Vienne et Deux-Sevres : « Ni bassines, Ni poulaillers géants »

Les Soulèvements de la Terre / jeudi 8 mai 2026

A l’instar d’un certain nombre de médias, nous avons reçu ce matin un communiqué sur le débâchage de deux nouvelles bassines dans le Poitou. Une première dans la Vienne appartenant à l’entreprise Pampr’Oeuf, « gigantesque industriel de l’oeuf » (1), une seconde dans les Deux-Sèvres à Lusseray « afin de dénoncer le financement public des bassines et leur développement dans le bassin de la Boutonne » (2).

Alors que les député-es ont adopté ce matin le texte de la Loi d’Urgence Agricole dicté par la FNSEA et visant à faire passer en force les méga-bassines en court-circuitant les étapes de consultation publique, on peut dire que ce nouveau débâchage tombe à pic. Tandis que le tribunal de Poitiers croit pouvoir museler Julien Le Guet, porte-parole de Bassine Non Merci en l’assignant 6 mois à résidence dans un jugement daté de ce 6 mai, ces actions revendiquées par une « Amicale pour le Débâchage Permanent du Poitou » montrent que le mouvement anti-bassine, dans sa diversité, n’est quant à lui pas prêt de baisser les bras quand il s’agit de défendre l’eau. Notons que ce débâchage arrive aussi au lendemain d’un jugement intimant enfin au démantèlement de 5 bassines illégales et restées longtemps en activité en Charente-Maritime avant que certaines soient débâchées (3). Que ce soit par de larges mobilisations publiques, des recours juridiques ou des actions d’autodéfense directement impactantes, il semble qu’il n’est question pour personne de reculer face à la pression du lobby agro-chimique et aux agissements de ceux qui accaparent ou empoisonnent la ressource en eau.

Le texte du communiqué reçu en intégralité :

Notes :

(1) Pampr’oeuf est l’un des plus gros industriels du secteur d’oeufs de poules en France, en 2020 c’était 865 millions d’oeufs et un chiffre d’affaire de 265 millions d’euros, soit environ 15% du marché Français. Il possède 2 méga-bassines privatives destinées à irriguer 3000 ha de céréales produites industriellement pour l’alimentation des poules élevées dans des conditions ignobles dans ses usines. Une de ses bassines avait déjà été désarmée en 2022 : https://attaque.noblogs.org/…/RAPPORT-DPRE-02-03-2022.pdf

(2) Concernant la bassine débâchée à la Boutonne, dont le remplissage a dû être stoppé en urgence en 2017, voir cet article de la Nouvelle République qui en documentait les effets : https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/la-riviere-deja-a-sec-en-plein-coeur-de-l-hiver

(3) https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/apres-une-saga-judiciaire-de-vingt-ans-la-destruction-de-cinq-bassines-en-charente-maritime-est-demandee-1777996104

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Note d’Attaque : et Ici, même date, précise que « Un collectif revendique avoir, tôt ce jeudi 7 mai, dégradé deux bassines. L’une se situe entre Avon et Rouillé, sur la frontière entre les Deux-Sèvres et la Vienne. L’autre sur la commune de Lusseray, dans les Deux-Sèvres. Les gendarmes ont constaté des coups de cutter dans les bâches.

Elle revendique la dégradation de deux retenues d’eau, ce jeudi 7 mai dans les Deux-Sèvres. Dans un communiqué envoyé à ICI Poitou à 6h du matin, l’Amicale pour le débâchage permanent du Poitou explique avoir visé deux sites. Le premier est une bassine située entre Avon et Rouillé, sur la frontière entre la Vienne et les Deux-Sèvres. Il appartenait, il y a plusieurs années, à l’ancien gérant de l’entreprise d’élevage industriel de poules Pampr’œuf. La seconde se trouve sur la commune de Lusseray. Elle est propriété de la Compagnie d’aménagement de l’eau des Deux-Sèvres. Selon les gendarmes qui se sont rendus sur place, des coups de cutter ont été donnés sur les bâches de ces retenues d’eau. Des cadenas ont aussi été brisés pour rendre les sites accessibles. […] »

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