Amuré (Deux-Sèvres) : « Nous sommes la nature qui se défend »

La Nouvelle République / mardi 21 juillet 2020

La mairie d’Amuré a été taguée dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 juillet 2020, le message étant anti-bassines : des dégradations revendiquées dans un courrier retrouvé le lundi 20 juillet 2020. […]


Non aux bassines !! : ce message a été tagué, dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 juillet 2020, a priori vers 3 h du matin, sur le mur de la salle du conseil municipal d’Amuré, la porte d’entrée de la mairie et les vitres voisines étant badigeonnées avec de la peinture blanche ou une sorte de chaux, a informé le premier magistrat de la commune, Marcel Moinard, dans la matinée du lundi 20 juillet 2020. […]

Les gendarmes de la communauté de brigades de Frontenay-Rohan-Rohan se sont déplacés dès le samedi 18 juillet 2020, jour où Marcel Moinard a déposé plainte, a-t-il aussi annoncé. Le lundi 20 juillet 2020, les militaires sont revenus pour approfondir leurs investigations, eux qui ont réalisé des prélèvements afin de tenter d’identifier le ou les auteurs des dégradations.

Les forces de l’ordre ont également tenté de récupérer de l’ADN sur un document retrouvé, toujours le lundi 20 juillet 2020 par la secrétaire de mairie, dans la boîte aux lettres de l’édifice public : une lettre tapée à l’ordinateur « quelque part dans le Marais poitevin », datée du vendredi 17 juillet 2020 et signée par les autoproclamés « tritons masqué.e.s », qui ont employé le slogan des anti-bassines, « No bassaran ».

Dans la missive, titrée « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend », l’acte était revendiqué, la mairie d’Amuré étant « ciblée en tant que symbole représentant le pouvoir » et comme ville « qui accueillera la plus grande de ces bassines ». Et « les tritons masqué.e.s » y annoncent « qu’à partir d’aujourd’hui, nous abandonnons notre dogme pacifiste ».

« Le maire, remonté comme une pendule, m’a appelé dès samedi matin, indiquait Jean-Jacques Guillet, l’un des porte-parole du collectif « Bassines non merci ! ». Nous avons autre chose à faire qu’un acte aussi stupide. Et ce n’est pas notre style, nous n’avons pas pour habitude de nous attaquer à des bâtiments publics : ce serait se tirer une balle dans le pied. » […]

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Des bassines ?

extraits de la Nouvelle République / vendredi 25 mai 2018

Il est prévu de construire 19 réserves d’eau [un « protocole » approuvé en novembre 2018 les a « reduite » à 16 ; NdAtt.] le long de la Sèvre niortaise : 15 dans les Deux-Sèvres, 2 dans la Vienne, 2 en Charente-Maritime. 153 kilomètres de canalisation seraient nécessaires le long du bassin de la Sèvre niortaise, entre la Vienne et le Marais poitevin.
Pour chaque « bassine », il faudra creuser le sol, parfois jusqu’à 5 mètres de profondeur, et bâtir des digues.
Les réserves, contrairement à ce qu’on croit souvent, ne sont pas alimentées par l’eau de pluie. L’eau est prélevée dans le sol (cours d’eau, nappes), en hiver. Le projet est porté par la Coopérative de l’eau, société coopérative fondée par des agriculteurs.
Selon le projet de départ, les 19 réserves doivent servir à alimenter 230 exploitations (sur les plus de 8.000 que comptent les Deux-Sèvres).
8,6 : C’est en millions le nombre de mètres cubes d’eau que seront capables de stocker ces fameuses réserves de substitution.
Le coût global avoisine les 60 millions d’euros, dont 70% d’argent public. Le principal bailleur de fonds est l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Celle-ci a donné son accord de principe le 9 novembre 2017 pour apporter 28,354 millions d’euros. La Région Nouvelle Aquitaine, sollicitée pour financer les bassines, a fait savoir en juin dernier qu’elle n’apporterait pas l’aide réclamée, du moins dans l’immédiat.

Une bassine de stockage d’eau pour utilisation agricole

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