Morbihan et Pays de la Loire : Deux façons de mettre les éoliennes à l’arrêt (MAJ 7/10)

La Limouzinière (Pays de la Loire) : La nacelle incendiée

Le Courrier du Pays de Retz / vendredi 4 janvier 2019

Après l’incendie qui s’est produit dans la nacelle d’une éolienne, dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 janvier 2019, l’heure est au bilan pour la société Engie Green, qui exploite trois des six machines situées au parc éolien de La Limouzinière. « On peut d’ores et déjà dire que les dégâts s’élèvent à plusieurs centaines de milliers d’euros », estime Damien Piana, directeur général adjoint, responsable des opérations, à Engie Green.
La nacelle, située à 80 mètres du sol, n’est pas le seul élément touché : les pales de l’éolienne ainsi que la partie située juste sous la nacelle ont subi l’assaut des flammes. […]

Le feu a pris vers minuit, pour des raisons encore obscures. L’éolienne, d’une puissance de 2 MW, avait justement subi une opération de maintenance le 31 décembre dernier. « Il faudra plusieurs semaines pour savoir ce qui s’est passé. On n’écarte aucune d’hypothèse. » […]
Les techniciens de l’entreprise se sont déplacés aussitôt l’alerte donnée, la nuit même, les diverses éoliennes faisant l’objet d’une surveillance continue à distance. Engie Green exploite 750 éoliennes en France. Un centre de supervision, basé à Châlons-en-Champagne, assure la sécurité, 24 h sur 24 et tous les jours. « Il reçoit toutes les données et toutes les alarmes. » Mais ce sont des riverains qui ont d’abord prévenu les sapeurs-pompiers.
Il faudra plusieurs semaines, voire même plusieurs mois, avant que la machine ne soit réparée. […] « Les deux autres éoliennes ont été mises à l’arrêt le temps des observations et des vérifications, par précaution, précise encore Damien Piana. Elles seront remises en service dès que possible. »
Depuis 2003, selon la base de données Aria, de l’État, il n’y a eu jusqu’ici que 18 cas d’incendies sur plus de 10 000 éoliennes installées à ce jour en France. Pour diverses raisons : malveillance, problèmes électriques, impacts de foudre…

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Forges de Lanouée (Morbihan) : Le transformateur du parc éolien brûle

Ouest-France / vendredi 4 janvier 2019

Les sapeurs-pompiers de Josselin ont été alertés, dans la nuit du 3 au 4 janvier 2019 vers 1 h pour un incendie dans un transformateur 20 000 volts appartenant à la société Steag New énergie* et situé dans le champ des éoliennes de Lanouée (Morbihan).
La porte du local a été fracturée et un incendie suspect [!] s’est déclaré à l’intérieur provoquant des dégâts. Ce jeudi matin, on constate qu’une importante fumée noire s’est dégagée du local et a noirci les murs. Les sapeurs-pompiers de Josselin sont intervenus pour tenter de contenir l’incendie. Les éoliennes sont à l’arrêt total. […]

* NdAtt. : Filiale de l’entreprise allemande STEAG GmbH, « spécialisée dans les solutions énergétiques décentralisées sur mesure, basées sur des concepts efficaces et durables. », la gauche du capital énergivore, quoi !

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Mise à jour du 7 octobre : Ça balance dans tous les sens… dommage, parce que la modalité de l’acte a été très efficace

Ouest-France / jeudi 19 septembre 2019

C’est un « renseignement anonyme » qui a mis les gendarmes sur leur piste. Six hommes et une femme, âgés de 24 à 39 ans, étaient convoqués, ce jeudi 19 septembre, devant le tribunal correctionnel de Vannes, pour avoir incendié le transformateur d’un parc éolien, à Lanouée, près de Ploërmel.
Les faits remontent à la nuit du 3 au 4 janvier 2019. Dans la soirée, la petite bande, qui s’est connue sur les ronds points des Gilets jaunes, se retrouve dans une ferme où chacun laisse son téléphone portable pour ne pas être localisé. Le groupe se rend alors en voiture, jusqu’aux éoliennes, au lieu-dit Rouvray. Dans leurs coffres, un pied-de-biche, des pneus usagés et de la paille.
Tous les prévenus – sauf un (pourtant mis en cause par les autres) – ont reconnu leur présence sur les lieux. Tous disent regretter un acte « pas fin », parlent d’une « belle connerie » et assurent, devant le tribunal, n’avoir pas prévu mettre le feu au transformateur. « On voulait juste couper le courant », assure l’un d’eux. Quant au pneu, qui a été incendié, il était destiné à « bloquer la porte, pour empêcher l’accès ».
La seule fille du groupe, dont chacun reconnaît qu’elle n’a pas pris part à la destruction, indique être allée sur place pour tenter de « dissuader le groupe de faire une connerie ». Sans succès.
« Ce n’est pas un simple transformateur électrique qui a été incendié ce soir-là, souligne l’avocat de Steag New énergie, la société qui exploite les éoliennes. C’est le poste de livraison, le cœur du parc, le nœud de raccordement de toutes les éoliennes. » Et le préjudice est « extrêmement important » : plus de 575 000 €, comprenant le matériel détruit et la perte d’exploitation.
Pour la procureure, Magali Pauthier, « le projet était tout à fait échafaudé. D es repérages avaient été faits la veille. » Dans leurs déclarations devant les enquêteurs, rappelle-t-elle, les prévenus avaient indiqué avoir « eu l’idée de brûler alors qu’(ils) étaient tous à la ferme. Il était même question de faire une autre éolienne derrière. » Elle requiert une peine d’un an de prison dont huit mois avec sursis.
Une peine très importante, pour les différents avocats des prévenus, d’autant que la plupart des prévenus sont « inconnus de la justice », que le feu n’a « mis en danger aucune personne ». L’un d’eux, qui défend trois jeunes frères, des « braves gars qui rendent service dans leur commune », ne voudrait pas que ce procès soit l’occasion d’« écraser une espèce de jacquerie, réelle ou supposée ».
Après délibéré, le tribunal condamne les sept prévenus à la même peine : six mois de prison avec sursis. L’aspect financier des dégâts sera évoqué lors d’une prochaine audience.

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