Prison de Brest : Condamné pour ne pas s’être laissé faire

extrait de Ouest-France / samedi 24 mars 2018

Hier, le tribunal a condamné un homme à 15 mois de prison ferme après l’agression de trois surveillants pénitentiaires à la maison d’arrêt de Brest. Il était en situation de récidive légale. […]

« Si on devait résumer l’affaire simplement, ce monsieur ne supporte pas de recevoir des ordres, fustige la procureur. Il pense, à tort, être au même niveau que les personnes dépositaires de l’autorité. »
[…] Le 26 février, alors qu’il finit de purger une peine à la maison d’arrêt de Brest, le jeune homme questionne abruptement son surveillant concernant son argent. Alors occupé, celui-ci lui répond qu’il ne peut accéder à sa demande dans l’immédiat.« Une réponse qui vous a apparemment mis en colère puisque vous avez, dans un premier temps, bloqué la porte de votre cellule avec votre pied, avant d’être repoussé par l’agent pénitentiaire, raconte la juge. Pas suffisant pour vous calmer. Il vous a entendu crier, je cite : « À la gamelle, je vous saute dessus et je vous plante ». »
Menace mise à exécution quelques minutes plus tard, alors que le surveillant rentre dans la cellule avec deux de ses collègues. Le détenu est alors armé d’un balai cassé en deux et taillé en forme de pointe. Heureusement, il sera maîtrisé, non sans avoir préalablement donné un coup de genou au visage de l’un d’entre eux. Résultat : 6 jours d’ITT.L’avocate de la partie civile ne mâche pas ses mots et parle de « faits graves, intolérables qui remettent en cause la sécurité au sein même de l’établissement pénitentiaire ». À la vue des antécédents du prévenu, transféré d’urgence de Lorient après une altercation avec un surveillant, elle demande une peine exemplaire et des dommages et intérêts d’un total de 4 300 € pour ses trois clients. La procureure, elle, requiert, deux ans de prison ferme, nécessaires pour « faire passer un message à l’ensemble de la population carcérale ».
Malgré les efforts de son avocate, Annabelle Dannequin, qui a souligné « l’absence d’éléments probatoires sur de réelles conséquences psychologiques pour les victimes », l’homme est reconnu coupable. Il est condamné à quinze mois de prison et 2 300 € au titre d’indemnisation du préjudice moral.

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