Toulouse : 350 caméras d’ici fin 2017 (et petits rabs sécuritaires de la municipalité)

La Dépêche / Lundi 14 août 2017

L’implantation de 350 caméras de videosurveillance dans les rues de Toulouse d’ici fin 2017, promesse de campagne du candidat Moudenc en 2014, va devenir réalité. En trois ans, elles ont été multipliées par dix-sept.

Toulousains, vous êtes filmés. Du Capitole à la Terrasse, de Montaudran à la Reynerie, les caméras de videosurveillance se sont multipliées, en trois ans, dans les rues de Toulouse. Aujourd’hui, selon le dernier décompte communiqué par la mairie, 316 exactement sont en fonction. Et 35 autres en cours d’installation. Si bien que l’objectif de 350 caméras est en passe d’être atteint prochainement, cet automne ou à la fin de l’année au plus tard, annonce le Capitole.

Politiquement, c’est une étape importante pour Jean-Luc Moudenc, le maire LR, qui avait fait de la sécurité un des axes forts de sa campagne des municipales de 2014. La promesse va être tenue dans les temps. Quelques mois après son accession au Capitole, dès septembre 2014, le maire avait fait voter le programme d’implantation des caméras, 350 pour un coût de 7 M€. Et le premier de ces appareils est apparu en décembre 2014 place Arnaud-Bernard.

Sur le coût du dispositif, le maire n’a cessé de rappeler que la videoprotection, soutenue par l’État, bénéficait de subventions, 44% pour l’année 2015, soit 775 000 € auxquels s’ajoutent 195 000 € de l’Europe.

En mars 2014, Toulouse comptait 21 caméras. Pierre Cohen, le précédent maire (PS), en avait implanté six et fait retirer deux. S’il se défendait d’une approche dogmatique, le compteur était resté bloqué. En trois ans, ce chiffre a donc été multiplié par dix-sept. La mairie, explique la nouvelle équipe, souhaitait s’aligner sur la situation de Lyon et Montpellier.

Au fil des ans, le débat qui faisait rage entre tenants et opposants de la vidéosurveillance s’est finalement estompé. «Ce débat est obsolète», jugeait Jean-Luc Moudenc en 2015. Son adjoint en charge de la sécurité et de la prévention, Olivier Arsac, observe même que, au sein de l’opposition, certains élus partageaient l’objectif.

Pour autant, le débat sur l’insécurité à Toulouse resurgira immanquablement. Car si la municipalité se donne des moyens, quels seront les résultats sur ce front sensible qui dépend de plusieurs autres facteurs, à commencer par les effectifs de la police nationale? «Ce ne sera que dans les deux dernières années du mandat que les effets se feront sentir sur la voie publique», pronostiquait Olivier Arsac en début d’année. Doublement des policiers municipaux, refonte d’Allo Toulouse, brigade d’intervention rapide, tour de vis sur les bars… l’ensemble des dispositifs voulus par la municipalité auront alors eu le temps, théoriquement, de porter leurs fruits.

Trente-cinq agents sont affectés au sein du Centre d’information et de commandement de la police municipale, à Saint-Cyprien, à la visualisation des images des 27 écrans disposés sur un mur de 20 m2 et à la gestion des bornes. Le développement des caméras va de pair avec celui de la technologie. Toulouse expérimente des logiciels qui déclencheront des alertes pour certaines situations : une voiture stationnée dans une zone sensible, un groupe qui se met à courir… Une première innovation a vu le jour en début d’année : la videoverbalisation. Dans l’hyper-centre, les agents peuvent verbaliser, via les caméras, les véhicules en stationnement interdit ou gênant. Quelque 400 PV sont ainsi dressés par mois. Le système a connu un couac : un arrêt de deux mois car toutes les caméras n’étaient pas habilitées. Autre innovation : les caméras thermiques en bord de Garonne pour détecter les chutes dans l’eau.


Le chiffre : 385

réquisitions > Plébiscitées par la police nationale. Ce n’est pas une surprise, les caméras de videosurveillance dans les rues de Toulouse, depuis toujours réclamées par la police nationale, sont prisées des enquêteurs. Les réquisitions d’images vidéo dans le cadre d’enquêtes de police sont passées de 73 à 385 depuis le début de l’implantation du réseau, fin décembre 2014, annonçait le Capitole en janvier dernier. En 2016, le PC vidéo a saisi 2 257 fois la police après avoir repéré un comportement suspect sur la voie publique. Des personnes, victimes de problèmes de santé, ont également été secourues.

 

 

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