Athènes (Grèce) : Revendication de l’attaque de la police à Exarcheia

athens.indymedia.org / jeudi 21 novembre 2019

La nuit du jeudi 7 novembre 2019, nous avons choisi d’attaquer la camionnette de la police anti-émeute (MAT), qui est stationnée devant les bureaux du KINAL (ex PASOK [le KINAL a été fondé en mars 2018, par la fusion du PASOK, le Parti socialiste grec, avec d’autres petits partis de gauche ; NdAtt.]), et les policiers à moto (DIAS) qui les accompagnaient pendant leur changement de service. Notre choix était totalement ciblé.

Dans une conjoncture où le gouvernement de Néa Dimokratía [le parti du premier grec Kyriákos Mitsotákis; NdAtt.] a déclenché une chasse à l’homme contre tou.te.s celles/ceux qui se battent, dans une conjoncture faite d’expulsions d’espaces de lutte des migrants et d’espaces politiques et sociaux, dans une conjoncture marquée par l’abolition concrète de l’asile universitaire et par l’invasion des flics du MAT et de l’OPKE [Groupe pour la prévention et la suppression du crime ; unité similaire au MAT, mais plus lourdement équipée et entraînée ; NdAtt.] dans les universités – dans cette conjoncture nous avons choisi de tendre un piège aux ordures du MAT et aux laquais des forces DIAS et de les attaquer des deux côtés avec des engins incendiaires, en détruisant leurs motos, en blessant trois d’entre eux et en essayant simultanément de brûler la camionnette bloquée dans la rue Eressou.

Cette action a eu lieu à l’intérieur du quartier d’Exarcheia, afin de montrer clairement que la poursuite de l’escalade répressive de l’État aura des réponses équivalentes. Ce qui a suivi notre action vient confirmer la validité de notre acte – victorieux – de lutte contre les tortionnaires de la police grecque. Il y a eu des interpellations au hasard, la tentative de leur part d’envahir le café sur la place, des tortures contre des combattant.e.s et ils ont rempli le quartier de gaz lacrymogènes.

Une fois de plus, la police a montré son vrai visage, lorsque quelques militant.e.s – avec des moyens de lutte artisanaux – ont attaqué les gardes armés de l’ordre et ont réussi à ébranler leur sentiment fantasmé de toute-puissance dans ce quartier. On a également pu rappeler que les opérations « chirurgicales » de la police de M. Chrisochoidis [le Ministre grec de la Protection du citoyen, correspondant au Ministère de l’intérieur ; ex socialiste, Chrisochoidis a déjà été ministre dans des gouvernements du PASOK ; NdAtt.] se font sans anesthésie, lorsqu’ils doivent faire face à une résistance qui fait honte à la répression et montre ses limites. Et, enfin, on rappelle que, sans réflexes combatifs et sans l’intensification de la résistance de classe, il est certain que ces opérations répressives parviendront à engourdir et à paralyser le mouvement, qui s’habituera à la répression, incorporant la peur et l’abandon.

L’attaque contre le mouvement fait partie intégrante d’une attaque plus large contre les droits acquis par le sacrifice de soi de la société combative. La ainsi-dite transition vers le développement capitaliste, comme dernier effort du système pour gérer la crise structurelle profonde du Capital, marque la plus grande accumulation de richesse entre les mains des riches, l’aggravation de l’exploitation des pauvres, la redistribution de la pauvreté et de la mendicité, l’intensification du travail précaire, sous-payé et sous-évalué.

C’est pourquoi le capitalisme améliore constamment son arsenal répressif. C’est pourquoi il renforce ses lois contre l’insurrection qui, nécessairement, éclatera en Grèce aussi, dans les prochaines années. C’est la raison pour laquelle il attaque inconsidérément et furieusement les structures et les personnes qui luttent, en traitant le mouvement comme une « association criminelle » qui doit être immédiatement éradiquée.

Si nous voulons bloquer la stratégie préventive de contre-insurrection, nous devons élever le mur de l’autodéfense du mouvement et augmenter la contre-violence de classe.

PS : Force au compagnon anarchiste V. Stathopoulos, qui a été emprisonné après la grosse opération répressive qui a été concertée par les raclures de la police anti-terroriste, le 8 et 9 novembre 2019.

Compas

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