Turin (Italie) : Quatre compagnon.ne.s arrêté.e.s

En Corso Giulio Cesare, ce n’est qu’un début

Macerie (traduction reçue par mail) / dimanche 19 avril 2020

Le pouvoir désormais débridé de la police s’est manifesté aujourd’hui d’une manière exemplaire par une arrestation qui avait une saveur d’agression. Peu après le déjeuner, devant l’occupation de la rue Giulio Cesare 45, une douzaine de policiers ont arrêté deux hommes, avec un usage exagéré de la force et sans prêter attention aux mesures de précaution anti-contagion. La violence de l’action a été telle qu’elle a attiré l’attention des habitant.e.s du quartier qui, bien qu’enfermé.e.s chez eux/elles, ne sont pas resté.e.s silencieux.ses et beaucoup sont descendu.e.s dans la rue. Parmi elles/eux il y a aussi certains compagnon.ne.s, qui ont commencé à s’insurger contre cette brutalité, aggravée par le mépris total du risque de contagion. Ce sont précisément ceux qui imposent effectivement le confinement et qui ont la gestion complète de ce qui se passe dans les rues des villes qui représentent un danger supplémentaire pour la santé, au-delà de ce que leur rôle leur accorde normalement. De nombreux véhicules de la police et de l’armée sont arrivés en renfort et, face à un quartier qui leur était clairement hostile, ils ont commencé à faire pression sur les compagnon.ne.s, qui ont été jeté.e.s à terre, traîné.e.s au sol et emmené.e.s.

Des dizaines et des dizaines d’individus sont restés dans la rue et, avec quelques sympathisant.e.s qui sont arrivé.e.s plus tard et des centaines de résident.e.s joncé.e.s aux fenêtres, ont organisé une véritable manifestation.

Les premières déclarations de politiciens, de droite et de gauche, qui se battent depuis des années pour le titre de celui qui a lancé la répression anti-anarchiste avec le plus de tenacité, ont été faites avec une rapidité incroyable. Il semble clair qu’ils sont effrayés par des scénarios qu’ils ne peuvent même pas imaginer, car à Aurora (quartier populaire de Turin) la mesure semble être pleine et après des semaines de confinement forcé dans des appartements étroits, une vie désormais littéralement réduite à la famine, on commence à voir des signes de mécontentement sans équivoque envers l’État et ses représentants en uniforme.

Dans les quartiers populaires des villes, cela pourrait n’être qu’un début. On a en effet appris qu’un groupe de compagnon.ne.s s’est rendu de cortile en cortile à Milan, dans le quartier Ticinese en fin d’après-midi, pour raconter les événements de Turin à l’aide d’un mégaphone et que la réponse, depuis les immeubles a été une solidarité sincère et bruyante avec les compagnon.ne.s arrêté.e.s.

Il n’y a toujours pas de nouvelles de ces dernier.e.s, nous vous ferons bientôt part des mises à jour. En attendant, les journaux disent qu’ils/elles sont en état d’arrestation et que quarante personnes ont été dénoncées pour violation des règles sur le confinement.

Ce qui s’est passé aujourd’hui, comme nous le disions, ne semble être que le début et ce n’est pas une coïncidence si cela s’est produit dans les rues les plus pauvres de la ville.

Giordana, Marifra, Samu e Daniele liberi!
Liberté pour tous, liberté pour toutes !

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Mis à jour du 20 avril:
Les 4 compagnon.ne.s arrêté.e.s hier en Corso Giulio Cesare se trouvent à la prison des Vallette, accusé.e.s de coups et blessures, complicité et résistance à agent de police. Ils/elles vont tou.te.s bien et pour l’instant nous ne savons toujours pas exactement quand est programmée l’audience de validation de leurs arrestations. Pour celles/ceux qui veulent leur écrire ou leur envoyer un télégramme, voici les noms et adresses :

Daniele Altoè
Giordana Laera
Maria Francesca Giordano
Samuele Cattini

Casa Circondariale “Lorusso e Cotugno”
Via Maria Adelaide Aglietta, 35
10151 – Torino (Italie)

Liberté pour tous, liberté pour toutes !

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