Hambourg (Allemagne) : Le poste de police de Finkenwerder attaqué avec de la peinture

de.indymedia.org / mercredi 6 novembre 2019

Dans la nuit du 5 novembre, nous avons attaqué avec de la peinture un poste de police dans le quartier de Finkenwerder. Cet acte a eu lieu en solidarité avec les occupant.e.s , expulsé.e.s, de la forêt Vollhöfner Wald (Völli), toute proche.

Cette nuit, nous avons à nouveau choisi le moyen de l’attaque, pour exprimer notre colère.

Quand on se pointe dans un endroit pour attaquer et qu’on disparaît à nouveau dans les entrailles de la ville, dans les cours arrières, les ruelles, les parcs et les rangées étroites de maisons, alors on n’est pas vraiment en fuite. Parce que ce sont là des moments où nous décidons consciemment où et quand nous frappons. Ensemble avec des personnes dans lesquelles nous avons confiance et avec lesquelles nous partageons des affinités, nous évaluons nous-mêmes les risques et les opportunités et nous prenons les choses en main. Dans de tels moments, nous avons la possibilité de transformer les sentiments de peur, de colère, de désespoir…, qui se déclenchent quotidiennement en nous, en une force qui ne se laisse pas réduire aux catégories de destruction et de construction.

Les gens critiquent souvent cette façon d’agir, parce que, dans leur façon calme et sage de voir les choses, ils pensent que l’histoire se répète encore et encore et que de telles attaques contre leurs propres ennemi.e.s n’ont jamais mené à « rien ». Certain.e.s les considèrent même comme positives en soi, mais ne veulent pas en reconnaître « le sens ». Nous n’arrivons pas à comprendre cette argumentation. Depuis le début de l’oppression des êtres humains, il y a toujours eu de la résistance et des attaques, qui ont eu une influence plus ou moins grande sur le cours de l’histoire, mais ce qui importe, c’est qu’il y a toujours eu des imperfections dans l’ordre.

Ce qui a fait la continuité des révoltes à travers le temps, c’est qu’il y a toujours eu un élément perturbateur, toujours une fissure dans le système. Ces moments volés que nous prenons pour nos sont importants parce que – en plus de toutes les autres raisons que des personnes peuvent trouver pour des attaques et des luttes – ils nous montrent, à nous et aux autres, que tout ne peut être réglé et contrôlé. Qu’il est possible de résister et d’attaquer.

Pour cette raison, nous voulons proposer à tou.te.s de mener des attaques par elles/eux-mêmes et en même temps de renforcer les personnes autour d’eux/elles :

Parce que ce qui rend l’action directe si puissante, c’est sa reproduction. Du point de vue d’une révolution sociale, nous n’avons pas nécessairement besoin d’actions très compliquées, qui ne peuvent être reproduites que par des expert.e.s dans ce domaine. Bien sûr, il y a des barrières qui rendent cette forme de lutte difficile pour certaines personnes (une autre raison de ne pas hiérarchiser les différentes formes d’action). Mais remplir de peinture des pots de conserve ou des extincteurs à incendie n’est pas quelque chose de compliqué, et trouver des cibles et des voies de fuite c’est pas de la magique. Cherchez donc des ami.e.s en qui vous avez confiance, pour commencer quelque chose, ou bien impliquez (tout en tenant compte de votre propre sécurité) des ami.e.s qui sont intéressé.e.s mais qui, n’ont pas la capacité d’attaquer tou.te.s seul.e.s. Trouvons des moyens de faire en sorte que l’hostilité envers les flics, les sociétés de location, le système carcéral, les destructeurs de l’environnement, etc., devienne permanente.

Ce n’est pas un hasard si c’est les flics de Finkenwerder qui ont été touchés cette nuit-là. Nous sommes en colère à cause de l’expulsion de la forêt de Vollhöfner, nous sommes en colère parce que les flics se sont montrés une fois de plus comme des hommes de main dans la destruction de la nature, comme tant de fois auparavant.

Certes, nous aurions préféré attaquer les flics de Ratzeburg [petite ville du Schlswig-Holstein, où se trouve le siège d’un des groupes d’intervention spéciale de la police fédérale allemande ; NdAtt.] , à cause de leur soutien énergique à l’évacuation, avec des grimpeurs et le matériel. Mais nous voulons souligner encore une fois que tous les flics sans exception en sont responsables. En choisissant un « métier » qui consiste à obéir aux autorités et à exécuter les ordres, toujours , ils se soumettent à ces rapports et acceptent leur rôle de défenseur.e.s. Et ici, justement, ils/elles ont défendu les intérêts économiques de l’Autorité portuaire de Hambourg contre celles/ceux qui luttent contre la destruction de la forêt.

Notre solidarité va aux occupant.e.s, qui y sont restés quelques jours et ont résisté à l’expulsion, et contre lesquel.le.s le Hamburger Morgenpost [quotidien local de Hambourg, proche du SPD, le Parti social-démocrate allemand ; NdAtt.] mène sa campagne de calomnies, dictée par le Sénat et les flics.

Par notre action, nous souhaitons également saluer les démons du feu de Brême* qui, il y a quelques jours, ont incendié des véhicules de Vonovia (géant du logement) et de Spie (entreprise de technologie, active, entre autres, dans la construction des prisons). Plus particulièrement, Spie est également en lien avec l’asservissement de la nature. Ils ont par exemple participé à l’installation des excavatrices pour charbon dans la mine à ciel ouvert de Hambach.

 

* Note d’Attaque : selon les médias locaux (Weser Kurier), la nuit du 2 au 3 novembre, neuf véhicules appartenant au géant de l’immobilier locatif Vonovia ont été incendiés sur un parking de l’entreprise à Brême. Les dégâts seraient d’environs 250.000 euros. Une personne arrêtée par les flics cette nuit-là a été relâchée après une garde à vue.

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