Sur la ZAD : Manif et quelques affrontements – et les gens sont toujours là

Manifestation dimanche 15 avril

Environs 15000 personnes sont allées sur la ZAD pour une manifestation solidaire, dimanche 15 avril. En fin de matinée il y a eu des affrontements avec les gendarmes, puis la situation s’est calmée. Des centaines de solidaires ont transporté une grosse charpente en bois jusqu’au Gourbi, détruit la semaine dernière. Un joli doigt d’honneur au gouvernement et ses larbins en armes…  La flicaille est à nouveau intervenue lundi matin, détruisant la charpente et dégageant les barricades, sans cesse redressées. Le gouvernement craint le fait que le nombre de gens sur place augmente de plus en plus. L’expulsion de la ZAD est loin d’être chose faite, bien au contraire.

A noter que des témoignages sur place font état d’utilisation de la part des gendarmes de gaz de couleur orange, qui serait des gaz incapacitants (voir plus bas, le bilan de l’équipe Médic).

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Affrontements en fin de matinée, puis manif tranquille

AFP / dimanche 15 avril 2018

Des affrontements ont éclaté en fin de matinée dimanche sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes où doit se tenir à midi un rassemblement de soutien aux occupants expulsés dans la semaine par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP.
D’importants barrages routiers de gendarmes étaient installés sur les principales voies d’accès et l’entrée n’était possible qu’après une fouille des sacs.
Une portion de la D81, où une opération de gendarmerie est en cours pour enlever des barricades installées samedi par les zadistes, est aussi interdite, obligeant les manifestants à emprunter des voies détournées pour se rendre sur le site du rassemblement, au chemin de Suez, au sud-ouest de la route.
Non loin du lieu de rassemblement, au croisement du chemin de Suez et de la D81, les gendarmes ont repoussé peu après 11h00 des manifestants « hostiles, voire très hostiles qui harcèlent les forces de l’ordre » et tentent de passer vers l’ouest en direction des squats détruits en début de semaine, selon la gendarmerie.
Aux jets de pierre et de bouteilles en verre des manifestants, les gendarmes répliquaient avec des tirs de lacrymogènes, a constaté une journaliste de l’AFP.
Si la coordination des opposants appelait à un rassemblement pacifiste aux soutiens aux expulsés, des zadistes avaient, eux, lancé un appel à venir reconstruire les squats détruits.
Pendant ce temps les soutiens aux expulsés, équipés de vêtements de pluie et de bottes, affluaient vers le lieu de la manifestation, a constaté l’AFP. […]

 

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La ZAD reste, les zadistes se multiplient !

extrait de Europe1 / lundi 16 avril 2018

Lundi 16 avril, matin

L’immense charpente avait été installée dans la nuit, portée à travers champs par une centaine de zadistes. Lundi matin, les gendarmes ont évacué les occupants installés au sommet de la structure de bois, surmontée d’un doigt d’honneur sculpté, avant de procéder à son découpage méthodique à la tronçonneuse. Ce genre de scène devient habituelle à Notre-Dame-des-Landes, une semaine après le début des opérations d’évacuation de la Zad (zone d’aménagement différée, devenue zone à défendre). Officiellement achevé, le temps des expulsions a laissé place à celui du maintien de l’ordre. Mais face aux CRS, les militants sont chaque jour plus nombreux, faisant craindre un enlisement.

[…] Après les évacuations méthodiques des premiers jours – une trentaine de squats détruits -, la préfète Nicole Klein a annoncé que l’objectif des autorités était atteint, jeudi. Mais quid des expulsions ? La préfecture reconnaît « ne pas savoir » où se trouvent les occupants des lieux de vie rasés. Le service relations médias de la Zad affirme de son côté que le nombre de personnes présentes sur le site ne cesse d’augmenter, suggérant que les destructions n’ont pas suffi à chasser les zadistes.

Ce statu quo fait craindre que la progression rapide des forces de l’ordre, en début de semaine dernière, n’ait pas durablement « réglé » la question des occupants illégaux de la zone qui devait accueillir le projet d’aéroport. La semaine dernière, les 2.500 gendarmes sur place avaient encerclé la Zad avant le début des opérations, afin d’empêcher des soutiens extérieurs de venir soutenir les occupants pour compliquer les expulsions. Efficace dans un premier temps, le dispositif ne semble plus l’être : lundi matin, ce ne sont plus 250 mais 750 personnes qui étaient installées à Notre-Dame-des-Landes. La fameuse D281, ancienne « route des chicanes », entièrement dégagée en milieu de semaine dernière, doit à nouveau être déblayée par les gendarmes chaque matin. […]

L’exécutif garde en mémoire le souvenir de l’opération César, avortée à Notre-Dame-des-Landes en 2012 après un « enlisement » des troupes de gendarmerie face à des zadistes toujours plus nombreux. « Il y a une phase de négociation pour traiter les projets dignes, les projets respectueux, les projets alternatifs dans le cadre républicain, mais pour le reste, l’ordre sera fait parce que notre République a besoin d’ordre et d’égalité », a déclaré Emmanuel Macron, dimanche soir. Un délai supplémentaire a donc été accordé aux zadistes, y compris expulsés : tous ont jusqu’au 23 avril pour amorcer un « processus de régularisation » en déposant en préfecture leur dossier de projet agricole. […]

Dimanche 15 avril

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Bilan médic des dernières 48 heures

zad.nadir.org / samedi 14 avril 2018

Depuis le début de la semaine, au moins 148 personnes ont été prises en charges par le groupe médic’ (ce bilan n’est pas exhaustif). Au cours des dernières 48 heures, le groupe médic soigne et prend en charge en continu des personnes blessées pendant les assaults policiers et nous a livré ce bilan (là encore non exhaustif) :

23 personnes ont subi des éclats multiples éclats de grenades sur le corps (visage, nuque, torse, jambe, pieds, mains, doigts…) parfois enfoncés de 3 cm dans la chair. Une même personne peut avoir reçu une quinzaine d’éclats. Certaines personnes présentent des signes d’infections suite à ces blessures

8 personnes avec des hématomes des membres avec des phénomènes de compression dangereux liés à l’utilisation des Lanceurs de balles défensives

3 personnes avec des atteintes neurologiques (vertiges, céphalées, confusion…) suite aux explosions de grenades.

1 personne atteinte à l’oeil par un éclat de grenade, 3 autres souffrent de baisses d’audition sévères liées à des explosions de grenades

Sur les postes de soin et lors des déplacements de l’équipe médic’ sur les lieux de charge, il a été constaté l’utilisation d’armes au potentiel létal :
- tirs tendus de grenades diverses
- utilisation de grenades avec des charges explosives massives au contact à hauteur d’homme
- utilisation massive et continue au niveau d’habitations de gaz à haute concentration toxique : brûlures, nausées, Etc
- plusieurs témoignages d’utilisation de gaz incapacitants (deshydratation immédiate, diarrhée, vomissements, confusion, possible abattement…)

Conclusion : La police assassine, cela nous le savons déjà. Des policiers sont hospitalisés suite à l’explosion d’armes qu’ils nous envoient consciemment dessus et en continu depuis plusieurs jours.

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Huit personnes interpellées à Nantes samedi sont passées devant le juge lundi

Le Parisien / lundi 6 avril 2018

Parmi les douze manifestants pro-zadistes placés samedi en garde à vue, huit ont été déférés ce lundi en vue d’un jugement, souhaité rapide pour certains. Les six adultes impliqués dans les affrontements avec les forces de l’ordre, intervenus lors d’une manifestation de soutien à la Zad de Notre-Dame-des-Landes à Nantes, seront en effet jugés en comparution immédiate dans l’après-midi. Les deux mineurs seront, eux, présentés à un juge pour enfants.

Trois autres manifestants ont été remis en liberté après avoir reçu une convocation à comparaître ultérieurement. Un dernier a été maintenu en garde à vue.

Par ailleurs, une enquête de flagrance pour violences aggravées a été confiée à la section de recherches d’Angers. Elle doit faire la lumière sur un jet d’engin explosif contenant des billes d’acier et qui a blessé trois gendarmes dimanche matin, lors de heurts en marge du rassemblement pacifique organisé par la coordination des opposants directement sur la Zad. L’un des militaires, polycriblé aux jambes et aux mains, a été évacué vers le centre hospitalier de Nantes où il devait être opéré lundi.

En parallèle, les gendarmes continuaient ce lundi à dégager les routes de la Zad après de nouvelles barricades remontées dans la nuit, au 8e jour des opérations. Selon une source proche du dossier, la nuit a été plutôt calme.

Mais après le passage des gendarmes pour dégager la route, les zadistes remontaient à nouveau leurs barricades sur la D81 en fin de matinée, tandis qu’un hélicoptère de gendarmerie survolait toujours la zone. Des tirs de grenade ont encore résonné, notamment au « Gourbi », un lieu de vie emblématique de la Zad détruit la semaine dernière, où les zadistes ont acheminé dimanche une charpente en bois qui a finalement été détruite ce lundi par les forces de l’ordre.

Comme Emmanuel Macron, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a dénoncé sur Radio Classique des « professionnels de la confrontation » venus renforcer les opposants à l’évacuation de la Zad, affirmant que certains participaient également aux blocages d’universités.

Il a réfuté tout « échec » huit jours après le lancement des opérations d’expulsion, émaillées d’affrontements. Les gendarmes ont « démoli » 35 « cabanes » sur les 36 prévues, a-t-il précisé. Et d’insister : « Nous rétablissons chaque jour l’ordre républicain parce que la force doit rester à la loi. »

La veille, dans son grand entretien sur BFM TV, Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé que la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, avait tendu la main aux zadistes, y compris les expulsés, en les invitant à déclarer leurs projets agricoles d’ici le 23 avril pour amorcer un « processus de régularisation ».

 

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