Berlin (Allemagne) : Salutations solidaires à tou.te.s les camarades d’Athènes – Attaque contre le consulat de Grèce à Berlin

de.indymedia.org / samedi 5 octobre 2019

Le 3 octobre nous avons attaqué, de façon symbolique, le consulat de Grèce à Berlin, avec des marteaux, des aérosols et des bombes de peinture, à cause de l’intensification, depuis la fin du mois d’août, de l’attaque étatique en Grèce.

La ligne dure du gouvernement de droite du parti Nea Dimokratia de Kyriakos Mitsotakis, qui a annoncé pendant la campagne électorale qu’il allait « nettoyer » Exarcheia, s’avère être une vague répressive à plusieurs niveaux.

Quelques semaines après sa prise de fonction, a été abolie la loi sur l’asile dans les universités, qui, depuis 1982, interdisait l’intervention policière dans les universités et garantissait le libre échange des idées. Le Ministère pour les réfugiés a été aboli et remplacé par le Ministère de la sécurité intérieure, tandis que les fonctions d’exécution des décisions judiciaires ont été transférées du Ministère de la justice au nouveau super-Ministère de la sécurité intérieure (Ministère de la protection civile).

L’un des premiers actes du ministre a été le recrutement de 1500 nouveaux flics et la mise en service des unités de flics à moto, appelées Delta.

Fin août, a débuté l’attaque annoncée contre les squats politiques d’Exarcheia et les maisons squattées, autonomes et auto-organisées, des réfugié.e.s, à Athènes. Le 26 août, quatre maisons ont été simultanément expulsées et condamnées, trois personnes arrêtées et 173 autres envoyées dans des centres d’hébergement pour réfugié.e.s ou des camps de déportation. Le 19 septembre, deux maisons de la rue Acharnon ont été expulsées : les deux étaient des centres d’hébergement autogérés par les réfugié.e.s, avec une capacité totale de 368 personnes ; le 23 septembre, la Cinquième école d’Exarchia, un projet d’hébergement occupé depuis 2016 par des réfugié.e.s et comptant environ 80 habitant.e.s, a été expulsé.

La politique répressive agressive de la police se reflète dans la présence quotidienne d’unités de police dans et autour Exarcheia, avec des attaques brutales contre des centres et des événements autonomes.

Dans l’enfer de Moria, sur l’île de Mitilini, dans le centre où en ce moment il y a 13.000 réfugié.e.s, une personne est morte le 30 septembre, suite à un important incendie. La réaction du gouvernement à la révolte qui a suivi a été l’envoi d’unités de police anti-émeute depuis Athènes et la décision de transformer le camp de réfugiés en un camp fermé, ce qui signifie que l’on n’a pas l’autorisation de quitter le camp pendant la journée.

Il ne s’agit là que de quelques exemples visibles d’une politique de droite, xénophobe et néolibérale, qu’on peut voir en Grèce, ainsi que dans le reste d’Europe, et qui est le résultat d’une évolution de longue durée, dans le sens de droitisation de la société. L’expulsion des faibles de la société, la répression contre toutes les structures venant d’en bas, la persécution systématique de tous les formes de résistance et la déclaration de la volonté de « nettoyer » Athènes, sont des concepts qu’on peut aussi transplanter à Berlin, en Allemagne, et dans beaucoup d’autres endroits.
Les projets de maisons squattées qui sont menacées, comme Liebig34 et Rigaer94, la Wagenplatz squatté DieselA 2.0, ainsi que la résiliation des contrats de location des centres de jeunesse Potse et Drugstore montrent comme la politique de la ville de Berlin traite les projets autogérés.

A Athènes et à Berlin, nous assistons à une politique qui veut éliminer les refugié.e.s, les anarchistes et les structures autonomes des centres-villes, ce qui est l’emblème de la construction de la sécurité, un aplanissement de la route pour la machine néolibérale.

Nous nous opposons à cette évolution et nous nous déclarons prêt.e.s à défendre nos espaces libérés.

Salutations solidaires à tou.te.s les camarades d’Athènes

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