Italie – opération Panico : Quelques considérations techniques sur la sentence

Anarhija.info / mercredi 24 juillet 2019

En gros, beaucoup de choses n’ont pas changé par rapport aux demandes du Parquet, quelques peines sont même plus lourdes encore.
Voici quelques différences/considérations, à première vue :

Le délit du Jour de l’an [la bombe à la librairie fasciste Il Bargello, du 1er janvier 2017, qui a causé des blessures à un flic démineur ; NdAtt.] n’a pas été défini comme « tentative d’assassinat », mais a été réduite à « blessures très graves » ; cependant, cela n’a pas change beaucoup dans la peine, par rapport à ce qui était demandé. Ce qui est passé par contre est la définition de « mortel » pour l’engin. Giova, Ghespe et Paska ont été condamnés pour le Jour de l’an, tandis que Nicola a été acquitté.
L’accusation d’association de malfaiteurs est passée, mais 6 des 15 « associés » ont été acquittés de ce chef d’inculpation. Filomena et Carlotta ont été décrites comme les « cheffes », mais l’accusation contre Giova d’en être devenu le nouveau chef après leur arrestation (suite à la première vague répressive) n’a pas été retenue.

Toutes les personnes inculpées pour le rassemblement devant la prison de Sollicciano ont été acquittées, probablement parce que, à différence du rassemblement du 25 avril, le parquet n’a pas pu attribuer à personne la responsabilité de l’avoir organisé.
Comme on peut le voir par exemple avec les condamnations pour le rassemblement de Sant’Ambrogio, celles qui sont condamnées pour manifestation non déclarées sont les deux personnes qui ont pris la parole avec le haut-parleur ; pour le rassemblement du 25 avril ont été condamnées les deux personnes qui étaient sous écoute pendant qu’elles parlaient d’une prise de parole à faire pendant le rassemblement.
Les autres acquittements (Ichem, Giova pour le vol avec violence, Laura pour l’assaut à la librairie Il Bargello et la deuxième vague de tags de mars) sont pour des personnes qui n’ont pas été reconnues par les témoins au procès ou n’étaient pas identifiables sur les bandes des caméras de surveillance.

Pour ce qui en est des condamnations, celles pour association de malfaiteurs ont été de 2 ans minimum. Apparemment, les juges ont été très durs, souvent encore plus des demandes des Procureurs, pour les délits liées aux faits du Melograno [en avril 2016 les Carabinieri interpellent une personne qui pisse dans la rue, peu loin du local « Il Melograno » ; d’autres personnes s’interposent et des échauffourées ont lieu; plus tard dans la nuit, des cocktails Molotov tombent sur la caserne des Carabinieri de Rovezzano, quartier de l’est de Florence ; NdAtt.].

En tout cas, seulement avec la publication des motivations des sentences on saura avec certitude quelles accusations ont été retenues et quelles pas. Je crois néanmoins évident que la preuve de l’ADN a été retenue pour Ghespe, et que difficilement ça pouvait aller pire.
D’ailleurs, la sensation était que cette sentence était écrite à bien à l’avance.

Ghespe : 9 ans de prison.
Giova : 9 ans, 10 mois et 15 jours.
Paska : 9 ans et 10 mois.
Pour tou.te.s les autres, les condamnations vont d’un mois à 6 ans.
Personne sera enfermée, pour l’instant, sauf Paska, Ghespe et Giova qui se trouvent déjà en assignation de résidence.

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