Madrid (Espagne) : Promesses de guerre. Feu et vitres brisés

Contra Madriz / lundi 9 mars 2020

Pendant les dernières semaines de décembre, on a ré-décoré ou cassée des pare-brises de voitures, crevé des pneus et/ou arraché les rétroviseurs d’une cinquantaine de motos et d’une quarantaine de voitures de location, d’un Burger King, d’agences immobilières, d’entreprises de sécurité, de banques… On a également fracassé les écrans d’une douzaine de distributeurs automatiques de billets

Un DAB de la banque Caixa et un de la Santander ont été engloutis par les flammes. Quatre voitures de location, deux de la banque Santander, deux d’agences immobilières, une de Prosegur et une de Securitas [deux entreprises de sécurité privée ; NdAtt.] ont brûlé pendant la nuit.

Peut-être que les appels à une guerre sont encore trop grandiloquent, nous ne voulons pas faire d’analogie avec d’autres endroits du globe où le conflit a atteint des niveaux de destruction et de mort que nous ne voyons pas ici. Ces mots ne sont pas un exercice de vantardise, un selfie narcissique. Ils ne sont qu’un exemple de ce qui se passe, d’instants de passion dans un monde monotone et absurde. Une tentative de renforcer et de multiplier les actions subversives.

Empêcher l’ouverture d’une banque pendant quelques jours, interrompre le transit des marchandises ou endommager directement les instruments de répression est important et montre que le pouvoir est vulnérable. Tout en sachant, bien entendu, que ces rythmes de destruction sont absolument assimilables par le capital et qu’il s’en remet très rapidement.

En tout cas, nous ne voulons pas rester passif.ve.s devant la perpétuation de cette réalité : des continents entiers transformés en camps de concentration, des villes de zombies consuméristes qui génèrent la dévastation de la vie dans tous sa signification, l’autorité et le profit soumettant tout type de relation…

Nous ne voulons pas tomber dans la virtualisation de la vie et aussi de la lutte, où on ne fait que représenter le spectacle de la révolte, afin que les spécialistes de toutes les courants politiques jugent de la légitimité ou pas de l’action. Nous n’allons pas séparer le discours de la pratique. Nous agissons et nous parlons.

Bien que certaines d’entre nous aient abandonné l’espoir d’un avenir idyllique, nous ne nous privons pas du plaisir et de la conviction de vouloir vivre ou d’imaginer l’absence de domination. Nous parions sur la destruction, mais celle-ci ne peut pas être seulement physique. L’attaque contre l’autorité répond à une responsabilité individuelle qui nous conduit à vouloir éliminer les éléments qui la soutiennent, comme nous-mêmes. Qu’on l’appelle déconstruction, révolution intérieure ou assassinat du policier en nous, la conscience du privilège et de l’activité qui perpétue l’ordre existant est nécessaire. Et cela ne peut pas nous faire attendre, mais doit fonctionner comme une impulsion dans la conviction de la destruction nécessaire, intérieure et extérieure.

Nous voulons une lutte multiforme, qui n’implique pas des pratiques réformistes, mais la recherche de voies de confrontation différentes, qui ne laissent pas de place à la récupération et qui n’engagent pas de dialogue avec le pouvoir.

Nous n’allons pas attendre le bon moment ni le « réveil » des masses. À l’éternelle promesse et au retard inévitable du quantitatif s’oppose la spontanéité et la passion du qualitatif. En supposant que la lutte pour la libération vient de, se nourrit de et va toujours vers l’individu.

Pour tou.te.s les compas frappé.e.s par le répression.
Pour la libération totale.
De et vers l’anarchie.
PROMESSES DE GUERRE

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