Chili : Un an après la révolte populaire, le feu anarchiste gagne de la force

325 / jeudi 29 octobre 2020

« …lorsque l’on cherche des alliances, on finit par modifier ses objectifs, au nom de la justification politique de la lutte : un « avenir meilleur ». Sans se rendre compte que la foi en l’avenir est essentielle pour la perpétuation de la domination. Vivre toujours dans le futur est précisément la méthode traditionnelle pour ne pas vivre ici et maintenant, en s’éloignant à jamais du conflit permanent implicite dans la guerre anarchiste…
Au fond, derrière ce positionnement, se cachent des aspirations instituantes dépassées. Fidèles à l’écho du chant des sirènes, certains ont entendu des couplets de louange à la liberté – qui résonnent toujours à l’aube de chaque révolution – sans savoir qu’en réalité ce ne sont que des hymnes au nouveau Pouvoir constituant.
Ensuite, viendront les explications naïves, à la recherche des motivations et des causes des « déviations », des « trahisons », la vieille histoire de la « révolution trahie » sera répétée jusqu’à la nausée, au lieu de voir que jamais une Révolution n’a été (ni jamais sera) du côté de la liberté, mais toujours au service du pouvoir, car toute révolution est intrinsèquement instituante… »
Gustavo Rodriguez, « Lettre à un.e chilien.ne à propos de la situation actuelle », novembre 2019.

L’église Asunción, à Santiago. 18 octobre 2020

Après une année de paralysie, à cause des mesures sanitaires imposées par le gouvernement Piñera, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour « célébrer » le premier anniversaire des manifestations populaires qui ont secoué la région chilienne en octobre dernier.

Aujourd’hui, dans un contexte de révolte populaire, les partis de gauche et le fléau de l’avant-garde visent, comme toujours, à contrôler les masses, avec leur stratégie de « lutte » multiforme. Avec le slogan « Le Chili s’est réveillé », les Rouges mettent en œuvre une politique référendaire de circonstance et obligent les serviteur.ice.s volontaires à voter pour « l’Approbation » [d’une nouvelle constitution, décidée par la referendum du 25 octobre dernier ; NdAtt.], de la même manière que la droite, criminelle, impose de voter pour « le Rejet ».

Telle a été la tâche de Daniel Jadue [politicien du Partido Comunista de Chile ; NdAtt.], de Camila Vallejo [députée, ancienne vice-présidente des Juventudes Comunistas de Chile, l’organisation de la jeunesse du PCCh ; NdAtt.] et des autres flics rouges, qui ont étouffé l’insurrection avec des freins réformistes visant à imposer une nouvelle Constitution, qui renforcera le système de domination.

Ainsi, ils voulaient imposer une manifestation pacifique « dans la joie, la sagesse et l’unité, dans chaque coin du pays », ce qui aurait amené des millions de chilien.e.s, le 25 octobre, à voter pour « l’approbation », en cooptant la révolte

Mais, à la tombée de la nuit, l’action anarchique et l’attaque nihiliste ont revitalisé leur force, en s’attaquant à toute forme de pouvoir, en expropriant et en vandalisant des commerces, en brûlant des églises et en attaquant des postes de police. Plus de 40 000 carabiniers n’ont pas suffit pour contenir l’insurrection anarchique.

Notre guerre ne fait que commencer : nous allons attaquer le pouvoir ici et maintenant, qu’il soit de droite, de centre ou de gauche.

Pour l’insurrection permanente et le développement de l’informalité insurrectionnelle anarchiste.
Pour une libération totale.
Liberté pour Monica et Francis et tou.te.s les prisonnier.e.s anarchistes du monde.
Force au compagnon Gabriel Pombo Da Silva.
D’ici, nous saluons la résurgence de la CCF en Indonésie.
Que le feu se propage.

Vive l’anarchie.

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