État d’urgence : le changement c’est pas maintenant

Le Parisien / mercredi 24 mai 2017

Emmanuel Macron va demander au Parlement la prolongation de l’état d’urgence, qui devait arriver à échéance le 15 juillet jusqu’au 1er novembre et veut une nouvelle loi pour lutter contre la «menace terroriste». […] Le communiqué de l’Elysée ajoute qu’Emmanuel Macron «a demandé au Gouvernement de proposer des mesures de renforcement de la sécurité face à la menace terroriste hors d’état d’urgence afin qu’un texte législatif soit préparé dans les prochaines semaines».
A l’issue du Conseil des ministres, le Premier ministre a lié la sortie de l’état d’urgence à l’adoption de ce nouveau texte anti-terroriste, qui comprendra des mesures liées aux spectacles et aux stades sportifs après l’attentat contre un concert à Manchester. «Cette prorogation sera limitée au temps nécessaire à l’examen d’un projet de loi qui inscrira dans le droit commun les dernières mesures de renforcement de l’arsenal existant, notamment pour assurer de manière durable, par des mesures administratives appropriées, la sécurisation des grands évènements culturels, récréatifs ou sportifs», a affirmé Edouard Philippe, flanqué de plusieurs ministres.
Le Premier ministre a également annoncé que le plan Vigipirate, récemment réorganisé en trois niveaux de vigilance, «restera(it) valable jusqu’au 22 juin» et ferait l’objet «des adaptations nécessaires à la période estivale». Le rétablissement des contrôles aux frontières annoncé par François Hollande après l’attentat du Bataclan «demeure pleinement justifié et restera opérationnel», a-t-il également indiqué.
Lors du conseil de Défense, a également indiqué l’Elysée ce mercredi matin, Emmanuel Macron «a donné des instructions pour la mise en place du centre de coordination des services engagés dans la lutte contre le terrorisme, dont l’organisation sera arrêtée, sous son autorité, par le Conseil de défense et de sécurité d’ici au 7 juin.» La création de ce service était l’un des engagements du candidat Macron lors de sa campagne électorale. «Elle aura vocation à renforcer cette coordination, indispensable à l’efficacité des services», a détaillé Edouard Philippe.

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Une task-force, pour « lutter contre le terrorisme »

Le Parisien / mercredi 24 mai 2017

La «task force» antiterroriste rattachée à l’Elysée, à laquelle Emmanuel Macron avait fait référence encore mardi, comprendra «50 à 60 personnes» pour que «des décisions puissent être prises dans la demi-heure». C’est ce qu’a annoncé mercredi Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement.
Lors d’un conseil de défense mercredi, au surlendemain de l’attentat de Manchester, le président a décidé que l’organisation de ce nouveau centre de coordination antiterroriste, qu’il avait évoqué durant sa campagne, sera fixée «d’ici le 7 juin», a annoncé l’Elysée. Depuis 2008 le Conseil national du renseignement est déjà rattaché à l’Elysée, mais son coordinnateur «n’a pas la puissance qu’aura demain le responsable de la task force», a précisé Christophe Castaner. Ce poste est occupé depuis août 2016 par le préfet Yann Jounot. Le site de «L’Essor de la gendarmerie nationale» s’interroge sur la future cohabitation entre cette force opérationnelle et ce coordonnateur.
Pour étayer ses propos, Christophe Castaner a cité comme exemple le «manque de renseignement territorial» qu’a entraîné la centralisation du renseignement, alors que par exemple «l’Education nationale peut-être une source de renseignement sur la radicalisation». Les personnes affectées à la «task force collecteront jour et nuit toutes les informations avec un accès direct aux plus hauts responsables.»
Selon le «Figaro», cet «état-major permanent des opérations de sécurité intérieure, de renseignement et de lutte contre le terrorisme doit associer les ministères de l’Intérieur et de la Défense avec une participation de ceux des Transports et de la Santé notamment.» Sans doute faut-il ajouter celui de l’Education nationale.
Mercredi, Emmanuel Macron a par ailleurs demandé au Parlement de prolonger jusqu’au 1er novembre l’état d’urgence, qui devait se terminer le 15 juillet. Il veut profiter de ce délai pour faire voter une loi qui rendra pérennes certaines mesures exceptionnelles de l’état d’urgence, qui demeureront donc en place même une fois l’état d’urgence levé.

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