Indymedia Nantes / dimanche 9 décembre 2018
En plein mouvement des « gilets jaunes », ces deux dernières semaines ont vu émerger des émeutes, à Paris mais pas seulement, ainsi que divers sabotages. Dès lors, un certain nombre d’anarchistes se sont posés la question de l’intervention au sein de ce mouvement, de la même manière que, depuis toujours, ils interviennent au sein des différents mouvements sociaux. Cependant, si habituellement cette intervention semble aller de soi, il ne nous semble pas anodin qu’ici cela ne soit pas autant le cas et que la question fasse débat. Comme le signe que quelque chose sonne faux.
Les « gilets jaunes » ont commencé comme un mouvement plus ou moins poujadiste se basant sur l’annulation de la hausse des taxes, la baisse des « charges » patronales, etc. Depuis, la liste des revendications s’est allongée et force est de constater qu’elles versent majoritairement dans le populisme (l’une des revendications est « que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine »). Pour un mouvement qui se dit apolitique, une bonne partie de ses revendications est plutôt très à droite.
Le mouvement est, dans ses bases, intrinsèquement réactionnaire et ce n’est pas pour rien si lors des différents blocages et, de manière encore plus manifeste, pendant les émeutes, on a pu entendre la Marseillaise, voir des drapeaux nationalistes, gaullistes, royalistes, et autres bonnets phrygiens. De même, la couleur politique de certains soutiens « célèbres » dès les premières heures (Le Pen, Dupont-aignan, Wauquiez, Dieudonné, etc.) ne nous semble pas être anodine. Si l’on pourrait être tentée de regarder les mouvements révolutionnaires et insurrectionnels du passé pour se hasarder à des comparaisons avec ce qui se passe actuellement, il ne faut pas oublier qu’entre-temps le monde a bien changé. C’est ainsi une population gavée d’idées dégueulasses et de « fake news » qui se trouve aujourd’hui dans la rue. Tout cela crée un climat où, entre autres, le nationalisme, le racisme, l’(hétérocis)sexisme et le conspirationnisme ne sont jamais très loin. Ces formes de domination peuvent aussi être présentes dans les mouvements sociaux (et même dans nos milieux), mais elles sont ici beaucoup plus présentes, et ce de manière assumée.
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