Belvédère (Alpes-Maritimes) : Faire face à la nuisance avant qu’elle ne soit installée

Nice-matin / mercredi 11 décembre 2019

Alors que les travaux d’implantation du relais téléphonique attendu depuis des années viennent de commencer, les engins du chantier ont été vandalisés la semaine dernière à Belvédère, dans la Gordolasque.

La Gordolasque, sur les hauteurs de Belvédère dans la vallée de la Vésubie : une dizaine d’habitants à l’année et haut lieu de randonnée au cœur du Mercantour. Pas le genre d’endroit qu’on qualifierait de ghetto.
« On a l’habitude de travailler à L’Ariane et au Point-du-Jour et on nous y sert le café, s’effare Serge Benedetti, gérant de l’entreprise du même nom. Et là, on monte à la montagne et on nous détruit nos engins. Les malotrus ne sont pas là où on pense. »
Samedi soir, cette entreprise, chargée d’une partie des travaux d’implantation du relais téléphonique attendu depuis des années, a retrouvé ses véhicules saccagés sur le parking Trèminil, où ils étaient restés pendant une semaine.
Dans cette histoire, personne croit au hasard. Dans les cartons depuis des lustres, l’installation du relais téléphonique dans cette vallée considérée comme l’une des dernières zones blanches du département s’est enfin concrétisée cette année, avec la désignation d’un emplacement. Les engins travaillent sur place depuis deux mois, dans le but de faire aboutir le projet en début d’année prochaine.
« Il y a eu des vitres cassées, des pneus crevés, des sièges lacérés, détaille le chef d’entreprise. Ils m’ont bien abîmé les deux engins. Et ce n’est pas des jeunes. La route est fermée. Pour monter là-haut, il faut marcher sur une piste pendant une heure. C’est peut-être un randonneur, un écolo ? Quelqu’un qui passait par là, qui a des idées saugrenues ou quoi. Parce que c’est quelque chose qui dérange ».
« Ce sont des gens qui sont opposés au relais », juge le maire, Paul Burro, qui se dit « très en colère »: « Ce n’est pas un manque de civisme ou de respect, c’est un acte lâche et méprisable, qui n’entame pas ma détermination mais la renforce pour la réalisation de ce projet. Il a fallu cinq ou six ans de travail pour obtenir les autorisations, les financements, la qualification en zone blanche, 600 000 euros de financement… Les gens qui ne veulent pas de portable à la montagne, il suffit de l’éteindre. On peut être réfractaire, mais là, ce sont des extrémistes ». Résultat: les travaux vont prendre du retard. […]

Serge Benedetti ne pense pas avoir la réponse un jour. Il compte porter plainte aujourd’hui, pour faire marcher l’assurance. Pas pour que les coupables soient débusqués: « Là-haut, il n’y a pas de caméra ». [et il n’y en aura probablement pas non plus quand l’antenne sera sur ses pieds… NdAtt.]

Le massif du Mercantour est mieux comme-ça, une « zone blanche »

 

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