Italie : Deuxième rencontre internationale contre les techno-sciences

reçu par mail / lundi 2 mars 2020

Deuxième rencontre internationale
Trois journée contre les techno-sciences

Italie, juillet 2020

Cette année aussi, on veut proposer un moment informel, convivial et international pour la discussion et la réflexion entre individus et groupes engagés dans l’élaboration d’une analyse et d’une critique de ce qu’on peut appeler le technomonde.
Un monde où est en cours un changement de paradigme historique, où tous les corps et notre expérience elle-même sont devenus une nouvelle matière première, parmi les plus importantes. Le génie génétique et le contrôle digital sont de plus en plus en train de remplacer une grande partie de l’ancien marché des marchandises, désormais obsolète. Dans une planète pillée bien au delà de ses limites biologiques de tolérance, le remodelage à travers la biologie de synthèse et la reproduction artificielle à visée eugénique des êtres humains, ainsi que leur gestion, sont les nouveau chemins. Cela, bien entendu, pour ceux qui resteront inclus dans le nouveau cadre du pouvoir ; pour les autres les plans ne sont pas encore publics ou peut-être que le fait de ne pas en parler est déjà la réponse, en tout cas le pouvoir ne se contentera pas de marginaliser une partie du monde.

Pour ceux qui se demandaient comment le système actuel, basé sur l’exploitation systématique de la planète, aurait pu trouver un moyen de se réorganiser, en intégrant dans son discours la farce du développement durable, la réponse est dans l’accaparement des êtres humains eux-mêmes : gérés, influencés et orientés dans leurs comportements afin qu’eux-même produisent des processus qui les transforment en marchandises. Voilà la vraie essence des politiques écologiques et durables, censées sauver la planète des nombreuses catastrophes, dont la catastrophe climatique n’est qu’une parmi d’autres. Des êtres humaines qui seront bientôt modifiés génétiquement, dans un processus de perfectibilité permanente où le corps sera considéré comme une limite à dépasser, où l’humain sera considéré comme une erreur qui devra donc continuellement s’adapter à un monde-machine. Une adaptabilité technoscientifique qui est devenue la seule possibilité. Voilà comment le paradigme cybernétique « on a toujours modifié l’environnement dans lequel on vit de façon tellement radicale que maintenant on est obligés de se modifier soi-même » se concrétise de façon dramatique.

Un des moteurs principaux de ces processus est l’ainsi dite intelligence artificielle, de plus en plus envahissante, qui n’impose pas son vouloir par la force, mais qui s’installe dans chaque aspect de notre existence, sans nous donner le temps de comprendre où et quand ce processus a commencé et surtout en rendant superflu ou impossible la compréhension complète de ses procédés les plus profonds.
On a vu, ces dernier mois, la vitesse à laquelle le réseau 5G commence à être déployé, à niveau mondial, et comment cela n’est que le début de l’étendue écrasante de l’Internet des corps-marchandises.
On a vu aussi, en Chine, la gestion et le contrôle de millions de personnes par la réseau 5G et par d’autres technologies de surveillance, afin de contrer la contagion du coronavirus. Jamais auparavant un contrôle et une gestion à une échelle si large avait été vus ni testés. Une expérience qui intéresse beaucoup le milieu scientifique international, celui qui porte la blouse blanche au dessus de l’uniforme : jamais il y a eu un laboratoire si grand et dans une grande partie du monde les formes anciennes de totalitarisme s’estompent pour laisser la place à un contrôle et à une gestion des corps plus efficace que la répression et les barbelés. Comme les partisans de l’intelligence artificielle et ses soutiens transhumanistes l’ont proclamé à plusieurs reprises, la vraie force et la puissance des technologies de ce type est précisément celle de pouvoir intervenir lors des nouveaux défis les plus difficiles auxquels la planète devra faire face dans un futur prochain. On était habitués à la guerre comme moyen de renforcement du pouvoir et de création et gestion de nouveaux marchés. Aujourd’hui on est face aussi à quelque chose de nouveau : un paradigme cybernétique et transhumaniste qui s’exprime par des algorithmes, leur laissant souvent la résolution des problèmes, quelque chose qui se mélange dans un laboratoire, avec une efficacité surprenante, là ou des application et des prescriptions médicales maquillées en conseils envoyés par smartphone ont transformé, en Chine, des millions de personnes en matons sanitaires d’elles-mêmes.

Il faut comprendre les énormes transformations qui ont lieu atour de nous ; les analyses menées avec les instruments interprétatifs anciens sont limitées et réductrices, elles ne peuvent pas comprendre les transformations d’aujourd’hui ; le pouvoir évolue et nos analyses doivent évoluer elles aussi : cela est la base pour mener et rendre prioritaire un parcours de lutte. Comment faire pour combattre quelque chose qu’on ne connaît pas ? Quelque chose qu’on n’arrive pas à comprendre ? Il y a des changements d’époque fondamentaux, des changements qu’il faut comprendre. Nous devons apercevoir la direction prise par le pouvoir avant qu’il ne réalise pleinement ses projets, pour ne pas arriver en retard et, surtout, pour ne pas nous trouver encore une fois impréparés.

Dans cet esprit, nous sommes en train d’organiser la deuxième rencontre, en juillet, avec la nécessité d’impliquer des groupes et des individus, qui viennent de pays différents, déjà engagés dans une analyse approfondie et lucide du temps présent et actifs dans des parcours d’opposition aux développements des technosciences. Des parcours qui peuvent briser l’écran d’inévitabilité à travers lequel trop de monde regarde passivement ce qui arrive. Une rencontre pour renforcer sa pensée critique en se confortant avec d’autres groupes ou individus au parcours parfois assez diffèrent, mais avec la volonté commune de comprendre les évolutions qui nous entourent.

On se focalisera sur smart city, 5G, intelligence artificielle, transhumanisme, reproduction artificielle de l’être humain, génie génétique et remodelage du vivant par la biologie de synthèse.

Bientôt seront disponibles le programme, le lieu de la rencontre et les dates précises.
Étant donné qu’il s’agit d’une rencontre complètement auto-organisée et avec peu de moyens, on vous demande de nous aider à faire circuler ce texte en le relayant partout là où vous pensez qu’il y a des oreilles attentives et des cœurs ardemment inquiets pour cet avenir proche qui est déjà notre présent.

Collettivo Resistenze al Nanomondo

Pour informations et contacts :
www.resistenzealnanomondo.org
info@resistenzealnanomondo.org

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