarchiste nihiliste, anarcho-syndicalisme, individualisme anarchiste, insurrectionnalisme anarchiste, communisme anarchiste… un anarchisme qui n’est pas individuel peut-il exister ?

D’où, sinon de l’existence de l’individu, peut surgir une volonté d’insubordination ?

Et si l’anarchisme n’est pas en quelque sorte conflictuel, quel anarchisme est-il ?

L’anarchisme est ou il n’est pas. S’il ne songe pas à attaquer l’État, il arrête d’être soi-même. Pour exister, l’anarchisme doit produire quelque chose, un fait, un semblant d’action destructrice, un projet.

Je suis de plus en plus convaincu que dans cette époque il ne faut pas construire et que le « salut » réside dans la destruction pure et simple, dans le fait d’enlever et pas d’ajouter. Et quand je parle de « salut », je parle de la survie de notre espèce et de la vie sur cette planète ».

ces pensées bizarres sont le résultat un peu extravagant de votre demande de m’exprimer sur la contribution que les compagnons et le compagnonnes chiliennes ont apporté, depuis la prison. Mais elle sont aussi le fruit de ma réflexion sur le découragement que j’ai perçu dans certaines lettres de compagnons et compagnonnes très braves, mais pleins et pleines de pessimisme et de sentiment de défaite. Certains se sont plaint du fait que tous les efforts dans le sens de la solidarité avec les rebelles qui se sont insurgés dans les taules italiennes ont ensuite été récupérés par leurs interlocuteurs para-institutionnels. Que, dans ce cas précis, les familles des détenus ont préféré s’adresser au Partito radicale [micro-parti social-libéral, qui a parfois côtoyé le mouvement révolutionnaire italien, par exemple sur des sujets comme le droit à l’IVG ou les prisons ; NdAtt.] , plutôt que participer aux rassemblements des compagnons et compagnonnes. Ce « découragement » doit nous faire réfléchir. Et ici je reviens à ce que je disais, à propos de la « simplification », du fait que pour rendre nets les contours des choses il faut un travail de soustraction, non d’addition.

Mais qu’est-ce que nous, les anarchistes, avons à « offrir » aux exploités ? Faute d’un véritable changement, d’une « révolution », une chose seulement : de la violence contre les patrons et de la vengeance contre les bourreaux. C’est tout à fait normal que, faute de violence et de vengeance, les familles des détenus, afin d’obtenir au moins quelque « bénéfice » ou « amélioration » pour leur proches, s’adressent à ceux qui ont (du moins en puissance) le « pouvoir » d’exaucer leurs requêtes : des associations humanitaires, des prêtres et des partis.

Ce qui rend nos efforts stériles et sans perspectives est clairement le manque de violence révolutionnaire et de vengeance. Je suis convaincu que, dans une époque comme l’actuelle, faite de rébellions incohérentes et parfois confuses, il faudrait être clairs et déterminés. Ne pas se limiter au niveau de conflictualité actuel, très bas, mais passer à l’attaque. En tant que compagnons et compagnonnes anarchistes, nous avons une grande richesse d’expérience, réunie à travers des années d’action. Attaquer, attaquer et attaquer encore, par petits groupes et individuellement, seulement de cette façon nous pourrons obtenir des résultats et espérer affaiblir l’« ennemi ». Si ! Je crois qu’il est le moment de revenir à un langage de guerre (même s’il peut apparaître redondant et fastidieux), car il est compréhensible pour tout le monde, car il marque quand-même une attitude claire, qui va dans le sens de l’attaque. Et là je reviens au discours que nous sommes en train de faire : la solidarité révolutionnaire et la situation au Chili. Une caractéristique non négligeable de ce pays est que la vague d’actions qui ont caractérise l’ainsi-dite « Internationale Noire » ne s’est jamais arrêtée.

De l’agitation et des actions qui, au Chili, ont influencé aussi les luttes sociales. Il me semble que la même chose est en train de se passer en Grèce, où les actions sont en train de recommencer, de manière toujours plus claire et nette. Les compagnons et les compagnonnes emprisonné.e.s dans ces deux pays sont arrivé.e.s, par leur cohérence, à se rapporter avec un mouvement combatif, à l’extérieur. Et ils/elles l’ont fait de manière lucide, en repoussant les fanatismes et les rigidités idéologiques. Quelque chose que je n’ai certainement pas réussi à faire. Un exemple, parmi d’autres, de cette saine habitude est la très belle réponse de Francisco et Mónica aux rigidités semi-démentielles qui arrivent de l’extérieur. Je parle de la distinction, schématique et stupide, entre des prisonniers « purs », « nihilistes », dignes de solidarité, et d’autres, venant d’autres expériences révolutionnaires, à ignorer allégrement. Malheureusement, j’ai été mis moi aussi dans la liste des « purs », chose qui m’a provoque de la gêne. Pour ce que ça vaut mon opinion à ce sujet, je suis complètement d’accord avec les deux compas, il/elle n’auraient pas pu exprimer mieux ce que je pense moi aussi. Les compagnons et les compagnonnes chilien.e.s ont réussi quelque chose que nous, les anarchistes prisonnier.e.s de l’État italien, hagard.e.s, n’avons pas réussi à faire. A encourager la lutte à l’extérieur et la coordonner avec d’autres détenus, par des mots enflammés et, surtout, des faits. Pendant ces dix dernières années d’emprisonnement, avec les compagnons et les compagnonnes les plus proches, nous avons « agi » : des grèves de la faim, même très dures, des nombreuses dégradations en solidarité avec des prisonniers et des prisonnières dans d’autres pays. Nous avons écrit, publié des livres, participé à des journaux. Pour ne pas parler des déclarations et des revendications d’actions devant les tribunaux, des déclarations plus ou moins réussies et cohérentes, ma qui avaient, toutes, la volonté de communiquer de la force et de la cohérence à l’extérieur. Ce que je veux dire par cette tirade est que peut-être que la « crise » que le mouvement traverse, ici en Italie, est due à une manque d’intensité et de diffusion des actions. La mienne est une vision « simpliste », peut-être que dehors les choses vont très bien et que mon regard sur le monde est déformé par la réalité dans laquelle je suis obligé de vivre, mais les symptômes d’une sorte de crise, d’impasse, sont là. Des compagnons et des compagnonnes de valeur qui se disputent pour des broutilles, une impression générale maussade, de résignation et de confusion, de la théorie exaspérée et « sophistiquée » qui se replie sur elle-même, en devenant de plus en plus incompréhensible et destinée à des intellos. Des très tristes « procès publiques » pour le manque de « cohérence » de certains compagnons, suivis par des mea culpa encore plus tristes. Et après le néant, ou presque, mais il ne faut pas désespérer, parce que dans ce « presque » il y a l’espoir, il y a le bonheur et la joie de lutter.

Rien n’est fini, tout continue, je suis convaincu qu’on verra des grands bouleversements et il serait dommage de rester à la traîne. Faire comme au Chili ou en Grèce, continuer sur la voie de l’Internationale Noire de la solidarité révolutionnaire qui dépasse les frontières et crée des mondes. Avec tous les limites de notre histoire, certaines perspectives ont fait partie de notre vie et sont le résultat d’expériences encore plus lointaines. Les compagnons et les compagnonne chiliens ont réussi à se rapporter au mouvement sans être pédants ni dogmatiques et sans jamais reculer en termes de conflictualité et de cohérence. Il ont aussi réussi à être ouverts et porteurs de propositions vis-à-vis des mouvements en dehors de la prison et des différentes assemblées de solidarité. Sans doute, mon parcours a été moins porteur de propositions, ainsi que parsemé de « sentences » pédantes. Il suffit de penser à mes dures critiques contre les rassemblements et à mon exaltation déroutante (j’en suis conscient) de la pratique « terroriste ». J’ai toujours exprimé mon opinion, en essayant de « pousser », mais dans cette « obsession » à moi de toujours relancer se trouve la force d’aller de l’avant, de continuer à lutter. Je me sens toujours insatisfait, j’ai toujours l’impression de ne pas avoir fait assez, et, pendant ces 11 ans, je me suis à plusieurs reprises demandé quel est le rôle que je peux avoir au sein de la lutte, en tant que prisonnier anarchiste « de long cours ». Seulement résister ? Dehors, les choses changent, mes compagnons eux-même changent, et je reste toujours dans le ventre du léviathan, dans une sorte de limbes. La prudence n’a jamais été mon point fort. Et chaque texte que j’écris, même si mal assuré, porte de facto le risque d’empirer ma situation judiciaire (disons-le ainsi). Ce n’est certainement pas à la légère que je me met à écrire, chaque fois, mais communiquer avec l’extérieur est surtout une nécessité vitale pour moi, ne pas le faire équivaudrait à m’éteindre, dans l’attente d’une libération qui pourrait aussi ne jamais arriver. Il est hors de doute que mes 11 ans « hors jeu » rendent ma vision de la réalité assez douteuse. Il y a quelques jours, le bureau de la censure m’a fait parvenir une lettre dans laquelle deux compagnons (en réponse à ma critique, sûrement « forte », sur la « récupération » de la « nouvelle anarchie » de la part de l’« ancien » insurrectionnalisme anarchiste) me faisaient remarquer (entre autre) que je parle de choses que je ne connais pas, parce que j’en suis désormais lointain. J’aurais l’occasion de répondre, même de façon « dure », à ces compagnons, à propos de cette « prétention » à moi. Mais je veux profiter de l’occasion qu’ils m’ont donné, pour dire que le problème que ces compagnons ont soulevé est absolument légitime et a un certain fond de vérité.

Tous et toutes les compagnons et les compagnonnes qui sont en taule pendant longtemps se posent, tout ou tard, ce problème.

Les anarchistes, nous nous situons inévitablement de manière individuelle par rapport au monde, dans mon cas je n’ai pas une organisation à laquelle déléguer et confier la continuation de ma lutte dehors. Ni, encore moins, une clef de lecture univoque et toujours valable de la réalité hors de ces murs. Ceci dit, il est indubitable que j’avance à tâtons et que ma seule boussole est une certaine intuition, dictée par l’expérience. Cela, naturellement, ne m’évite pas des erreurs, même si j’essaye toujours de bien choisir les mots que j’emploie, qui, parfois (j’en suis conscient) peuvent s’avérer désagréables.

Mais, après tout, personne ne possède la vérité, n’est-ce pas ?

Pour finir, je pense que tout ce que les compagnons et les compagnonnes chiliens emprisonnés nous ont enseigné est exprimé dans cette phrase de Mónica : « la prison est un champ de bataille de plus sur le chemin de l’affrontement, pour moi la lutte anti-autoritaire n’est pas terminée, elle a seulement changé de forme ».

Toujours pour l’anarchie.

Alfredo Cospito
prisonnier anarchiste
dans les mains de l’État italien

 

Contribution de Juan

Hola compas,

Je voudrais faire quelques réflexions, en tant que contribution à la discussion à l’occasion de cet événement. Il s’agir de réflexions qui naissent du rapport avec des pratiques partagées, non seulement par des mots, que je pense utile critiquer de manière constructive. Je suis convaincu que sans ces intentions constructives, j’ai la tendance à m’enliser dans mes erreurs et dans la frustration. Je pense donc que des telles intentions sont fondamentales pour le développement, l’évolution de moi-même et des personnes avec qui je m’organise pour la lutte. Celle-ci est une bonne approche pour le bien-être de soi-même et du groupe, pour le rapports, pour la qualité de l’action, pour une nature et une substance qualitative différente. Une autre vision. Une approche qui n’est pas synonyme d’édulcoration des théories/pratiques ou d’un débat honnête, même si dur. Cette approche veut tendre vers le développement de relations concrètes dans la lutte. Des relations, comme l’écrivent Francisco et Mónica, qui sont une pratique de lutte anarchiste fondée sur l’affrontement avec l’autorité, dans un conflit permanent qui a comme fondement la liberté individuelle. L’approche de se confirmer et de s’affirmer positivement est une façon de grandir et de développer, d’une façon moins amère-pessimiste, la rébellion et la lutte contre tout ce qui l’entoure (ce qui est nocif, préjudiciable, ennemi), la ville, la société capitaliste-étatique : « LE NÉGATIF ». En tant qu’anarchiste rebelle, je cherche le bien-être, la libération au niveau politique, économique, social, psychologique-introspectif-émotionnel, ce qui ne peut pas faire abstraction de la libération de cette négativité autodestructrice qui sont les relations capitalistes-étatiques ; en agissant de manière consciente, on essaye de se libérer, dans tous les domaines de nos vies-luttes, de ce pessimisme défavorable qui nous est inculqué par la société capitaliste-étatique-colonialiste.

Je tiens ce discours car je pense, j’en suis convaincu, qu’un changement de paradigme est fondamentale, aujourd’hui, ici et maintenant, dans la façon d’affronter les relations, les approches entre compas et pas seulement, avec tout et tout le monde. Je ne peux pas dire d’être solidaire de la galaxie anarchiste italienne si je ne la respecte pas, je ne peux pas faire appel à une volonté commune au niveau international si après, dans ma vie et mes relations, je n’essaye pas de la pratiquer. Certes, cela n’est pas simple ni facile, bien au contraire, mais je pense qu’il devrait être mis en pratique chaque jour, faute de quoi où est le sens de tout ça ?

Je parle de la négativité de cette société, dont nous faisons partie, du fait que nous nous relationnons et nous traitons réciproquement comme des quantités négligeables, comme des choses, des objets, des produits, des biens, des outils (de lutte, etc.), tout cela est le fondement de la société, du système capitaliste-étatique-colonialiste. La négativité, le fait de se traiter comme peu de chose, le fait de n’être que des objets, de traiter nos interactions et les autres comme des objets, ce sont des dynamiques qui nous sont inculquées depuis qu’on est petit.e.s, voilà pourquoi je dois partir d’un regard porté sur moi-même, sur le fait que je suis raciste, machiste, autoritaire, tout comme sur le nouveau problème des relations technologiques, et le prendre en charge.

Ces problèmes prennent beaucoup de formes et de ramifications (à mon avis toutes liées), des problèmes compliqués à résoudre, qui demandent des analyses approfondies et beaucoup, beaucoup de lutte. Maintenant. Je ne pense pas que cette question puisse être résolue ni mise de côté avec superficialité, en disant : « on le fera après, quand il y aura la révolution ». Ou que la tension vers ces aspects de la lutte ne fasse pas partie de la lutte des classes. Je pense que ces objections sont le résultats d’une vision étriquée de la lutte des classes. Cependant, nous ne devons pas non plus nous enfermer SEULEMENT dans « nos communautés », ou faire seulement des analyses, des auto-analyses et prendre en charge le fait que nous sommes des objets, que nous sommes racistes, homophobes, etc., sans aller vers l’affrontement avec la racine générale de la lutte : le capitalisme-étatique-colonialiste. Il faut inclure tous les niveaux de la lutte-vie.

Et je crois, j’en suis convaincu, que tout cela est lié. Voilà pourquoi il est lié à la solidarité active, ce dont je voulais parler au début de ce texte. Mais j’ai fait une petite digression. La croissance des rapports et le développement de la solidarité active ne devraient pas faire abstraction de ce type d’analyses et de réflexions. Comme on ne peut pas faire abstraction de l’action concrète, multiforme, qui, dans des buts communs, essaye de e transformer en pratiques complètes. La multiformité est qualitative si elle est pratiquée dans son ensemble, sinon elle est émoussée. Dans cet aspect, la grève de la faim que les compas chilien.ne.s ont proposé a été très qualitatif, dans la multiformité des pratiques et dans l’esprit de cohésion et de complicité dans la pratique antiautoritaire, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, et ça c’est de la qualité, peu importe le résultat final. C’est cela qu’il faudrait améliorer et développer. Parce que je sais que cette lutte-là n’était pas un but, mais le commencement de rapports de solidarité fraternelle. Je suis fier d’avoir participé à cette lutte. Ensemble. Je profite de cette occasion pour envoyer une salutation, avec respect et amour, à toutes les gestes solidaires et les individualités qui les ont mises en pratique, ici en Italie, dans « votre » ville, et partout dans le monde. Il faut continuer à CRÉER des rapports, dans le but de développer la lutte et la galaxie anarchiste, en Italie, et je sais qu’il y a des difficultés énormes, et à un niveau plus large, à l’international. La solidarité est une vision qui nécessite un équilibre qui, pratiqué de manière alchimique, unit l’universel avec le spécifique et vice-versa. Les rapports de Fraternité/Sororité qui se créent dans la pratique concrète, avec le respect, avec les diversités, l’affection qui naît à l’encontre des compas, tout en luttant ensemble dans la solidarité mutuelle, sont de la qualité, non de la rhétorique. Il ne s’agit pas d’une opinion, mais d’un fait né de la pratique.

Mais je pense que, pour avoir une volonté commune, au niveau spécifique et aussi au niveau général, il fait d’abord avoir de la force en soi-même. Je crois dans la volonté commune (et je ne me lasserai pas de discuter avec les compas à ce propos), mais elle doit avoir lieu quand on est fort.e.s et préparé.e.s, non pas quand on est impréparé.e.s et faibles parce qu’on chercherait l’unité coûte que coûte. Pour lutter et pour se libérer il faut avoir des modalités, des méthodes et des moyens, la volonté, le courage, une grande sensibilité, de la foi dans la lutte anarchiste, de la passion et le fait de croire en ce que l’on est et ce que l’on fait, en les personnes avec qui l’on fait. Il nous faudrait une stratégie globale venant de l’analyse de l’histoire et des conditions actuelles, nous avons vu dans la pratique que la volonté, le courage et la foi dans la lutte, à elles seules, ne sont pas assez. Pour ne pas être mal préparé.e.s, il fait s’organiser.

Pour l’instant je vous dis au revoir, à tou.te.s ; j’envoie une salutation solidaire à Francisco, on m’a dit qu’il des problèmes de santé, pareil pour Boris en France : courage ! Pour Pablo Bahamondes, condamné à 15 ans : courage ! Pour Mónica, Marcelo et les compas chilien.ne.s, pour Gabriel Pombo Da Silva et tou.te.s les compas prisonnier.e.s à travers le monde ! Et pour celles/ceux qui, dehors, continuent à lutter !

Salud y Anarquia

Juan Sorroche
prison de Terni, section AS2
8/11/2021

 

Brochure « Fino alla distruzione della società-prigione. Raccolta di testi redatta per l’iniziativa “Nessunx è natx per vivere in gabbia” del 27/11/21 al Bencivenga Occupato, Roma»

Brochure « Nessunx è natx per vivere in gabbia. 50 giorni di sciopero della fame nel territorio dominato dallo Stato cileno. Marzo-maggio 2021 ».

Ce contenu a été publié dans Anticarcéral, International, Réflexions et débats sur l'attaque et l'anarchisme, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.