De Strasbourg à l’Essonne : Blocages des lycées

Strasbourg : Ni de politique, ni de syndicats, mais… des pétards !

20 Minutes / mercredi 27 novembre 2019

Tout a débuté ce mercredi matin, à 8 heures devant le lycée Couffignal, dans le quartier de la Meinau à Strasbourg Sur les réseaux sociaux, des lycéens s’étaient donné rendez-vous devant l’établissement. Un « appel à la violence » pour bloquer le lycée, précise la police qui avait intercepté le message. Ces derniers avaient donc prévu un dispositif en conséquence qui « a permis de limiter les dégâts », ajoute la source policière. Une centaine de personnes a toutefois répondu à l’appel sans qu’il ne soit certain qu’ils étaient tous du Lycée. « Il n’y avait aucune référence ni politique ni syndicale, semble-t-il. C’était un appel à un blocage » lancé par des jeunes qui n’étaient pas tous scolarisés dans l’établissement, a confirmé la rectrice de l’académie de Strasbourg, Sophie Béjean. Une plainte va être déposée par l’établissement.
Très vite en effet, des incidents ont éclaté. Au moins cinq véhicules à proximité ont été dégradés, dont l’un a été incendié. Les vitres de l’arrêt de tram « Lycée Couffignal » ont été brisées. La circulation des trams a été interrompue pendant cinquante-six minutes.
Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de pétards, sans être atteints. Trois mineurs âgés de 16 ans ont été interpellés et placés en garde à vue. A 10 heures, la circulation était jugée « sous contrôle » par la police nationale de Strasbourg et les derniers enquêteurs faisaient les dernières constatations vers 11 heures.
Les voitures endommagées se situent sur le parking jouxtant le lycée. Alors qu’une riveraine venait en milieu de matinée constater d’éventuels dégâts sur son véhicule, une dépanneuse tractait un petit véhicule à la vitre arrière brisée et les rétroviseurs cassés. En dessous, les enquêteurs ont retrouvé un pétard fixé à un aérosol grâce à de l’adhésif… […]

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Massy (Essonne) : Deux jours de blocage et d’affrontements avec les keufs

Le Parisien / mardi 26 novembre 2019

En ce début de semaine, la tension règne au lycée Vilgénis de Massy (Essonne). Une situation qui n’est pas sans rappeller les heurts qui avaient émaillé le mouvement lycéen contre Parcoursup en 2018 dans ce même établissement. Ce lundi, juste avant l’ouverture des grilles, trois poubelles remplies d’essence sont placées devant l’établissement. Vers 8 heures, des départs de feux se déclenchent autour du lycée Vilgénis, qui retrouve son calme dans l’heure.

Mais ce calme est de courte durée. A 10 heures, les policiers font face à une centaine de jeunes. Une partie d’entre eux vient du lycée voisin Fustel de Coulanges, avec qui les élèves de Vilgénis peuvent « s’allier ». Les policiers, qui essuient des jets de projectile, font alors usage de leurs lanceurs de balle de défense (LBD) et de grenades lacrymogènes. Sept mineurs sont interpellés.

Ce mardi matin, rebelote : alors qu’une partie des élèves sont en classe, une pause est décrétée à 10 heures. Mais les lycéens sont confinés en raison du déclenchement plus ou moins improvisé d’un nouveau blocus. « Des extincteurs ont été vidés et un abri de bus cassé », indique une lycéenne de Vilgénis. Sur certaines vidéos filmées par les élèves, on peut distinguer, comme la veille, des feux de poubelles épars. Plusieurs interpellations ont lieu à nouveau.

« Lundi, la police utilisait la dissuasion, mais mardi, il y a eu beaucoup plus de tirs de LBD », estime une lycéenne de Vilgénis, qui admet avoir vu des jets de projectiles de la part des bloqueurs. […]

Et le mercredi, fouilles et confinement…

Le Parisien / mercredi 28 novembre 2019

« À Vilgénis, c’est la guérilla! » Ce mercredi, devant le lycée Parc-de-Vilgénis de Massy, chacun y va de sa petite anecdote sur les échauffourées des blocus initiés par les lycéens, ce lundi et mardi. La veille, les policiers ont à nouveau fait usage de lanceurs de balle de défense (LBD) et de grenades lacrymogènes, en réplique à des jets de projectiles et des allumages de feux de poubelles autour du lycée. Six jeunes ont été mis en examen pour des violences.

« Certaines filles pleuraient parce qu’elles avaient été enfumées », explique un lycéen. « Un de mes potes a vu passer une balle de LBD juste au-dessus de sa tête », ajoute son ami. Ce climat de tension a incité les policiers à redoubler de vigilance ce mercredi. Dès 7h30, plusieurs véhicules de police stationnent autour du lycée, surveillé tout au long de la matinée. Les sacs des élèves sont minutieusement fouillés aux abords de Vilgénis. « Les policiers nous ont même pris des déodorants », s’insurge une lycéenne.
« Un confinement » peu habituel des élèves

Dans la matinée, des bruits évoquent l’appui de manifestants du lycée voisin de Fustel de Coulanges. Pour éviter que le blocus ne se déclenche à l’intercours de 10 heures, les élèves de Vilgénis ont été confinés dans leurs classes deux jours d’affilée. Rideaux tirés, afin de ne pas donner d’idées à ceux qui assisteraient à un blocus en formation depuis les fenêtres…

Une mesure peu habituelle, confirmée par un mail de la direction envoyé mardi aux parents. Il y est indiqué qu’un « confinement a été déclenché pour éviter une sortie des élèves pendant les échauffourées à l’extérieur de l’établissement. » […]

En attendant, le mouvement gagne le département. Vendredi, des remous ont agité les lycées Doisneau, à Corbeil, ou Einstein à Sainte-Geneviève-des-Bois. Mais aussi à Evry-Courcouronnes, l’autre point chaud avec Massy. Des heurts ont éclaté au lycée des Loges et à Georges-Brassens. Pour éviter la poursuite des blocus dans ce dernier, certains parents d’élèves de la FCPE 91 se rendent à l’ouverture des grilles depuis lundi. De quoi éteindre définitivement le feu ? [espérons que non ; NdAtt.]

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Massy et Evry-Courcouronnes (Essonne) : Six lycéen.ne.s passent devant la Justice

Le Parisien / mercredi 27 novembre 2019

Plusieurs débordements, en marge de manifestations de lycéens mécontents, se sont déroulés lundi et mardi, au lycée Vilgénis de Massy et dans un autre lycée d’Evry-Courcouronnes. Au total, sept jeunes avaient été interpellés lundi après les violences commises. « À Massy, deux jeunes hommes de 16 ans et une jeune fille de 15 ans ont été appréhendés en flagrant délit, indique le parquet d’Evry-Courcouronnes. Ils ont tous été déférés ce mardi pour destruction par moyen dangereux et participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. »
Inconnus de la justice, les trois adolescents ont reconnu les faits. Mis en examen par le juge des enfants, ils ont été soumis à une « mesure de réparation » avant leur jugement qui interviendra dans les prochaines semaines. Il s’agit d’un travail qu’ils devront exercer au sein des Restos du cœur ou du service des espaces verts de la mairie.

À Evry-Courcouronnes, quatre lycéens ont été interpellés lundi. Seuls trois sont finalement poursuivis pour transport de produits incendiaires et participation à un groupement armé en vue de commettre des violences ou des dégradations. « Ils n’ont pas mis le feu à la poubelle qu’ils poussaient, reprend le parquet. Sur cette dernière, ils avaient fixé de l’alcool à brûler et un déodorant. Un des trois a mimé un tir de fusil en direction des forces de l’ordre. Il a accompagné son geste d’un doigt d’honneur. Il fait l’objet d’une qualification supplémentaire, celle de menace de mort et d’outrages sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. »
Comme les jeunes de Massy, les trois adolescents d’Evry-Courcouronnes devront accomplir une mesure de réparation avant leur jugement par le tribunal pour enfants.

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