Trognon.info / dimanche 17 mai 2026
Actuellement, se tient à Paris le procès en appel de l’affaire en anti-terro dite du 8 décembre 2020. En réponse aux actions menées à Lyon la semaine dernière, en soutien aux inculpée-es du 8/12 et contre la loi Rodwell [1], des affiches ont également été collées dans les rues de Caen pour envoyer du soutien aux camarades de l’affaire qui subissent la répression de l’appareil anti-terroriste. Les affiches spécifiques à l’affaire ont été agrémentées de quelques affiches anti-carcérales.
Alors que se généralise de plus en plus la prise d’empreinte et de photos en garde-à-vue, la prise d’ADN, la surveillance ciblée et de masse via les moyens de communication numérique, ainsi que le chef d’accusation d’«association de malfaiteurs»; avec l’affaire du 8 décembre, un cap a été franchi dans la militarisation de la répression. Des personnes ont été emprisonnées pour leur affiliations – supposées – à une idéologie dite «d’ultra-gauche» ou de mouvances internationales. L’absence d’une solidarité d’ampleur a laissé les mains libres à Darmanin pour continuer sur cette voie de l’assimilation des opposant.es politiques à des terroristes. [2]
Pour rappel, l’affaire du 8 décembre 2020 est une opération antiterroriste commanditée par le Ministère de l’Intérieur contre des militant·es désigné·es par ce dernier comme des «activistes d’ultragauche» et mis·es en examen pour «association de malfaiteurs terroristes».
La DGSI, accompagnée d’unités de polices militarisées (GAO, RAID), a procédé à l’arrestation de neufs personnes aux quatre coins de la France – que nous réunissons sous la bannière «libertaires», aux engagements politiques divers, à Toulouse, Rennes, en région parisienne, en Dordogne,..
Ces neuf personnes ne se connaissent pas toutes. Certaines ne s’étaient côtoyées qu’une fois dans leur vie (pendant le confinement). Mais toutes avaient comme point commun une personne, ciblée par la DGSI depuis son retour du Rojava en 2018 où il était engagé auprès des forces de protection kurdes.
En 2023 les 7 inculpé-es restant de l’affaire du 8/12 étaient condamné.es pour terrorisme avec des peines de prison ferme, fichage européen, interdictions de communication… 6 d’entre elleux ont fait appel de cette décision. Les audiences en appel sont censé avoir lieu tout au long de ce mois de mai à Paris (du 4 au 7 mai 2026, du 11 au 13 mai 2026, du 20 au 22 mai 2026).
Les premiers compte-rendus d’audiences sont disponibles sur le blog des Comités du 8/12 :
les dessins du procès en appel
4 mai 2026
5 mai 2026
6 mai 2026
et la suite ici
Force et soutien aux inculpé-es du 8/12!
Feu aux prisons et aux tribunaux!
Fichiers des affiches collées :
Nous sommes contre la prison
Feu aux prisons !
Qui terrorise qui ?
Solidarité avec les inculpé-es du 8/12
En prison pour de l’eau oxygénée, et vous vous en avez ?
Pour que le monde ne devienne pas une prison
Notes :
[1] « Déjà voté à l’assemblée ce 5 mai, le projet de loi Rodwell prévoit entre autres :
Que les personnes migrantes suspectées de terrorisme, qui ont déjà été condamnées pour atteinte à la personne ou tout simplement sous une raison floue de « troubles à l’ordre public » verront leur enfermement en CRA passer de 90 à 210 jours.
De conditionner le changement de prénom à l’État civil à un casier judiciaire vierge
D’obliger les personnes suspectées d’appartenir à une idéologie « terroriste » à passer un examen psychiatrique. Et que le préfet puisse prononcer une hospitalisation forcée sur cette base. » Une semaine d’action en soutien aux inculpé-es du 08/12 et contre la loi Rodwell (Rebellyon, 10/05/2026)
[2] Voir « Pourquoi ça vous concerne aussi ? » dans L’affaire du 8 décembre, c’est quoi ?


























































