Perpignan/Val-de-Marne : L’évadé de Fresnes arrêté (MAJ 7/10)

Le Parisien / vendredi 27 septembre 2019

Insaisissable quasiment jusqu’au bout. N. B., l’homme qui avait réussi en décembre dernier à s’évader de la prison de Fresnes grâce à ses talents d’acrobate, a été interpellé ce vendredi après-midi à la gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales) par une brigade anticriminalité. La veille, cet homme de 30 ans avait réussi une énième fois à se faire la belle lors d’un contrôle.

Cet homme de nationalité française de L’Haÿ-les-Roses s’était fait passer pour un sans-papiers avant de prendre la fuite. C’est donc un étranger en situation irrégulière que les policiers pensaient avoir arrêté. Une esquive de plus dans la vie de ce délinquant multicarte. Impossible en revanche pour lui de tromper qui que ce soit quand ses empreintes digitales ont affolé l’ordinateur du commissariat.
Finalement, sa cavale aura duré neuf mois. « C’est très très long neuf mois pour un type à ce point recherché, s’étonne presque un policier. Quand comme lui, on ne fait pas partie du grand banditisme et de ses réseaux, cela relève presque de l’exploit. »
N. B. était devenu, du moins dans le Val-de-Marne, l’objectif numéro 1 de la police judiciaire et de la Brigade de recherche et d’intervention. Régulièrement, les policiers recevaient des informations sur lui. On croyait l’apercevoir à Villejuif, à L’Haÿ-les-Roses… On le soupçonnait de monter sur tel ou tel braquage. Mais, l’acrobate disparaissait toujours.
Un peu comme sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes en décembre dernier. Ce jour-là, il parvient à se faire passer pour un autre prisonnier, se retrouve dans une cour qui lui était interdite en tant que détenu particulièrement surveillé, et laisse s’exprimer ensuite ses talents d’acrobate. Il ne lui faudra qu’un grappin de fortune et quelques draps tressés pour escalader les six mètres d’un mur de l’établissement pénitentiaire où il purgeait depuis 2016 une peine de huit ans ferme pour vol avec effraction et extorsion.
Une évasion de plus au palmarès de N. B. Le 16 décembre 2016, alors qu’il s’était déjà échappé du commissariat de Villejuif lors d’une garde à vue, le « passe-partout de L’Haÿ-les-Roses » était parvenu en pleine audience à se contorsionner pour se glisser entre la base du box et la vitre. « Il était vêtu d’une sorte de combinaison d’acrobate », enrageait encore un magistrat. « Il y avait une place pour passer, je suis passé », résumera sobrement N. B. après avoir été arrêté.
Il écopera de trois ans de prison en novembre 2017 pour cette évasion. Avec six mois en plus pour avoir également tenté de fausser compagnie à ses gardiens deux mois plus tôt alors qu’il descendait du fourgon dans la cour du tribunal. « L’idée qu’il soit enfermé lui était insupportable », résume un magistrat. [ça paraît incroyable, à un juge, n’est-ce pas ? NdAtt.]

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Mise à jour de lundi 7 octobre : la chance à joué contre lui

Le Parisien / mardi 1er octobre 2019

Quand il était au pied du mur, il grimpait dessus. Mais après trois évasions au compteur et neuf mois de cavale, les acrobaties de N. B. suscitaient l’intérêt de beaucoup trop de monde. En l’occurrence plusieurs services de police sur les dents. Ce lundi, ce braqueur de 30 ans, en fuite depuis le 30 décembre 2018 après avoir escaladé deux murs de la prison de Fresnes, était de nouveau en détention.
Ce jeune qui fréquentait le quartier Paul-Hochart de L’Haÿ-les-Roses a été interpellé vendredi après-midi à la gare de Perpignan. Il avait été contrôlé la veille par la police de l’air et des frontières dans un train à hauteur de la ville-préfecture des Pyrénées-Orientales. Un train en direction de Paris et en provenance d’Espagne où il faisait régulièrement des allers-retours.
« Il a présenté des faux papiers et n’avait pas de titre de transport, précise une source proche de l’enquête. Les policiers qui l’ont embarqué n’avaient aucune raison de se méfier. » Après avoir garé leur voiture, les fonctionnaires ont ouvert la portière et N. B. a piqué un sprint. Il n’était pas menotté. Ce n’est qu’après, en relevant ses empreintes digitales, qu’ils se sont rendus compte qu’il était ciblé par un mandat de recherche.
Le téléphone sonne alors au SDPJ 94, le service référent pour cet évadé. Cela fait des mois que la vie du groupe Ouest est rythmée par celle de N. B. A de nombreuses reprises, N. B. est signalé sur telle ou telle ville. Surtout, on le soupçonne évidemment de monter sur des braquages pour financer sa cavale.
Cette fois, l’information est sûre. Il faut mettre en toute urgence un dispositif en place. « Soit on mettait des barrages sur les routes mais ça en faisait beaucoup, soit on misait sur un retour à la gare de Perpignan, glisse la même source. Comme il n’était pas censé avoir des relations dans cette région, on a choisi la deuxième option. »
Quand N. B. est de retour vendredi vers 15h30 pour prendre un train pour Paris, toute la gare de Perpignan est truffée de policiers. Le braqueur, réputé violent, est interpellé sans problème.
S’il ne s’évade pas à nouveau d’ici là, N. B. doit prochainement comparaître aux assises pour extorsion, vol avec arme et recel en bande organisée. Il est pour l’heure libérable en 2026.

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