Le flic qui n’est pas en service reste un flic… et il le paye cher ! [MAJ 11/07]

Bugey (Ain) : Quand le voisin flic vient pourrir la soirée post-Bac….

Le Dauphiné / Vendredi 6 juillet 2018

Six individus âgés d’une vingtaine d’années ont été interpellés mercredi et restaient en garde à vue hier jeudi, suspectés d’avoir participé à l’agression d’un policier, à son domicile, dans une scène collective d’une extrême violence. « On est passé tout près d’un drame irrémédiable », estime une source proche de l’enquête. Les faits se déroulent dans la nuit de samedi à dimanche dernier, dans une petite localité du Bugey, dans l’Ain. En poste à la police aux frontières (PAF), dans le Pays de Gex, le policier rentre chez lui. Une soirée a lieu dans la salle des fêtes communale, près de son domicile. Animation, bruits, il surprend deux individus visiblement très éméchés dans son jardin. Il leur demande de sortir. Il reçoit en retour insultes et menaces.

La situation dégénère. « Je le connais, il est flic », dit un protagoniste. Ce qui est loin d’apaiser la situation. Au contraire, un groupe se forme, avec une quinzaine d’individus qui menacent le fonctionnaire. Le policier met un brassard, décline sa qualité, et prend son arme de service face au groupe déchaîné. Pour lui, il s’agit de sortir du péril formé devant chez lui. Là encore, la réaction s’aggrave dangereusement. Le policier est frappé. Il reçoit notamment un coup de bouteille sur la tête. Pour se dégager, il tire à quatre reprises. Un agresseur est blessé à la jambe.

Les violences continuent malgré tout. Le policier est de nouveau frappé. Coups de poing, de pied, coups avec un panneau de signalisation. Sérieusement blessé, il a subi une interruption de travail de trente et un jours. Sans compter le traumatisme durable. Les agresseurs ont volé son arme de service, qui a été retrouvée par la suite.

Diligentée par le parquet de Bourg-en-Bresse, l’enquête a été confiée à la direction interrégionale de police judiciaire (DIPJ) de Lyon, pour violences aggravées. L’usage de l’arme par l’agent de la force publique fait l’objet d’une seconde enquête, confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN). L’événement provoque un fort émoi dans les rangs de la police. « Si dans une zone rurale on est exposé à ce genre de danger, il y a de quoi s’inquiéter sur l’avenir de notre société », considère un officier lyonnais.

Quatre des six suspects, originaires d’Hauteville, devraient être déférés au parquet bressan aujourd’hui, en vue de l’ouverture d’une instruction judiciaire. Selon des sources locales, la fête était, à l’origine, consacrée à la fin du baccalauréat.

****

Othis (Seine-et-Marne) : Vengeance deux mois après une énième exécution des flics

Le Parisien / Jeudi 5 juillet 2018

Un couple de policiers de Seine-Saint-Denis s’est fait tabasser par deux frères de 25 et 27 ans, à Othis, en Seine-et-Marne, mercredi soir. Les deux agresseurs sont activement recherchés par la police judiciaire de Meaux. Ils ont été identifiés, comme étant domiciliés à Aulnay-sous-Bois avec une attache familiale à Othis pour l’un d’eux. Selon nos informations, il s’agirait d’une vengeance suite à une intervention, en mai à Aulnay-sous-Bois, au cours de laquelle la fonctionnaire avait eu un poignet cassé. Le couple de jeunes policiers, 31 et 33 ans, tous deux brigadiers en Seine-Saint-Denis, revenait de vacances, ce mercredi. L’époux de la nourrice de leur fille de trois ans et demi, les ramenait de l’aéroport. La nounou en question, qui demeure à Othis, est aussi une amie du couple et les avait invités à dîner.

Ils quittaient la maison de leurs hôtes, vers 21 heures, et installaient leur enfant dans la voiture lorsqu’ils ont été pris à partie par deux jeunes hommes à bord d’une voiture. Ils ont insulté la mère de famille. Le mari n’a pas laissé faire et les deux hommes sont descendus de voiture avant de tabasser le couple, sous les yeux de leur fillette. La policière a reçu un violent coup de poing au visage. Son mari, qui a tenté de la protéger, a été envoyé au sol et frappé d’un coup de pied à la tête. Tous deux ont été hospitalisés.

« En plus des blessures subies, ils sont vraiment très choqués », confie un collègue resté à leur chevet une partie de la nuit. Le père de famille souffre d’un traumatisme crânien et doit encore subir une série d’examens médicaux ce vendredi aux urgences. Sa compagne a pu quitter l’hôpital. La police judiciaire de Meaux a été chargée de l’enquête. « Ces faits sont clairement liés à la fonction de policiers du couple », assure une source proche de l’enquête.

Nul doute pour la police qu’il y a un lien avec l’intervention du 17 mai dans le quartier du Gros-Saule, à Aulnay-sous-Bois. Ce jour-là, un chien d’attaque, de type american staffordshire (ou amstaff) avait été abattu après s’être jeté à deux reprises sur une patrouille de fonctionnaires. Deux policiers ont été blessés, dont la mère de famille, qui avait eu un poignet fracturé après être tombée à la renverse. Un autre s’était blessé à la cheville. Deux suspects avaient alors été interpellés après l’arrivée de renfort : l’un pour la détention du chien d’attaque, l’autre pour les violences.

L’un des agresseurs d’Othis, recherché par la police judiciaire de Meaux, ferait partie du groupe du Gros-Saule. Ancien habitant d’Aulnay-sous-Bois domicilié à Othis, il aurait repéré la policière près de chez lui, pensant que l’adresse de la nourrice était celle de la policière. « Il lui avait dit : on sait où t’habites », relate une source. La gendarmerie avait d’ailleurs été alertée pour avoir l’œil sur le secteur les semaines précédentes. « Les agresseurs feraient mieux de se rendre d’eux-mêmes et rapidement », avertit un policier de Seine-Saint-Denis. Ce jeudi soir, les deux suspects n’avaient pas encore été interpellés. Bernard Corneille, le maire (DVG) d’Othis, commune de 6600 habitants, ne connaît pas les deux frères. Quant à l’agression… « Ça va loin ! Dès l’instant où l’on agresse des policiers, c’est grave ! »

*****

Mise-à-jour du 11 juillet : La justice a la main lourde pour venger ses larbins

Le Parisien / mercredi 11 juillet 20118

C’est le soir du mercredi 4 juillet, dans une rue d’Othis, que l’agression a eu lieu. Les fonctionnaires, en poste dans des commissariats en Seine-Saint-Denis, étaient hors service.

Frédéric O. a été condamné à six ans de prison, dont 54 mois ferme, avec mandat de dépôt, par le tribunal correctionnel de Meaux, ce mercredi après-midi. Son frère Anthony O. a écopé de quatre ans de prison, dont 42 mois ferme, avec mandat de dépôt. Ces deux habitants d’Othis, âgés de 27 et 24 ans, comparaissaient pour avoir violenté un couple de policiers, hors service, dans une rue d’Othis, le soir du mercredi 4 juillet.

Les fonctionnaires – en poste dans des commissariats de Seine-Saint-Denis – étaient venus récupérer leur fille de trois ans chez sa nourrice. Les deux frères, qui habitent la même rue que la nourrice, les avaient croisés par hasard, alors qu’ils étaient à bord d’une Peugeot 206. S’en était suivie une altercation verbale suivie d’une scène de violences. Deux versions sur le début de l’altercation se sont affrontées à l’audience. Les victimes ont confirmé avoir été apostrophées verbalement, en raison de leur profession, avant d’être frappées. De leur côté, les prévenus ont expliqué avoir été pris à partie par le policier, qui aurait reproché au frère aîné d’avoir menacé verbalement sa compagne, six mois plus tôt.

Le substitut du procureur Mathieu Vernaudon avait requis quatre ans de prison, dont trois ferme, avec mandat de dépôt, contre Frédéric O., en récidive, et trois ans de prison, dont trente mois ferme, avec mandat de dépôt, contre Anthony O. Il avait également demandé leur interdiction de paraître à Othis. Le parquetier a dénoncé le « sentiment tout à fait aigü d’impunité » des prévenus et évoqué un « effet Magnanville (ndlr : meurtre d’un couple de policiers à leur domicile en juin 2016 par un jihadiste), qui marque une rupture dans l’esprit des policiers : « Le risque intrinsèque de leur profession s’est déplacé de la sphère professionnelle à la sphère privée ».

L’avocate de la défense Me Louis Tort a dénoncé « un procès politique », où l’on aurait fait le tri dans les témoignages : « Un témoin parle de bagarre, d’altercation ». Elle a souligné les efforts de réinsertion réalisés par le frère aîné et rappelé que le cadet n’avait jamais fait une seule garde à vue : « Ces deux petits-là sont morts de peur. Vous n’avez pas à les balayer pour faire plaisir à n’importe quelle autorité politique ».

 

NdAtt. : les flics se réjouissent de leur totale impunité, comme ici Fabien Vanhemelryck, secrétaire général délégué du syndicat Alliance Police Nationale.

This entry was posted in ACAB, Des mauvais moments pour les bleus and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink.