Besançon : De la prison avec sursis pour les inculpé-e-s de l’action du 14.02.2017

Indymedia Nantes / lundi 30 juillet 2018

Ce vendredi 27 juillet, la sentence est tombée dans l’affaire de l’occupation du conseil d’administration de l’université de Franche-Comté qui a eu lieu le 14 février 2017. Sept personnes étaient jugées pour une action contre la mise en place de la sélection en master, qui était sur le point d’être votée par les gouvernants de la fac.

Le tribunal a relaxé toutes les personnes pour le chef de « dégradations en réunion ». Une personne s’est également vue relaxer pour la « rébellion » et a été condamnée à trois mois de prison avec sursis pour « séquestration ». Quant aux trois autres, elles ont été condamnées pour « rébellion » et « violences à agents » à verser de la thune aux flics, bien que lors de l’audience l’avocat des inculpé.e.s avait démontré les divers manquements de l’avocate des flics (tous absents à l’audience), comme celui de ne pas avoir fait signer les dépositions des trois flics qui se portaient partie civile.

En outre, les trois ont été condamnées à 3, 4 et 5 mois avec sursis pou séquestration.

Certaines d’entre elles ont prévu de faire appel.

Mercredi 18 juillet lors de l’audience, le procureur avait requis des peines de 3 mois de prison avec sursis avec 500 euros d’amendes pour les quatre personnes accusées de « dégradations en réunion », « rébellion » et « séquestration » (« violences à agents pour deux d’entre elles et « refus de prélèvements d’empreintes digitales et ADN » pour l’une). Quant aux trois personnes accusées du seul chef de « dégradations en réunion » qui avaient refusé la composition pénale le 8 mars dernier, le proc Allam avait requis du sursis TIG (trois mois de prison avec sursis au cas où les TIG ne seraient pas réalisées).

Cette affaire n’est pas terminée, puisque deux autres personnes comparaîtront à la rentrée, en septembre. L’une est poursuivie pour « dégradation en réunion » (après avoir refusé la composition pénale le 11 juillet dernier) tandis qu’une autre (lycéenne et mineure au moment des faits) sera jugée devant le tribunal pour enfants pour « enlèvement et tentative d’enlèvement ; complicité d’arrestation ».

La justice n’est que le reflet de ce monde, où celles et ceux qui se battent pour leurs vies et éviter qu’elles soient encore pires se font piétiner par l’ordre en place. Elle n’est qu’un moyen à la disposition des riches et des puissant-e-s pour maintenir cette société telle qu’elle est. Innocence ou culpabilité, on laisse volontiers ces termes aux représentant-e-s de la Justice, cette institution qui broie chaque jour des vies.

Pour conclure, il n’y avait pas besoin d’attendre ce verdict pour exprimer sa rage au sein même du tribunal. Des messages on ne peut plus clairs se sont étalés dans les chiottes du TGI lors de l’audience : « Liberté pour tou.te.s ; rasons les tribunaux ; nique les juges ; nique la justice… »

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Mais les murs crient « nique la justice » 

Sans Attendre Demain / samedi 28 juillet 2018

A Besançon (Doubs), les toilettes destinées au public dans le hall d’entrée du tribunal se sont empressés de relayer quelques idées subversives à l’occasion du procès de sept étudiants que l’Etat s’acharne à poursuivre suite à l’occupation d’un conseil d’administration de la fac en février 2017 : « nique la justice », « nique les juges », « rasons les tribunaux » et « liberté ».

Voilà donc d’un même coup le décor et le décorum de la justice qui ont été perturbés le temps d’une après-midi, ce qui est bien le minimum. Un minimum qui était sans doute déjà de trop, puisqu’un journaflic s’est fendu d’un « billet d’humeur » ironique dans la tribune des pouvoirs locaux, l’Est Républicain (25 juillet en page 7 de l’édition de Besançon), dénonçant « un rapport de cause à effet entre certains de ces visiteurs
d’une après-midi au palais et les dazibaos apparus ».

Que Y.A* -qui n’a pas osé mettre son nom complet- se rassure : s’il lui arrive un jour malheur, disons par exemple de glisser sur une malencontreuse peau de banane glissée là et de se retrouver ventre à terre, il aura tout le temps de méditer sur le « rapport de cause à effet » entre ses petites balances publiques à destination de l’ordre et son accident de parcours. Oups, pardon, c’est juste de l’humeur ironique. Ou peut-être pas, qui sait ?

[Rédigé à partir de la presse locale]

Note:

* Il s’agit du journaleux Yves Andrikian

 

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