Le Progrès / lundi 4 mai 2026
L’implantation de cette antenne relais, à quelques dizaines de mètres d’une zone d’habitation, avait fait réagir les riverains dès la fin de l’été 2024. Ils regrettaient qu’un site moins impactant pour les habitants n’ait pas été retenu par l’opérateur Orange.
C’est un randonneur qui a donné l’alerte, mercredi 29 avril dans l’après-midi. L’antenne de téléphonie mobile implantée sur le chemin blanc qui relie les Auvernes au Bois de Ban, à Lamoura au niveau du hameau du Boulu, était couchée sur toute la largeur du sentier.
Contactée, la gendarmerie s’est rendue sur place dès le lendemain matin pour effectuer un relevé d’empreintes et recueillir les premiers témoignages. [article payant]
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Mise à jour du mercredi 6 mai 2026
FranceInfo / mardi 6 mai 2026
Depuis près d’une semaine, l’antenne-relais de téléphonie mobile, située à hauteur du hameau du Boulu à Lamoura (Haut-Jura), est couchée sur le sentier qui longe la structure. Mercredi 29 avril, lors d’une sortie en pleine nature, un randonneur a eu la surprise de découvrir l’antenne au sol, sa base sectionnée.« Dès que nous l’avons su, nous avons alerté la gendarmerie qui s’est rendue sur place pour sécuriser le site », relate le maire de Lamoura, Antoine Delacroix. L’acte de vandalisme a-t-il été effectué en plein jour ou de nuit ? « Nous n’en savons pas plus », commente le maire qui était absent et en dehors de la commune au moment des faits. Certains voisins interrogés disent n’avoir rien vu et rien entendu.
L’opérateur de téléphonie mobile Orange, propriétaire de l’antenne, a déposé une plainte, comme elle le fait « automatiquement » dans ce type d’affaire. « Un acte de vandalisme de ce type-là est très rare, c’est dommage pour la population pénalisée par le retard que cela va occasionner », commente Cyprien Mateos, délégué régional d’Orange.
Une autre plainte a été déposée par la société ATC, propriétaire et gestionnaire du pylône. La gendarmerie de Saint-Claude nous confirme qu’une enquête est en cours. Certainement bien équipés, les auteurs ont réalisé leur acte de sabotage loin des regards, la première habitation se situant à un peu moins de 100 mètres de ce relais. Il s’agirait de la deuxième dégradation survenue en un mois.
Installée depuis le mois de juin 2025, au hameau du Boulu, l’antenne-relais « n’était pas encore en fonctionnement », indique Orange. Elle devait être raccordée électriquement fin juin. Au moment de sa construction et des études de faisabilité, l’implantation de cette antenne a suscité des oppositions dans cette commune de 690 habitants. Dès fin 2024, un collectif d’habitantes et d’habitants du lieu-dit Le Boulu s’était formé. Une pétition contre le choix du lieu d’installation avait recueilli 430 signataires. « Conscients que l’installation de cette antenne est nécessaire pour beaucoup et qu’il est important d’avoir une couverture correcte sur le secteur », explique le collectif qui souhaitait « le changement de site d’accueil de l’antenne ».
Parmi les deux sites étudiés, c’est celui situé le plus proche des habitations qui a été retenu, ce que déplore le collectif. En effet, le site retenu par Orange est à 75 mètres de la première habitation, 13 autres maisons sont à 300 mètres de l’antenne alors que le second site étudié était à 300 mètres de toute habitation. Le collectif avait déposé un recours au tribunal administratif de Besançon puis devant la cour d’appel de Nancy. Recours qui avaient été rejetés pour vice de forme.
Selon Orange, « la prospection a été faite de concert avec la commune en toute transparence ». L’opérateur précise que plusieurs sites ont été travaillés et analysés par leur service radio afin de répondre aux besoins. « Le site du Boulu est le meilleur emplacement pour répondre à nos obligations légales versus le second qui ne couvre pas suffisamment de logements, ne couvrant que 60 % de l’objectif », ajoute-t-il.
Le pylône sectionné devra être évacué et une nouvelle antenne sera installée « en fonction des éventuels dégâts occasionnés » indique Orange, sans préciser de date de mise en service. Une antenne coûte 120 000 euros au total. « Tout n’a pas été abîmé, le socle n’a pas été dégradé« , précise Cyprien Mateos, délégué régional d’Orange.
Cet acte de vandalisme ciblant une antenne relais de téléphonie mobile est loin d’être un cas isolé. En juillet 2020, deux hommes de 39 et 58 ans avaient été condamnés à des peines de trois et quatre ans de prison par le tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier pour avoir tenté d’incendier une antenne relais de téléphonie mobile à Foncine-le-Haut (Jura) en jetant des cocktails molotov [voir ici ; NdAtt.]. 1 500 personnes avaient été privées de portable durant une semaine. Lors de l’audience, le plus jeune des deux auteurs avait revendiqué son geste en dénonçant la nocivité de la 5G à ses yeux.
Un peu plus tôt, en mai 2020, un autre homme d’une trentaine d’années a été condamné à quatre ans de prison dont deux ans ferme par le tribunal correctionnel de Nancy pour avoir incendié des antennes situées au sommet du Mont Poupet dans le Jura [voir ici ; NdAtt.]. Il a également été condamné à payer 91.000 euros de dommages et intérêts.
























































