Du pain sur la planche n° 5, février/mars 2017
Petit matin, en chemin pour le taf, X traverse le marché de la plaine, lorsqu’elle entend des cris. Il lui faut jouer des coudes pour se rapprocher et comprendre ce qui se passe. Une femme au milieu de plusieurs types (quatre « forains ») est bloquée dans ses mouvements par une foule immobile. Ces connards lui parlent mal, la menacent, lui lancent insultes et remarques sexistes dégueulasses. Pourtant isolée au milieu de ces chacals et de leurs complices, elle reste droite, campée sur ses positions. Juste à côté, un « ancien » se fait copieusement humilier par un autre commerçant, qui lui dit qu’il l’a déjà prévenu, qu’il veut plus le voir, que ça fait déjà plusieurs fois qu’il vole des trucs : s’il revient il lui pétera la gueule. Si celle-là est ciblée par les quatre affreux, c’est qu’elle a pris la défense du vieux voleur. Encore plus à la bourre et franchement vénère cette fois, ma pote essaye de trouver des complices pour envoyer chier les forains. En vain. Une des seules réponses qu’elle obtient est « ça fait de l’animation ». De cette anecdote qui mêle violence « de classe », sexisme et connerie ordinaire, et qui rend visible (une fois de plus) la lâcheté mesquine de la foule, il n’y a pas grand chose de joli à retirer. Si quand même: les attitudes de celle qui s’interpose face à ce qui la dégoûte et de X, qui essaye de desserrer l’étau autour d’elle, tente de lui offrir une porte de sortie. Continuer la lecture →