Lyon : Intrusions dans des chantiers pour dénoncer l’artificialisation des sols

Rebellyon /  mardi 26 mai 2026

Intrusions dans des chantiers lyonnais pour dénoncer l’artificialisation des sols

Dans la nuit du 22 au 23 mai, des personnes ont pénétré dans 3 chantiers lyonnais pour y installer d’immenses messages dénonçant le projet inutile et imposé du doublement de la ligne ferroviaire entre Lyon et Turin et l’artificialisation incessante des terres. Cette action spectaculaire lançait une campagne nationale de luttes locales initiée par les Soulèvements de la terre « Fissurer le Béton ».

Le doublement du Lyon-Turin, grand projet initié dans les années 1980 menace 1500 hectares de terres, de plaines, de vallées et de montagnes. Son tracé de 270 kilomètres et ses 202 kilomètres de galeries pour faire passer 11 tunnels sous les massifs explique son coût exhorbitant (plusieurs dizaines de milliards d’euros) et des ravages écologiques irréversibles. Alors qu’une ligne dont la capacité serait suffisante pour reporter la majorité du fret sur le rail existe déjà, et les institutions sont unanimement contre le projet, Vinci, Eiffage, NGE et autres Vicat se font offrir des dizaines de milliards d’euros d’appels d’offre au détriment des villages et du contribuable. À Lyon aussi, Véronique Sarselli, présidente de la métropole, a promis d’offrir la ville aux promoteurs, avec notamment un tunnel hors de prix et inutile comme ceux du 2e Lyon-Turin.

La construction de cette seconde ligne Lyon-Turin nécessite l’émission de millions de tonnes de CO2 : il faudra des dizaines d’années pour espérer récupérer ce coût carbone initial. Selon un rapport de la cour des comptes européenne de 2020, cela nous amène jusqu’en 2060 (à condition que le trafic se décide enfin à exploser !) mais elle reconnaît qu’il vaudrait mieux tabler sur 2085… Les gains promis pour la planète sont donc plus qu’hypothétiques.

De grandes banderoles contre le Lyon-Turin ont ainsi été accrochées par Extinction Rebellion sur plusieurs grues de Lyon afin de visibiliser le mobilisation contre ce projet mortifère pour lancer le « Printemps des luttes locales. »

Sur la ZAD du plateau de Saclay, à Montreuil au Houlme contre un projet de carrière, à Chapareillan pour une balade naturaliste, contre le siège du grand projet Sud-Ouest de Bordeaux, au Petit Landa en Alsace contre un data center, à Blois contre la déviation routière de Contres, à Saint-Victor dans l’Allier contre l’installation d’une mine de lithium, dans les jardins populaires d’Aubervilliers, au port de la Hague, dans la Creuse contre une usnine géante de granulés de bois, à Foujou contre le plus grand projet de data center de France, à Grenoble, la Clusaz, Saint-Jean de Sixt contre le JO2030… Des dizaines d’autres mobilisations ont eu lieu un peu partout contre le béton et son monde !

Pour aller plus loin, on peut écouter deux émissions de Radio Canut sur la lutte contre le Lyon-Turin réalisées ces dernières semaines, avec notamment des interview de militant-es d’Extinction Rebellion, du Collectif contre le Lyon-Turin de Lyon et de Chambéry :
- l’émission du Canut Info du lundi 25 mai
- l’émission de Minuit Décousu « On n’arrềte pas le projet (inutile) »

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