Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) : Échauffourées et incendie au lycée lors de la journée de blocus [MAJ 10 mars]

Le Monde / mercredi 8 mars 2017

Les gardes à vue de 54 jeunes, dont 43 mineurs, pour la plupart lycéens, ont été prolongées de vingt-quatre heures mercredi 8 mars, après des violences urbaines dans le lycée Suger puis dans le centre de Saint-Denis mardi, a-t-on appris auprès du parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Cinquante-cinq personnes avaient été initialement placées en garde à vue mardi. Une seule a été relâchée mercredi, précise le parquet. Mardi, le lycée Suger de Saint-Denis a été le théâtre de violences avec des jets de pierre et de fumigènes et des incendies de poubelles dans l’enceinte de l’établissement.

Après l’évacuation du lycée, effectuée dans le calme [tu parles ! Lire la suite, NdAtt.], un groupe de jeunes s’est déplacé vers le centre de Saint-Denis, où des affrontements ont eu lieu avec la police, indique le parquet. Les autorités, qui privilégiaient initialement la thèse d’une manifestation qui a dégénéré, pensent désormais qu’un appel à « casser » diffusé sur les réseaux sociaux est à l’origine des violences. […] Mardi, trois autres jeunes avaient été placés en garde à vue après des incidents devant le lycée Paul-Eluard à Saint-Denis et devant le lycée Voltaire à Paris. Ces dernières semaines, des heurts ont éclaté aux abords de plusieurs lycées à Paris et en région parisienne, lors de rassemblements contre « les violences policières ».

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Le Parisien / mardi 7 mars 2017

Une cinquantaine de jeunes étaient en garde à vue, mardi, après avoir «caillassé des policiers» et incendié des poubelles à proximité d’un lycée de Saint-Denis que le proviseur venait d’évacuer après des jets de fumigènes.

Cinquante-cinq personnes (dont 44 mineurs) ont été interpellées et placées en garde à vue après des débordements qui se sont produits mardi, en fin de matinée, dans le lycée Suger de Saint-Denis et dans une moindre mesure aux lycées Paul-Eluard et Frédéric-Bartholdi. «La plupart des personnes interpellées sont scolarisées dans l’établissement», indique une source proche de l’enquête. L’établissement a dû être évacué et aucun cours n’a été assuré dans l’après-midi. […]

Ce mardi, les premiers incidents ont éclaté dans l’enceinte même du lycée Suger. Vers 11 heures, trois foyers d’incendie ont été détectés dans les toilettes du 1er et du 2e étages. De la fumée s’est propagée dans les couloirs. Un tir de mortier a retenti. Curieusement, l’alarme incendie ne s’est pas déclenchée. Les enseignants apprendront plus tard qu’elle a été volontairement désactivée «pour ne pas effrayer les élèves». A ce moment-là, dans les classes, les lycéens sont terrorisés. Une certaine confusion règne. Un enseignant muni d’un extincteur tente d’éteindre lui-même les flammes. «On a répandue de l’essence dans un escalier», ajoute avec effroi un professeur.

Au milieu de ces scènes de chaos, des ordres contradictoires sont donnés. « La direction nous demandait de faire rentrer les élèves. Tandis que des équipes mobiles de sécurité (NDLR : les EMS, dépêchées par le rectorat) ordonnaient l’évacuation des locaux », poursuit cet enseignant. Finalement, les élèves — 1 200 en temps normal  — ont été invités à sortir dans la cour. Pendant ce temps, sur le parvis du lycée, l’agitation est à son comble. Une bataille rangée entre des dizaines d’individus encapuchonnés et la police a éclaté devant l’établissement et dans les petites rues alentours. Les pavés volent, des containers renversés flambent. Les forces de l’ordre ripostent par des jets de gaz lacrymogène et des tirs de flash-ball.

La veille déjà, le lycée avait fait face à des violences. Vers 9 h 40, la salle des professeurs, située au 1er étage, avait été la cible de jets de morceaux de parpaing faisant voler en éclat le double-vitrage. «Un projectile n’est pas passé pas loin de la tête d’un collègue», indique une jeune enseignante en état de choc.

Après cette montée de fièvre aussi violente que soudaine, personne n’était en mesure de comprendre les motivations des auteurs. Des signes avant-coureurs avaient filtré via le réseau social Snapchat. Il était question d’attaquer le lycée à coups de cocktails Molotov. Le message avait circulé parmi les élèves. «Ce matin, ma salle de classe était à moitié vide», confie cette professeur.

Début d’explication : une vidéo postée sur les réseaux sociaux avec des hashtags «blocus pour Théo» ou «blocus contre la police» offrait peut-être un début d’explication. Lors de ces deux journées, les enseignants ont fait valoir leur droit de retrait. Les cours devraient devraient reprendre ce matin, sous l’étroite surveillance de la police. Mais dans le corps enseignant, le coeur n’y est pas : «On a la trouille. Je n’avais jamais vu un tel niveau d’agressivité», s’inquiète une enseignante de Suger.

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Six jeunes mis en examens

FranceInfo / jeudi 9 mars 2017

Six mineurs ont été mis en examen et deux autres ont été placés sous le statut de témoin assisté, jeudi 9 mars, dans le cadre de l’enquête sur les incidents survenus il y a deux jours au lycée Suger de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a appris franceinfo de source proche du dossier. Ils ont été entendus jeudi par un juge des enfants.

Ils sont mis en examen pour les chefs de « participation à un attroupement sans arme malgré la sommation de déguerpir » [sic!], « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique », « rébellion » ou « outrage ». Tous ne sont pas mis en examen pour les quatre chefs. Certains pour un seul, d’autres pour plusieurs. […]

 

 

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