[Un texte d’il y a trois ans, toujours d’actualité]
Lucioles n° 15 / février 2014
Les « bavures » policières… les flics qui rackettent, insultent, tabassent, mutilent, violent, assassinent… Les serviteurs de l’État en parlent comme s’il s’agissait de faits rares et isolés, conséquences de circonstances malheureuses ou, dans le pire des cas, dus à quelques « fruits pourris ». Cela revient à dire que, dans leur ensemble, les forces de l’ordre seraient de preux chevaliers au service du bien. Et de toute façon leur travail serait indispensable pour la société… Il suffit pourtant d’ouvrir un peu les yeux pour se rendre compte que la violence est l’essence même du pouvoir. Une violence qui est souvent cachée ou considérée comme « normale », comme si exploiter, violenter, enfermer, assassiner quelqu’un pouvait être normal.
Trop souvent, face aux violences des flics, les victimes et/ou leurs proches ne condamnent que le comportement policier dans le cas précis qui les concerne. L’existence de l’institution policière et du pouvoir qu’elle sert n’est presque jamais remise en question. Machin se fait buter par les keufs ? Ses proches font des démarches légales, des marches silencieuses, étouffent leur propre colère et essaient de calmer la rage de ceux et celles qui crient vengeance. Ils dénoncent les dérives racistes, fascistes, antidémocratiques de certaines parties des forces de l’ordre. Ils font appel à la loi, cette loi qui existe précisément pour défendre la domination et l’exploitation.
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Alors que s’achève une semaine de discussions qui ont eu lieu dans toute la ville sur des sujets aussi divers que le résistance kurde, les pratiques policières ou le Mai 68 nantais, des milliers de personnes convergent à Nantes contre le meeting du FN. « 2200 dont 800 ultras » dira la police. 3000 pour les organisateurs au moment où le cortège démarre, et près du double à l’arrivée confiera un syndicaliste. Vraisemblablement autour de 5 à 6000. Les chiffres importent peu. Malgré les menaces répétées de la préfecture, le quadrillage policier du centre-ville et les articles anxiogènes dans la presse, les rues sont bondées, et le cortège est solidaire. Pari réussi. D’entrée de jeu, au point de rendez-vous avant le départ, des dizaines de policiers tentent de voler un grand char de carnaval, représentant un candidat aux cinq visages – ceux des candidats à la présidentielles – dans un bateau à la dérive. La provocation des forces de l’ordre est repoussée par l’action conjointe de jeunes en kway et de militants de la CGT. Le char restera au milieu des manifestants.
L’étincelle s’est allumée samedi vers 21 h, quand les premiers cailloux ont volé dans la nuit. L’un d’eux a touché sa cible. Une vitre d’un tramway s’est brisée au niveau de l’arrêt Allende, non loin de la place de l’Europe à Planoise. Fort heureusement, aucun personnel de Besançon Mobilités ni aucun usager n’a été blessé au cours de ce caillassage en règle. « La police était sur place et a sécurisé le site, mais des échauffourées ont ensuite éclaté. Il nous a été demandé vers 21 h 50 de stopper la circulation des tramways. On a également dévié les itinéraires de bus », précise Pierre-Edouard Dubois, directeur de Besançon Mobilités. Une plainte a évidemment été déposée. La seconde vague d’événement fut plus agitée encore. Une dizaine de policiers ont été appelés pour intervenir en marge d’un feu de container poubelle. Des détritus en flammes sur une passerelle étaient également signalés.
Quatre voitures incendiées, trois caméras de surveillance détruites. Dans la nuit de samedi à dimanche, des individus ont mis le feu à quatre voitures à Pontoise. Des incidents similaires sont également survenus à Franconville, à la Fontaine-Bertin.
Le rectorat de Paris a annoncé, jeudi 23 février dans la matinée, que 16 lycées de la capitale ont été bloqués et douze l’étaient partiellement en début de matinée, alors que le Mouvement inter-luttes indépendant (MILI) a appelé les lycéens à manifester leur soutien aux victimes des violences policières, dont Théo L., victime d’un viol présumé à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en début de mois. La veille, ce groupe d’extrême gauche avait fait état de 20 à 30 établissements potentiellement concernés. Dans l’académie de Versailles, on fait état de « tensions » dans quatre lycées : à Clichy, Asnières, Gennevilliers et Vanves. Au lycée professionnel René-Auffray de Clichy, où neuf lycéens ont été placés en garde à vue mercredi 22 février après des échauffourées avec la police, la situation était tendue ce matin, rapporte un journaliste du Monde sur place. L’académie de Créteil n’avait quant à elle « pas de remontées consolidées » ce jeudi matin mais faisait état « d’une situation calme ces derniers jours y compris dans les établissements d’Aulnay ». […]
P
Dans la nuit de vendredi à samedi, dix commerces ont été dégradés dans le centre-ville de Vannes. Il y a eu, entre autres, le Crédit Mutuel de Saint-Patern, le Crédit Agricole, place Henri-IV, le magasin Lacoste, DDP, la chambre départementale des notaires et Springfield. Le bureau de Poste de Saint-Patern a aussi été sérieusement touché. « Le distributeur automatique a été attaqué à coups de marteau sur le clavier et l’écran. Conséquence, le bureau a été fermé samedi matin. Il a rouvert lundi et le distributeur fonctionne », explique le responsable de la communication de La Poste.
Dans la nuit de samedi à dimanche, des individus ont mis le feu à quatre voitures à Pontoise. Des incidents similaires sont également survenus à Franconville, à la Fontaine-Bertin. Des voitures brûlées à Pontoise mais également à Franconville. Alors que la police a évoqué un “retour au calme” à la suite des violences qui ont frappé Argenteuil (Ndlr : dimanche 12 et mercredi 15 février), mais également, de manière plus sporadique, d’autres villes du département (Bezons, Goussainville, Garges, Gonesse…) des incidents sont survenus au cours du week-end.
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L’Office national des forêts (ONF) liste les dégâts : une vingtaine de tours en bois ont été vandalisés les derniers jours en forêt de Compiègne. Ces structures de deux mètres de haut, amovibles, sont mises en place pour les chasseurs, par le gestionnaire des massifs. Les chasseurs tirent ainsi du haut vers le bas (tir fichant). « Ils ont des armes puissantes maintenant, cela permet d’éviter les balles qui se perdent », indique un responsable de l’ONF. Les équipements visés ont été sciées, puis mises à terre. Les dégâts se chiffrent à des milliers d’euros. Le méfait a été signé. Des tags ALF ont été retrouvés (pour Animal liberation front, à savoir Front de libération des animaux). « Ou c’est peut-être des gens qui veulent mettre de l’huile sur le feu, il faut rester prudent », prévient le responsable ONF.
Un rassemblement cadenassé place de la République a été suivi d’une manif sauvage express entre Belleville et Ménilmontant. Un appel à rassemblement ce samedi place de la République avait été lancé pour empêcher SOS-Racisme de récupérer le mouvement de solidarité avec Théo qui a commencé il y a deux semaines par des nuits d’émeute à Aulnay-sous-Bois. SOS-Racisme et d’autres orgas appelaient effectivement à un rassemblement au même moment au même endroit. L’initiative autonome s’était bien entendu ébruitée suffisamment pour que la préf’ quadrille tout le quartier avec des fourgons et flics anti-émeute, la place de la République étant complètement bloquée et filtrée par les flics. De plus, le métro République était fermé, aucun des métros qui y passent ne s’y arrêtaient. Entre 15h et 16h, plusieurs prises de parole se sont enchaînées. Celle de SOS-Racisme a d’ailleurs été accueillie par des huées dans la foule, certain-e-s criant même « SOS-Racisme, complice de la police », le tout engendrant quelques frictions entre des manifestant-e-s et le SO de SOS-Racisme. Au milieu de tout ça, un bon nombre de drapeaux de partis et syndicats (LO, NPA, POID, Solidaires, CGT, FSU, …) profitent de l’occasion pour se faire voir, vu que lors des autres moments de mobilisation pour Théo ils n’étaient pas forcément les bienvenus.
L’Andra estime a chiffré les dégâts occasionnés ce week-end à l’Ecothèque par les opposants antinucléaires lors de violents affrontements. Les militants déplorent pour leur part une vingtaine de blessés. D’un côté, une vidéo de cinq minutes tournée, mise en ligne sur YouTube par les antinucléaires, et revisionnée depuis la maison de la Résistance. De l’autre, une série de photos édifiantes prises par l’Andra projetées en pleine conférence de presse. Illustration de la grande violence des affrontements ce samedi près de l’Ecothèque entre opposants et force de l’ordre. Ce lundi après-midi, c’est une confrontation à distance qui a été proposée par chaque partie. En présence du sénateur Gérard Longuet, le député Bertrand Pancher et divers élus locaux, le directeur du Centre de Meuse/Haute-Marne, David Mazoyer, a vivement regretté la tournure des événements : « Sur les 300 manifestants, près de 200 ont directement participé aux affrontements dont une cinquantaine entièrement équipés de masque à gaz et parfaitement organisés. 500 m de clôtures ont été saccagées, portail électronique HS, véhicules et baies vitrées endommagées par des lancers de pierre, façades abîmées ».




















































