Paris : Une GAV pour… quoi exactement ?

reçu par mail / lundi 25 septembre 2017

Jeudi 20 septembre on était parmi celles et ceux venus en soutien, lors du procès contre les 9 personnes inculpées de l’incendie de la bagnole de flic du Quai Valmy. Après avoir glandé un bon moment dans la salle des pas perdus, alors que dans les salles à côté se déroule le triste spectacle de la Sainte Inquisition Républicaine, nous allons vers la sortie du Palais. Nous sommes quatre quand les gendarmes nous interpellent. Deux compagnon-nes sont relâchées après un rapide contrôle d’identité tandis que les gendarmes contactent le commissariat afin que les bacqueux viennent en
renfort pour nous embarquer. Direction le poste de police des Halles, où des flics blasés cherchent, avec difficulté, à nous coller une accusation quelconque, sous la visible pression d’une Proc’ qui n’en revient pas que l’on puisse coller des autocollants dans cette forteresse étatique qu’est le Palais de Justice de la capitale .


Alors, nous accuser de dégradations pour des autocollants (auxquels s’ajoutent des tags au marqueur quand il trouvent des poscas dans un des deux sacs) c’est un peu ridicule, même si l’un de nous aurait été filmé en train de le faire. Du coup tout se joue sur le contenu du (joli!) autocollant en question : puisque on y voit une bagnole de flic en flamme (avec le slogan « larbin de l’état ça va chauffer pour toi » ) . Voilà l’incitation à crimes et délits, dans le cas précis : incitation au meurtre.

Bon, la nuit dans la geôle passée tranquillement, le matin du jeudi nous sommes transférés dans un autre poste de police, où des OPJ zélés nous ferons l’audition tant demandée par la Proc’. Et on s’est bien fendu la gueule en découvrant qu’il s’agit du fameux poste de police de la rue des Bon Enfants (oui ! Celui d’Emile Henry ! Des flics y sont encore : faut refaire le boulot…).

Donc, quelques menaces de prolongation de la GAV pour l’un de nous à cause du refus de donner ses empreintes, puis de tout les deux, suite à une perquisition ratée (les flics ne se sont pas épargnés une longue course en trombe jusqu’à la banlieue nord, pour découvrir à l’arrivée, devant une porte fermée… qu’ils avaient la mauvaise clef ! Probablement la recherche d’autocollant ne justifie pas le fait de la défoncer, surtout à main nues… et surtout si elle a l’air costaud)… Mais la prolongation de la GAV n’arrive pas et, plus soulagés que nous, ils nous foutent dehors après 24 heures.

La proc ordonne la saisie de deux Poscas et du téléphone d’un des compagnons (pour faire chier, quoi). Nous pouvons regagner fissa le TGI, juste à temps pour soutenir le compagnon Krem qui était interrogé à ce moment là, et qui nous a foutu la pêche, avec une attitude insoumise et cohérente .

Nous sommes dans l’attente d’une très hypothétique convocation pour une improbable procédure judiciaire pour… quoi au juste ?

Quelques petites remarques sur une GAV assez anodine :
• l’accusation : la Proc semble chercher tout prétexte pour faire chier, même les plus improbables .
• Nous retenons une chose : à l’instar des accusations régulières constatés ces derniers mois, quand la justice ne trouve aucun fait tangible à reprocher, elle engage des poursuites relatives au contenu (à savoir les écrits et messages partagés et diffusés par des tracts, brochures, stickers, affiches, publications virtuelles, ect… ).
• Oui, on peut toujours refuser de donner ses empreintes – et c’est une bonne habitude. Les menaces des flics en mode « comme-ça ta garde à vue sera reconduite » valent pour ce qu’ils sont : des mots. Et même dans le cas ou la GAV serait prolongé, 24h pour éviter d’avoir ses empreintes/adn fichés, ça vaut le coup !
• Oui, même une perquise peut foirer ! Ne jamais perdre la pêche, ne jamais se laisser faire !

…et bien sûr : ne rien déclarer est toujours un bon choix.

Merci beaucoup aux personnes qui, dans la cour du palais de Justice, ont essayé de bloquer la voiture de la BAC qui nous amenait, en s’interposant.

On est sorti encore plus vénères et déter.
Nous pensons, tout simplement, que face à la répression, c’est important (même si parfois ça peut paraître difficile) de ne pas faire de pas en arrière, mais bien des pas en avant !

Solidarité avec Kara et Krem
Liberté pour tou.te.s

Vive l’anarchie !

Les deux gros relous

 

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