Paris : Vengeance pour Shaoyo Liu ! [MAJ samedi 1er avril]

Le Parisien / Mardi 28 mars 2017

Des heurts ont éclaté lundi en fin de soirée dans le XIXe arrondissement de Paris, en marge du rassemblement d’environ 150 personnes en hommage à Shaoyo Liu, décédé la veille. […] La manifestation a dégénéré lorsque des individus ont brisé la vitre d’une voiture de police. L’arrière du véhicule a entièrement brûlé à cause «vraisemblablement d’un objet incendiaire», selon une source policière.

Policiers et manifestants se sont ensuite fait face. Plusieurs affrontements ont éclaté, comme le montrent des photos et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. La situation s’est calmée peu avant minuit. Trois policiers de la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI 75) ont été «blessés légèrement par des jets de projectiles», ajoute la source policière, tandis que 35 manifestants ont été interpellés. Vingt-six personnes ont été arrêtées pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, trois pour violences sur agent de la force publique et dégradation d’un véhicule de police par engin incendiaire et six pour jets de projectiles, a rapporté la PP.

Selon les forces de l’ordre, les policiers de la BAC envoyés au domicile de la victime dimanche soir l’auraient abattu après qu’elle a attaqué l’un des fonctionnaires avec une paire de ciseaux. Interrogée par «Le Parisien», une des filles de la victime conteste cette version et nie toute agression. L’avocat de la famille estime que «tout s’oriente vers une bavure policière».

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Encore des échauffourées, mercredi soir devant l’Hôtel de Ville

Le Parisien / jeudi 30 mars 2017

Ce qui devait être un rassemblement pacifique, après l’appel au calme lancé par la famille de Shaoyo Liu, s’est de nouveau soldé par des heurts dans la nuit de mercredi à jeudi, devant l’Hôtel de Ville de Paris, rapporte France Bleu Paris. Il n’y a eu aucune interpellation, ajoute une source policière, précisant que deux manifestants ont été légèrement blessés ainsi que six CRS.
Selon la radio, on a pu entendre des cris «Police assassins!», «injustice, injustice», des slogans lancés par une partie des quelque 200 personnes rassemblées en plein coeur de la capitale. D’autres manifestants avaient allumé des centaines de bougies en hommage à ce père de famille tué dimanche par un policier. Mais très rapidement, pour la troisième soirée consécutive, la situation a dégénéré entre les manifestants et les policiers, entraînant de nombreux heurts. Du mobilier urbain a également été dégradé et plusieurs poubelles incendiées.

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« Appel au calme » Et Liu Shaoyo, il appelle à quoi ?

Paris-Luttes / jeudi 30 mars 2017

Parce qu’après chaque meurtre il y a un appel au calme.
Parce que la rage est légitime et nécessaire.

C’est comme le jour de la marche du 19 mars contre les violences policières à Paris, on chante le slogan « Pas de Justice, Pas de Paix » et à la fin on nous demande au micro de rentrer chacun chez soi « dans le calme et dans la paix » en passant à côté des policiers qui encerclent la place de la République, fouillent au faciès et interpellent.
Quelques jours plus tard, c’est dans notre « chez soi » que la police viendra à nouveau tuer l’un d’entre nous.

Avons-nous demandé l’avis des morts ?

Peut-être qu’on devrait tou.te.s faire cette déclaration : « Si je meurs sous les balles d’un policier, je ne souhaite pas d’appel au calme », afin que nos familles ou proches ne prennent pas ce droit de « l’appel au calme » sur nos vies. Avant de tirer sur la gâchette, cela fera réfléchir à 2 fois ceux qui ne sont « pas là pour penser ». Certes, ce ne sera pas un grand changement dans la cervelle du flic mais cela amènera sûrement une évolution de notre réaction collective : il s’agit d’être offensif, la peur doit changer de camp. Lorsque l’on regarde l’histoire, l’oppresseur n’a jamais plié face à des gens calmes, c’est dans l’agitation, dans les rapports de force qu’avaient su instaurer les opprimés, que les changements ont eu lieu.

Attaquons-nous à la racine, à cette violence de la société qui laisse la police tuer en toute impunité. Avant d’en vouloir à la réaction, laissant sous-entendre une volonté de gestion de la réaction, supprimons ensemble son origine et nous réglerons les deux. La réaction violente disparaîtra mais pas sans ce qui l’a fait naître.

On appelle au calme de l’opprimé, alors que c’est à l’oppresseur de se calmer !

Appeler au calme quand règne l’agitation de l’injustice, quel paradoxe.
Le calme ? Celui que relayent à outrance les médias, le calme face à l’oppression, le silence de la soumission. « Laissez faire la justice, laissez faire la police des polices », ces structures puant la corruption et les conflits d’intérêts. Les décisions injustes de ces institutions ne manquent pas pour exporter notre passion de la justice et de l’égalité en d’autres lieux et horizons.
La police fait résonner un coup de feu mais surtout, ne faites aucun bruit ni écho de révolte !
La police souhaite continuer à noyer des vies, sans vagues ni agitation de l’eau !
C’est des dizaines de vies ôtées injustement en France par an [*] mais surtout, restez calme, que la police puisse continuer ainsi !
Aucun coup d’éclat, c’est l’État qui donne les coups !
L’uniforme vous tue ? Ne tuez pas l’uniforme !
Par contre : Vous tuez l’uniforme ? l’uniforme vous tue !
Obéissance à la loi, dispersez-vous !

Aux mains de l’individu, le force s’appelle « crime »
Aux mains de l’État, la force s’appelle « droit ».

Max Stirner

Quand on appelle au calme, eux continuent à tuer.
On change de stratégie ?

un révolté

[…]

* Nous avons enlevé le lien vers le site d’une assoc’ des plus légalistes, qui demande précisément « vérité et justice » auprès des tribunaux et diverses institutions étatiques. NdAtt.

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