France Info / lundi 4 mai 2026
Lors de coupes rases ou d’éclaircies, les entreprises d’exploitation forestière sont victimes d’incivilités ou d’agressions de militants hostiles. Un phénomène qui prend de l’ampleur ces dernières années. Du simple tag au sabotage, près de 200 incidents ont été dénombrés en Nouvelle-Aquitaine depuis 2020.
Au cœur de la forêt de Vicq-sur-Breuilh (Haute-Vienne), un engin arrache et découpe les résineux malades. Le chantier va durer quatre jours, alors pour surveiller la machine quand la nuit tombe, Éric Paillot, gérant de Mecafor, prend des précautions. « Il y a trois caméras de surveillance qui sont installées sur la machine, qui surveillent les alentours sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Et elles sont connectées à un système de télésurveillance« , indique-t-il.
Afin d’équiper ses quarante véhicules, Éric Paillot a déboursé 400 000 euros. Un investissement qu’il ne regrette pas. « On a pu faire intervenir les forces de l’ordre. Ça nous a permis d’entamer des procédures contre des personnes qui avaient commis des sabotages, et ces personnes ont été condamnées« , affirme le gérant.
Ces actes de malveillance à l’encontre des entreprises forestières prennent parfois une ampleur dramatique pour leur activité. Il y a 8 ans, un incendie volontaire avait détruit en grande partie une entreprise, à Ussel.
« On est confronté à des tags, des insultes, souvent aussi des interventions sur les chantiers où les gens travaillent et c’est extrêmement dangereux. Il y a des gens qui rentrent, qui sont cagoulés. Les professionnels souvent ils hésitent à porter plainte parce qu’ils y perdent facilement une journée de travail. Et aussi ils ne veulent pas dire qu’ils ont déposé plainte parce qu’après ils ont des représailles« , décrit Michel Sarr, référent Fibois en Limousin.
Face à la recrudescence d’actes de vandalisme et d’incivilités en forêt, la filière bois en Nouvelle-Aquitaine (Fibois) a mis en place en 2021 un outil de saisie en ligne de ces événements. Depuis, 195 dégradations ont été déclarées dans les 12 départements de la région.
Afin d’endiguer le fléau, un partenariat vient d’être conclu en préfecture. Grâce à une adresse mail dédiée, la filière communiquera directement avec les gendarmes. « Connaître l’emplacement précis de tous les chantiers, ça va nous permettre d’orienter les patrouilles de gendarmerie, les différentes brigades compétentes sur le territoire, qui pourront venir s’assurer que tout se passe bien. Et à partir du moment où on va être mieux informés via cette adresse dédiée, on pourra aussi mieux agir sur le plan judiciaire« , précise Julien Gossement, colonel à la Gendarmerie de Corrèze.
Souvent le fait de militants, les actes dénoncés visent principalement les coupes rases opérées par les forestiers. 77% des incidents dénombrés dans la région ont lieu en Corrèze et en Dordogne.





















































