Athènes (Grèce) : De la théorie a la pratique, le premier pas d’une réponse…

athens.indymedia.org / mercredi 5 décembre 2019

Tout l’appareil étatique du gouvernement Mitsotakis, ses forces répressives en tête, s’oppose à tout ce qui défie les normes qu’il veut imposer. La doctrine « ordre et loi » et la rhétorique de la tolérance zéro servent de voile et de distraction pour couvrir ses innombrables inconsistances. Il gave ses électeurs d’une rhétorique basée sur les concepts de nation, de sécurité, de légitimité et de développement tout en se servant de modèles polarisateurs et de paradigmes de temps révolus. Le but est clair : tenter d’éradiquer les structures de luttes et de détruire le mouvement révolutionnaire qui tiennent tête à ses plans de développement et toute prétendue gentrification urbaine. Dans le même temps, il s’efforce de systématiquement déplacer les populations qui ne « rentrent pas dans le moule » des besoins croissants du capital et des patrons des centres métropolitains. S’efforcer de créer un environnement idéal à la consommation pour une population autant passive que facilement contrôlable au service des intérêts privés est l’une de leur priorité. D’un côté, AirBnB, les zones de divertissement, les vitrines de magasins et les hôtels donnent nos quartiers en spectacle et ne profitent qu’à un petit nombre. Pendant que d’un autre coté, les caméras, les drones et tout autre type d’imposition cèdent le contrôle de chaque espace (public et privé) à l’État policier au nom du contrôle des consommateurs, de la surveillance et du commerce.

En synergie avec ce qui a été précédemment mentionné, l’ultimatum de Chryssochidis demande avec cynisme que nous évacuions les espaces de luttes d’ici le 5 décembre. Cet ultimatum vient couronner une période de répression intense, d’évacuation de structures de lutte et de solidarité, et l’attaque constante contre les lieux d’autogestion et de fermentation de discours politique. Contre cette opération de communication suprême – ayant pour but de répendre la peur au sein de groupes sociaux spécifiques et de les priver de besoins sociaux basique – nous répondons par la lutte. Notre retrait volontaire de la lutte n’est pas une option. Nous sommes hermétiques au climat de terreur qu’ils mettent en place. Nous sommes prêt – une fois de plus – à dresser des barricades et tenir tête aux atteintes actuelles contre le modèle d’État-Léviathan. Ce que l’État ne comprend pas est que nous existons au-delà de notre connexion historique avec Exarcheia et de notre survie en squat à travers la Grèce. Nous n’avons pas besoin d’espace physique pour que notre collectivisation et notre autogestion s’épanouissent. Les entités collectives ne disparaîtront pas même si elles n’ont plus de toit au dessus de leurs têtes.

Nous avons ouvert et cadenacé [en anglais c’est « claimed », qu’on pourrait plutôt traduire comme « revendiquer, annoncer », NdAtt.] les bâtiments suivants:

3 à Gizi
2 à Ilissia
6 à Exarcheia
1 à Victoria
1 à Agios Panteleimonas
2 à Kipselli

…Parce que c’est si simple…

A première cible est de déconstruire la rhétorique étatique qui diabolise les espaces avec un potentiel d’autogestion occupés ainsi que leur utilisation. En réponse à l’appel panhellénique de passer à l’acte le 5 décembre, nous avons libéré 15 batiments (comme le nombre d’heures avant que votre destin s’accomplisse) dans les zones citées au dessus et avons accroché des banderoles sur lesquelles on peut lire « La propriété est du vol ». Nous avons réservé ces espaces pour qu’ils servent de réservoir d’options pour de futurs usages. Ceci est simplement un premier appel à la résistance et à la solidarité pour des camarades qui souhaitent créer des occupations et des centres de luttes. Tout cela pour que des sans-abri.e.s puissent répondre à leurs besoins sociaux, pour que les migrant.e.s qui s’opposent à être incarcérer dans des camp, et pour tous les opprimé.e.s. Nous voulons partager le concept d’appropriation des espaces vides comme moyen de survivre au travers de la lutte, en dehors de toute logique capitalistique stérile.

Par le biais de cette action nous déclarons que notre combat continue et refuse tout type d’ultimatum. Nous voulons être clair sur le fait que nous soutiendrons les squats et les espaces de lutte ainsi tout ce qu’ils représentent. À suivre…

– TOUT EST À NOUS, RIEN N’EST À EUX, TOUT CE QU’ILS ONT ILS L’ONT VOLÉ, SQUATTONS LES VILLAS ET LES ENDROITS ABANDONNÉS

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