Act for freedom now! / vendredi 10 avril 2026
Attaque contre les bureaux d’Anek Lines, dans le centre de Héraklion
Les événements tragiques de l’usine Violanda, à Trikala, et au large des côtes de l’île de Chios* sont, de la manière la plus cruelle possible, la preuve de la brutale exploitation capitaliste de la part des patrons et des politiques meurtrières/racistes de l’État grec à ses frontières.
Ces dernières années, l’État grec et les capitalistes grecs ont poursuivi une politique d’attaques généralisées contre la base sociale du pays, avec des conséquences criminelles et mortelles. Certaines d’entre elles l’ont profondément secouée et ont laissé une profonde cicatrice dans sa conscience collective.
Cinq ouvrières tuées à l’usine Violanta, à la suite d’une fuite de gaz qui durait depuis des mois et d’une explosion survenue pendant le service de nuit. Ce meurtre commis par l’employeur résume et met en évidence les conditions que l’État et les patrons ont créées sur les lieux de travail.
Aucune mesure préventive, pour réduire les coûts et augmenter les bénéfices. L’indifférence face aux rapports des ouvrières sur l’odeur dans ce secteur et aussi face aux interventions concernant les conditions de travail, faites par le Centre du travail de Trikala. Le parti Néa Dimokratía, en adoptant des projets de loi contre les travailleur.euses, comme celui récent sur la journée de travail de treize heures, est en train d’armer les patrons, qui sont en train d’exploiter, littéralement et ausens figuré, leurs travailleur.euses sur les lieux de travail. Au moment où ce texte est écrit, « M. Violanta », Konstantinos Tziortziotis, a fait une déposition de routine et se balade librement, avec les mains tachées du sang de cinq ouvrières.
La tragedie de Tempé, qui a consisté dans la collision de deux trains et la mort de 57 personnes, reste une plaie ouverte pour la société grecque et elle met à nu l’État et le capital, qui, dans leur quête de profit, sont indifférents à la sécurité des transports, avec des conséquences mortelles. À ce jour, la question du procès reste au cœur du débat public. Puisque les responsables politiques concernés (des ministres, le gouvernement de Néa Dimokratía) et Hellenic Train, l’entreprise à laquelle l’État a vendu les chemins de fer, restent, comme un défi, impunis par la justice. Ce qui révéle à tout le monde sa nature de classe et sa position au sein du système politique et social du pays.
Enfin, le 5 septembre 2023, au port du Pirée, Antonis Kargiotis a été assassiné par l’équipage d’un bateau de [la compagnie maritime] ANEK Lines, alors qu’il essayait de monter à bord. Plus précisément, comme cela a été prouvé par la suite, alors qu’Antonis, 36 ans, essayait de monter à bord, il a été violemment repoussé par le premier lieutenant du bateau et par un membre de l’équipage, qui agissaient de concert avec le capitaine et l’officier de pont. Avec un résultat tragique : Antonis Kargiotis est tombé à la mer et s’est noyé dans les vagues provoquées par le moteur du bateau. La manière cannibalistique dont Antonis a été assassiné a montré à tout le pays que, pour le bien du capital et du profit, nous sommes tou.tes jetables et superflu.es. Pourtant, au moment même où ANEK Lines (appartenant au groupe Attica) assassine brutalement un homme qui essayait de monter à bord de son bateau, cette compagnie continue chaque année de s’enrichir, grâce aux tarifs sans cesse croissants qu’elle impose, en collusion avec le gouvernement, dont elle reçoit des subventions et des exonérations fiscales ; dans ses locaux il y a des conditions de travail épouvantables, avec de nombreux accidents du travail et même des meurtres, comme la mort récente d’un marin de 20 ans, un nettoyeur de moteurs, qui a été piégé par la porte étanche du navire. Enfin, son rôle dans le transport de migrant.es/réfugié.es et de détenu.es dans des conditions effroyables, à bord de ses bateaux, est aussi bien connu. En conclusion, il est important de mentionner une chose de plus concernant cet incident tragique du 5 septembre 2023, contre les distorsions gouvernementales et les mensonges de la propagande. Les assassins d’Antonis Kargiotis n’étaient pas des membres d’équipage de rang inférieur ni des travailleurs novices ; ils étaient des officiers supérieurs, dont le rôle et la position exigeaient qu’ils appliquent les politiques meurtrières de l’entreprise. Des politiques qui sont antisociales et hostiles à la classe ouvrière, dans le seul but d’augmenter les profits du groupe Attica.
Pour toutes ces raisons, nous n’avons pas oublié et nous avons choisi d’attaquer les bureaux d’ANEK Lines et de les vandaliser, aux premières heures du mardi 10 février, dans le centre de Héraklion.
Nous dédions cette action à Antonis, mais aussi à tou.tes celles/ceux qui ont été perdu.es en mer ou assassiné.es par les griffes de l’exploitation capitaliste.
CONFLIT CONTRE L’ÉTAT ET LES PATRONS
POUR NE PAS S’HABITUER À MOURIR SUR L’AUTEL DU PROFIT DES PATRONS
[…]
Anarchistes
* Note d’Attaque : le 26 janvier, cinq ouvrières de cette usine de biscuits sont mortes, et d’autres ont été blessées, à la suite d’une explosion provoquée par une fuite de gaz. Le 3 février, quinze migrant.es sont mort.es à cause de la collision de leur embarcation avec un bateau des garde-côtes, dans l’île frontalière de Chios.





















































