Lettre de Damien depuis la prison de Fléury

reçu par mail / vendredi 3 mars 2017

Il y a des jours en prison où la rage et la haine, mêlées à un sentiment d’impuissance, atteint des sommets. Les flics ont arrêté le compagnon XXXX, il est actuellement détenu ici-même à Fléury, mais dans un autre bâtiment, ce qui nous empêche d’avoir le moindre contact.
Le compa est en détention préventive au bâtiment D2, pour des accusations concernant l’affaire du barbecue sauce bleusaille.
Je ne connais pas la teneur exacte des chefs d’inculpation mais nous savons qu’il est sous mandat de dépôt criminel. Il y a donc de fortes chances que lui aussi soit accusé de tentative d’homicide de deux représentants de l’ordre.
Ces accusations sont farfelues car nous savons, et la justice en a également conscience, que la volonté lors de ce bel acte d’insoumission n’était malheureusement pas celle de fumer les flics présents dans la bagnole incendiée. Sinon de les fumer un tout petit peu, au sens propre, juste pour en attendrir la viande. Quoi qu’il en soit, je me fiche de savoir si le compa est coupable ou innocent des faits qui lui sont reproché. Il me suffit de savoir qu’il est anarchiste pour m’en sentir solidaire, il me suffit de partager les faits pour m’en sentir complice.
Nous avons tou(te)s partagé des instants de révolte complice et joyeuse avec le compagnon, des instants de camaraderie et d’amitié merveilleux avec un compagnon toujours en première ligne lorsqu’il s’agit de faire face. Comme en ce jour du 24 mars 2016, durant lequel le compagnon s’est fait arrêter lorsque nous avons farouchement combattus la BAC et le service d’ordre de la CGT, qui ne pouvant plus contenir la révolte, s’unirent pour la réprimer à grands coups de matraque et de gazeuse.

Aujourd’hui, après le bruit de bottes des manifs de flics et du viol qu’ils ont commis au nom de la sécurité, alors que des enragé-e-s reprennent sporadiquement possession de la rue lors de quelques émeutes, pendant que la répression s’abat sur les révolté-e-s de tous bords, attisons l’incendie par la violence Anarchiste.

Aux idiots utiles au pouvoir, du rappeur Fianso au collectif « vérité et justice », qui appellent au calme en suppliant leurs maîtres, les flics et les juges, de faire leur travail répressif avec plus de clémence, rappelons une simple chose :

Un bon flic est un flic mort !

Solidarité et complicité offensive avec le compagnon ! Une pensée également pour Kara, digne, cohérente et incarcérée pour les mêmes accusations.

Puisque j’ai toujours envisagé l’intervention anarchiste de façon internationale, je profite de cette lettre pour exprimer, en même temps , ma solidarité avec les braqueurs-euses de banque présumé de l’affaire Aachen en Allemagne, avec les détenu-e-s de l’opération Scripta Manent en Italie et aux deux compas mis en examen dans l’affaire de l’attaque de l’école de police à Brescia.

fin février 2017
un ami de Jules Bonnot
prison de Fleury-Mérogis, quelque part dans le monde

 

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Pour lui écrire :

Damien Camélio
n° d’écrou 432888
MAH de Fleury-Mérogis (Bâtiment D5)
7, avenue des Peupliers
91705 – Sainte-Génevieve-des-Bois

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