Espagne/partout : Nous ne sommes pas des héros. Nous sommes des exploités. Nous sommes des exploitées.

reçu par mail / mercredi 29 avril 2020

Compilation des interruptions du travail, des grèves et des conflits divers sur les lieux de travail, pendant l’état d’urgence.

Pour l’extension du conflit. Pour la solidarité et l’action directe.

Malgré la pandémie de coronavirus, le travail ne s’est pas arrêté. Depuis le début du confinement, les travailleurs et travailleuses du monde entier, nous avons été et nous continuons à être durement touchés par les décisions prises par entreprises et gouvernements sur nos vies. Soit parce que nous devons nous rendre à nos lieux de travail, considérés comme essentiels, soit parce que des entreprises qui ne sont pas essentielles poursuivent quand-même leur activité, soit parce que nous avons été licenciés et licenciées ou parce que des nombreuses entreprises ont fait recours au chômage technique, quoi qu’il en soit, nous sommes ceux/celles qui subissent l’une des nombreuses conséquences aggravées par la pandémie : la domination du travail salarié. Une domination que nous subissions déjà avant l’apparition du coronavirus, à cause de la plus grande des pandémies : le capitalisme.

Nous continuons à produire dans des piètres conditions de sécurité, avec des masques qui nous protègent à peine, voire pas du tout (encore si on nous les donnes et ce n’est pas aux travailleurs de se le procurer), sans respecter la distance de sécurité recommandée, tout en continuant à subir des accidents ou des décès au travail. Nous mettons en jeu notre santé et notre vie. Mais face à cette situation, par moments des centaines des travailleurs, dans l’État espagnol comme dans d’autres pays du monde, se sont soulevés contre les exploiteurs, pendant la pandémie. On a recueilli ici quelques cas où les travailleurs et les les travailleuses ont exigé des améliorations sur leurs lieux de travail, ont arrêté la production dans leurs entreprises ou ont déclaré des jours de grève, pour faire face à la misère à laquelle nous condamnent l’État et le capital.

En Espagne, les travailleurs de différentes entreprises se sont rebellés, par des protestations collectives ou des grèves, face au manque de mesures de sécurité contre le coronavirus.

Depuis le début de l’état d’urgence [en Espagne l’état d’urgence, suivi par le confinement, a été décrété le 14 mars ; NdAtt.]…

Valladolid, 16 mars. Chez Iveco, les travailleur.eus.s de cette société productrice de véhicules industriels arrêtent de travailler, pour exiger la fermeture de l’usine, en raison de l’absence de mesures de sécurité contre le coronavirus et étant donné que d’autres sites de la même entreprise ont fermé.

Vitoria, 16 mars. Les travailleurs et les travailleuses de l’usine Mercedes arrête la production avec un rassemblement devant la chaîne de montage ; elles/ils exigent un arrêt total et non partiel, à cause du coronavirus.

Ruby-Barcelone, 17 mars. Quelque 600 travailleurs et travailleuses de l’usine Continental, du secteur automobile, arrêtent la production, se rassemblent devant l’entrée et refusent de travailler, faute de gel hydroalcoolique et de masques.

Ciudad Real, 17 mars. A l’usine Vestas, qui produit des pales pour éoliennes, quelque 800 travailleurs protestent spontanément et arrêtent la production, face aux mesures insuffisantes de sécurité sanitaire adoptées par l’entreprise.

Illescas-Toledo, 17 mars. Une grande partie des travailleurs et des travailleuses d’Airbus ne viennent pas à l’usine pour travailler, faute de mesures préventives contre le coronavirus.

Saragosse, 17 mars. Les ouvriers de Balay, dans le quartier de Montañana, arrêtent la production, malgré les menaces de l’entreprise, en raison de l’absence de désinfectant et masques.

Jerez, 17 mars. Les travailleurs et travailleuses des Postes dénoncent le fait qu’elles/ils travaillent sans aucune mesure de sécurité pour se protéger contre le coronavirus.

Vigo, 18 mars. Les travailleurs et travailleuses du centre d’appels Unísono quittent leur postes à cause de l’absence de mesures de sécurité contre le coronavirus. L’entreprise menace de sanctionner toute personne qui ne se présentera pas au travail.

Dans les Asturies, 18 mars. Les travailleurs du chantier naval Armón se plaignent de l’absence de mesures de sécurité face au Covid-19. Dans de nombreuses entreprises de la région, les protestations des travailleurs et travailleuses augmentent, à cause du même problème.

La Corogne, 22 mars. Les employés et les employées de Zara exigent des masques, des gants et du gel désinfectant.

Barcelone, 23 mars. Les livreurs et livreuses de Glovo [une espèce d’Uber Eats qui livre aussi des courses, etc., NdAtt.] dénoncent le fait qu’elles/il travaillent sans protections contre le coronavirus.

Madrid, 25 mars. Appel à la grève illimitée, à partir du 30 mars, chez Airbus à cause des mesures de sécurité adoptées par la société, jugées insuffisantes. Il y a 120 personnes infectées dans cette usine, situé dans la ville de Getafe [dans la banlieue sud de Madrid ; NdAtt.], 101 sont en arrêt maladie car elles présentent des symptômes, tandis que 430 sont en quarantaine sans symptômes.

Álava, 26 mars. Appel à la grève illimitée à Aernova Aeroestructuras, à cause de l’absence de mesures de sécurité contre le coronavirus.

Algésiras-Cadix, 1er avril. Environ 1 800 travailleurs et travailleuses du port d’Algésiras ne se présentent pas à leur travail pendant plusieurs heures, face au refus des entreprises portuaires de leur payer des primes.

Madrid, 14 avril. Une deuxième grève est appelée à Airbus, à cause de la réouverture des usines de Getafe, Madrid, Illescas et Albacete, toujours sas mesures de sécurité pour les travailleurs.

Madrid, 16 avril. Les livreurs de la société Glovo protestent contre la réduction de leurs rémunérations, qui passent de 2,5 à 1,2 euros par livraison. Une manifestation de dizaines de motos et de vélos traverse les rues de la ville en plein état d’urgence. Les travailleurs et travailleuses de cette entreprise et d’autres sociétés de livraison appellent à une grève internationale le 22 avril.

Saragosse, 14 avril. Une douzaine de travailleurs de Telepizza sont sanctionnés par 20 jours de mis à pieds, pour avoir refusé de travailler sans équipement de protection individuel contre le coronavirus. En réponse, une grève est appelée pour le 18 avril.

 

Dans d’autres parties du monde, les travailleurs et travailleuses protestent contre cette situation, en utilisant l’un des outils des exploités : la grève.

Italie, 23 mars. Les ouvriers et ouvrières de différentes régions d’Italie, comme la Lombardie et le Lazio, appellent à la grève à cause du manque de mesures de sécurité contre le coronavirus.

Zimbabwe, 25 mars. Les travailleurs et travailleuses du secteur sanitaire font grève pour dénoncer le manque de protection contre le coronavirus. Les infirmières arrêtent de travailler jusqu’à ce que leurs demandes soient satisfaites.

Cambodge, 25 mars. Environs mille ouvriers et ouvrières du textile se mettent en grève et protestent aux portes de l’usine Canteran Apparel, à cause du non-paiement des leurs salaires.

Staten Island (États-Unis), 30 mars. Chez Amazon, une grève est déclarée pour exiger la fermeture de l’entrepôt et sa désinfection et aussi pour que les travailleurs touchent leurs salaires.

Malawi, 16 avril. Grève du personnel de santé de l’hôpital Queen Elizabeth Central Hospita, pour exigér du gouvernement l’embauche de plus de personnel, la hausse de leurs salaires et pour dénoncer le manque de ressources face au coronavirus.

Équateur, 17 avril. Des dizaines de travailleurs et travailleuses de Glovo se rassemblent devant les bureaux de l’entreprise avec leurs motos, pour exiger des mesures de protection contre le coronavirus et dénoncer le fait que les tarifs convenus il y a quelques mois ne sont pas respectés.

États-Unis, 21 avril. Les travailleurs et travailleuses de 71 entrepôts d’Amazon vont se mettre en grève les prochains jours, à cause de la mauvaise gestion du coronavirus par l’entreprise.

Argentine, 22 avril. Plus de 100 travailleurs et travailleuses de l’entreprise de réfrigération Penta ont bloqué le pont de Pueyrredón, pour exiger la réintégration de 240 employés licenciés et les paiement des salaires d’il y a un mois.

Argentine, Pérou, Guatemala, Espagne, Costa Rica, 22 avril. Les livreurs de différentes entreprises, comme Glovo ou Uber, appellent à une grève internationale pour dénoncer l’exploitation du travail qu’ils subissent.

Pour le conflit des exploité.e.s contre les exploiteurs, partout dans tout le monde !

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