Incendie de gendarmerie à Meylan : les flics tâtonnent dans le noir

Le Figaro / jeudi 9 novembre 2017


La piste de la petite délinquance est pour l’heure écartée. Faute d’éléments à charge, huit personnes placées en garde à vue mercredi ont finalement été relâchées. L’enquête se concentre désormais sur les milieux de l’ultra-gauche qui avaient revendiqué deux incendies volontaires.

En Isère, l’enquête se poursuit mais n’a toujours permis d’identifier les auteurs de l’incendie volontaire à la gendarmerie de Meylan fin octobre. Mercredi soir, au terme de huit gardes à vue et plusieurs heures d’interrogatoire, les enquêteurs ont dû écarter la piste de la petite délinquance dans cette affaire «délicate». «L’opération était destinée à fermer la piste de la vengeance envers la gendarmerie», explique au Figaro le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat. Les individus interpellés mercredi matin étaient des profils d’incendiaires et/ou des personnes qui étaient connues pour avoir menacé les forces de l’ordre. Au fil de la journée, tous ont finalement nié les faits et les perquisitions menées chez eux n’ont rien donné. «Aucun élément n’a pu être retenu contre eux, ils ont tous été relâchés», ajoute le magistrat.


Depuis plusieurs semaines maintenant, les enquêteurs tentent de savoir ce qu’il s’est exactement passé dans la nuit du 26 octobre, lorsque quatre voitures et une moto ont été incendiées dans l’enceinte de la gendarmerie de Meylan. Les conséquences auraient pu être «dramatiques» si le feu s’était propagé au bâtiment d’habitation voisin, au lieu d’en noircir simplement les façades, avait relevé alors le procureur de la République à Grenoble, Jean-Yves Coquillat [la gueule de ce bourreau ci-contre; NdAtt.] . Quelques semaines plus tôt, le 21 septembre, un autre incendie avait visé le garage et des locaux techniques de la caserne du groupement de gendarmerie de l’Isère à Grenoble. Si le lien entre les deux attaques n’a pas encore été formellement établi, les deux affaires «se ressemblent beaucoup», admet le procureur.

La piste «très sérieuse» des milieux anarcho-libertaires

Les enquêteurs se concentrent désormais sur la piste «très sérieuse» de l’ultra-gauche. Ces deux incendies ont en effet été revendiqués sur le site indymedia.org, chambre d’écho des positions les plus radicales chez les anarcho-libertaires. Après l’incendie de la gendarmerie de Meylan, un groupe féministe appartenant à cette mouvance expliquait vouloir «lutter contre le sexisme» et «contre le genre» et justifiait leur action par une «envie de revanche».

Le mode opératoire y était même détaillé: ce groupe non identifié expliquait notamment avoir cadenassé l’accès au parking de la gendarmerie, notamment pour «faire une blague aux pompiers», et disait avoir utilisé dix litres d’essence. «Nous avons ciblé les voitures privées des flics, au détriment des quelques sérigraphiées, parce qu’on avait envie de s’attaquer» à «leurs biens personnels [plutôt] qu’à leurs outils de travail», ajoutaient-elles. Cette revendication s’achevait en forme de dédicace, adressée notamment «aux deux personnes incarcérées (dans) l’affaire de la voiture de flics brûlée», à Paris en mai 2016.

Une enquête difficile

Comme souvent dans les affaires d’incendie, l’enquête s’annonce compliquée. Car qui dit incendie, dit souvent destruction de preuves. Et pour l’heure, les prélèvements effectués sur les lieux des sinistres et l’examen des enregistrements de caméras de vidéosurveillance n’ont rien donné. «Nous avons affaire à des gens organisés et intelligents», estime le procureur Jean-Yves Coquillat, qui précise qu’aucune interpellation n’a encore eu lieu dans les milieux anarcho-libertaires. Quant à la possibilité d’identifier les auteurs via la revendication faite sur Internet, là encore, les enquêteurs semblent coincés. «Le site Internet est au Brésil. Nous sommes techniquement impuissants pour remonter cette piste-là», admet encore le magistrat.

Ces affaires préoccupent grandement les autorités. Le procureur de la République craint une escalade dans les attaques visant les institutions publiques après plusieurs actions similaires dans la région grenobloise, où la mouvance anarcho-libertaire est traditionnellement très implantée. Dans ce contexte, la sécurité des 3900 casernes de gendarmerie [voir ci dessous; NdAtt.] va être renforcée. «Des crédits vont être consacrés à la sécurisation des casernes et une partie du budget immobilier sera orienté sur ce chantier», a indiqué mercredi la direction générale de la gendarmerie nationale à l’AFP.

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La police patine sur les attaques de la gauche radicale

c’est le titre du Monde : eux aussi ils se foutent de la gueule des flics ! / jeudi 11 novembre 2017

« La piste anarcho-libertaire reste sérieuse. » Jeudi 9 novembre, l’enquête sur l’incendie volontaire survenu dans la nuit du 25 au 26 octobre à la gendarmerie de Meylan en Isère, s’orientait de nouveau vers le scénario d’une action de la gauche radicale, d’après le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves ­Coquillat. La veille, huit personnes avaient pourtant été interpellées dans le milieu de la petite délinquance. Les enquêteurs voulaient creuser la piste d’une éventuelle vengeance mais les gardes à vue ont finalement toutes été levées.

L’incendie de Meylan a, de fait, été revendiqué au nom de la lutte contre le sexisme, notamment sur le site d’information alternatif Indymedia. Un texte que les enquêteurs considéraient avec circonspection. Il fait cependant écho à plusieurs écrits publiés ces derniers mois sur des sites ou des blogs et qui s’arrogent la responsabilité d’une multitude de faits : l’incendie, fin octobre, de voitures de la police municipale de Clermont-Ferrand et de vingt et un véhicules d’Enedis, une filiale d’EDF, à Limoges. Celui, fin septembre, de locaux de la gendarmerie de Grenoble, de cinq voitures de la gendarmerie de Limoges ou encore de trois véhicules Autolib aux Lilas (Seine-Saint-Denis)…

« Tout sauf une organisation carrée »

La liste n’est pas exhaustive : saccage du local grenoblois des Républicains en mars, sabotage de valideurs de tramway de la même ville en avril, dégradation de deux permanences du Front national à la même période en Loire-Atlantique, incendie d’une antenne télé en Ardèche en juillet ou encore d’une camionnette d’une entreprise de sécurité au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis)… En 2016, déjà, des sabotages avaient été revendiqués parmi lesquels l’incendie d’un véhicule de gendarmerie à Limoges.

« Les enquêtes sont difficiles », reconnaît une source au ministère de l’intérieur. Il n’y a eu jusque-là aucune interpellation. La complexité est aussi sémantique…

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Et à Limoges la Maréchaussée se barricade chez elle…

Le Populaire / vendredi 3 novembre 2017

Avec deux casernes touchées par des incendies volontaires à Limoges en moins d’un an, la gendarmerie est devenue une cible ces derniers mois de l’ultra gauche. François Bonavita  [l’idiot ci-contre; NdAtt], général de brigade, nous livre ses impressions après ces attaques incendiaires.

Quelle a été votre réaction après les incidents survenus en Isère ?
En s’attaquant à une gendarmerie, on souhaite s’attaquer à un symbole de l’état. Ces attaques ont un coup financier et c’est le contribuable qui paie finalement. Mais dans le cas de Meylan en Isère, on s’attaque directement aux familles. C’est attaques sont plus difficiles à comprendre. A Limoges, différentes unités sont hébergées, nous avons environ 300 logements.

Y a-t-il un sentiment d’inquiétude depuis les derniers événements qui se sont produits à Limoges et en Isère ?
L’incendie a créé une vague d’inquiétudes et cela peut se comprendre. Nous avons à Limoges des familles de gendarmes, avec des conjoints et des enfants. Mais elle s’est très vite dissipée.

Comment expliquer que des individus puissent rentrer comme cela dans une gendarmerie ?
On ne vit pas dans un bunker. Au moment où les gendarmeries ont été construites, on était plus dans une démarche d’ouverture sur la population. Une gendarmerie n’était pas considérée comme un site sensible. C’était une époque où l’autorité de la gendarmerie n’était pas remise en cause par des groupuscules. Les dernières constructions prennent en compte ce changement avec des clôtures renforcées et plus de vidéo protection.

Des mesures ont-elles été mises en place à Limoges après les derniers événements ?
Nous avons renforcé les gardes et nous avons pris d’autres mesures. Sur l’ensemble de la Haute-Vienne nous avons mis en place un dispositif passif. Pendant les années à venir, nous devrions avoir le budget pour augmenter la sécurité, mais cela ne va pas se faire en un claquement de doigts. Après, dans une caserne, on lutte contre la délinquance comme dans une cité pavillonnaire. La meilleure des protections est l’implication individuelle en signalant toute personne présente dans les lieux. Dans les brigades, tout le monde se connaît.

Ne craignez vous pas que ces personnes qui s’attaquent à la gendarmerie ne s’en prennent aux individus ?
Je ne pense pas que ce soit leur volonté. Ce que l’on peut redouter, c’est que des membres de familles de gendarmes ou des gendarmes eux-mêmes soient touchés de manière indirecte. Un drame est vite arrivé. Il suffit qu’une voiture explose à coté d’une personne, d’un enfant pour qu’il y ait des conséquences dramatiques. Ces attaques sont criminelles.

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