Espagne et Italie : En nous préparant pour le pire

Contra Info / samedi 9 mai 2026

En nous préparant pour le pire : une possible extradition vers l’Italie du compagnon Gabriel Pombo Da Silva

Nous rappelons qu’en décembre 2025, notre compagnon a été arrêté en vertu d’une commission rogatoire internationale (MAE, mandat d’arrêt européen, émis par l’Italie). Une détention qui a duré cinq heures, jusqu’à ce que le juge d’instruction Pedraz lui accorde la liberté provisoire avec l’obligation de pointer à un poste de police et l’interdiction de quitter le pays. Cette MAE est issue de l’une des nombreuses opérations répressives italiennes : l’opération « Scripta Manent », de 2016 [ici, un résumé de cette affaire ; NdAtt.], qui s’est terminée pour Gabriel en 2022, avec une condamnation à deux ans pour provocation aux crimes et délits. Fin novembre de l’année dernière, le tribunal de Turin a déclaré qu’il n’acceptait pas les mesures alternatives à la privation de liberté, demandées par l’avocate [de Gabriel], en raison de « l’absence d’autocritique de ses propres valeurs » (une belle métaphore pour souligner l’absence de repentir) [voir ici ; NdAtt.], ouvrant ainsi la voie à l’exécution de la peine. C’est pour cela que la MAE a été émise : le juge Pedraz a considéré ce délit comme un délit d’opinion et n’a donc pas ordonné son emprisonnement, mais a demandé certains documents aux deux parties.

Il y a quelques jours, est arrivée une ordonnance signée par ce même juge, qui, en donnant un peu raison à l’une des parties et un peu à l’autre, facilite une possible extradition de Gabriel vers l’Italie, si certaines conditions sont remplies.

Pour l’instant, cela ne nous intéresse pas de commenter les détails juridiques,même s’il est intéressant de voir comment les États utilisent leurs « vérités » labyrinthiques pour justifier la chasse aux sorcier.es. Il s’agit d’une ordonnance extrêmement contradictoire, où l’on écrit des mensonges et où les Italiens ont joué avec la psychologie de la propagande, en extrapolant des mots et des concepts de la condamnation de Gabriel pour justifier leur requête.

Cette ordonnance clôt la phase d’instruction, elle n’est pas définitive et l’avocat est en train de faire appel ; même si les extrêmes juridiques pour que Gabriel purge sa peine dans les prisons italiennes sont inexistants, il n’est pas difficile d’interpréter cette ordonnance comme l’une des nombreuses manœuvres que, depuis des années, l’État italien utilise pour continuer à collectionner ses trophées de guerre.

Dans quelques semaines, le procureur et l’avocat exposeront leurs arguments lors d’une audience devant l’Audiencia Nacional.

Nous savons depuis toujours que ce ne sont pas les raisons juridiques qui prévalent, mais plutôt la vengeance politique et personnelle. Les combattant.es dignes doivent être puni.es de manière exemplaire. C’est pourquoi il n’y a pas de surprise et nous nous préparons au pire, plus fort.es que jamais.

Des mises à jour suivront.

Gabriel et Elisa

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