Gênes (Italie) : Leonardo/Finmeccanica génocidaire !

Round Robin / jeudi 5 décembre 2019

Voici un tract que nous allons differ à la manifestation qui se tiendra à Gênes le 7 décembre, dans le cadre d’une campagne de boycottage de Leonardo/Finmeccanica, lancée par un réseau antagoniste antimilitariste.
Nous serons là parce que nous pensons nécessaire de rappeler l’attaque portée par Alfredo et Nicola contre Ansaldo Nucleare et Finmeccanica, à cause de son apport incontournable à la lutte contre le nucléaire et l’industrie des armements.
Nous serons donc au rendez-vous proposé par la réseau antimilitariste, samedi 7 décembre, à 15h30, Piazza Baracca à Sestri Ponente, Gênes.

Anarchistes génois

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Leonardo/Finmeccanica génocidaire !

« On est en train de sacrifier chaque aspect de notre liberté individuelle, ainsi que de la possibilité de vivre une vie réellement digne d’être vécue, sur l’autel du progrès technologique ».
Nicola Gai

« L’anarchie, quand elle ne devient pas action, rejette la vie et devient idéologie, de la merde ou peu plus, dans le meilleur des cas un loisir impuissant pour des hommes et des femmes frustrés ».
Alfredo Cospito

Ce n’est certainement pas nouveau que l’industrie des armements est un des exemples d’« excellence » de l’économie italienne ; il s’agit d’un des peux nombreux secteurs qui ne connaissent pas de crises, un secteur d’investissement qui produit des bénéfices tellement grands qu’il est considéré comme incontournable pour l’économie du pays par tout gouvernement, peu importe sa couleur politique, n’en déplaise à tous ceux qui, par exemple, se réjouissent de la condamnation hypocrite de l’agression turque contre les habitants et les rebelles du Rojava et du blocus formel de l’exportation d’armes produites en Italie vers la Turquie, annoncé par le gouvernement actuel.
Et si c’est vrai que « la guerre commence ici », c’est à dire là où les armes sont produites, cela est encore plus vrai dans le cas spécifique, parce que précisément ici, à Gênes, il y a un des sièges de Leonardo (ex Finmeccanica), une entreprise contrôlée par l’État, leader mondiale dans la recherche et la production de systèmes technologiques innovants pour l’industrie des armements et du contrôle social : hélicoptères, avions de combat, drones, radars, systèmes d’attaque, systèmes de conduite de tir, véhicules militaires terrestres et marins, munitions, systèmes pour la guerre électronique et le contrôle à distance, systèmes de protection des côtes et des frontières, systèmes électroniques de contrôle social, à utiliser dans des villes, des ports et des aéroports, et bien plus ; leur catalogue est très large.

Pour « garantir les principes de la démocratie dans la société numérique » (comme il le dit le slogan qui présente l’entreprise), Leonardo produit des armes de destruction massives, responsables de la mort d’hommes et de femmes, chaque jour, aux frontières de la Forteresse Europe et dans différents recoins de la planète ; tant pour faire quelques exemples : du Rojava à la Syrie, de la Libye au Yémen.
De plus, cette société gère et contrôle des nombreuses autres entreprises liées à la production d’armements, comme Agusta Westland, Selex Es, Oto Melara et autres.
Jusqu’en 2017, le groupe Leonardo-Finmeccanica contrôlait Ansaldo Energia, société, dont le siège est à Gênes, qui produit des structures pour des centrales électriques thermique et, surtout, nucléaires, à travers sa division Ansaldo Nucleare ; une autre entreprise qui produit mort, désolation et dévastation de la nature, présentés comme un progrès technologique nécessaire et incontournable pour plus de progrès industriel, cela sans arrêt.

A cause de tout ça, le 7 mai 2012, précisément ici, à Gênes, deux anarchistes ont décidé de montrer dans la pratique leur refus de ce système techno-industriel, en faisant face à Roberto Adinolfi, PDG d’Ansaldo Nucleare, en bas de chez lui, et en lui rendant, par un coup de pistolet dans une jambe, un aperçu des effets mortifères que les projets de l’entreprise qu’il dirigeait disséminent partout dans le monde.
A cause de cela, le 14 septembre 2012, Alfredo Cospito et Nicola Gai ont été arrêtés ; le 30 octobre, lors de la première audience de leur procès, les deux compagnons anarchistes ont revendiqué leur responsabilité dans l’attaque contre Ansaldo Nucleare et, donc, contre Finmeccanica, ainsi que leur appartenance à la Cellule Olga de la FAI/FRI ; Alfredo a été condamné à 10 ans et 8 mois de prison et Nicola à 9 ans et 4 mois, pour attentat avec finalité de terrorisme, avec une peine de sûreté (qui leur empêche de bénéficier des peines alternatives : assignation à résidence, semi-liberté, etc., à cause justement de l’accusation de terrorisme).
Ils sont toujours enfermées dans la section Haute Sécurité de la prison de Ferrara. Depuis, ils n’ont jamais arrêté de faire entendre leurs voix, en participant, depuis la prison, au débat anarchiste sur la lutte radicale contre la répression étatique, la solidarité à l’intérieur et à l’extérieur des prisons, les façons de s’opposer à la domination sur les individus et sur la terre, ainsi que la réappropriation de la possibilité d’une vie libre de l’autorité. Dans sa déclaration au tribunal, Alfredo disait : « Il y a des nombreuses façons de s’opposer concrètement au nucléaire (et pas qu’au nucléaire, ajoutons-nous) : blocages des trains qui transportent les déchets, sabotages des pylônes qui transportent de l’électricité produite par le nucléaire. J’ai pensé de frapper le plus grand responsable, en Italie, de ce carnage : Roberto Adinolfi, PDG d’Ansaldo Nucleare ».
Et, plus loin : « Le moment du grand refus est arrivé : un refus fait d’une pluralité de résistances, chacune desquelles est un cas à part : certaines sont possibles, nécessaires, improbables, d’autres spontanées, sauvages, solitaires, concertées, explosives ou violentes. La notre a été solitaire et violente ».

A notre avis, toute lutte qui, à juste titre, s’oppose à la production de mort et destruction, par laquelle ces entreprises monstrueuses accumulent leurs bénéfices, ne peut pas se passer de la solidarité, et pas que formelle, envers ceux qui ont essayé d’enrayer les rouages de ce système techno-industriel : il ne va pas tomber tout seul, il ne va pas s’effondrer tout seul. Seulement l’action d’hommes et de femmes déterminés, généreux dans l’action, fermes dans le refus de l’esclavage face à l’autorité et de tout compromis avec le système lui-même, pourra fêler cette logique dominante fondée sur le profit et l’ordre technologique.

Liberté pour Alfredo et Nicola

Anarchistes

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Note d’Attaque : pour écrire aux deux compagnons :

Alfredo Cospito
Nicola Gai

C. C. di Ferrara
Via Arginone, 327
44122 – Ferrara (Italie)

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