Nièvre : S’organiser pour couper téléphone et internet (MAJ 23/12)

Le Journal du Centre / mardi 2 janvier 2018

Les techniciens de la cellule d’identification criminelle de la gendarmerie sont à pied d’œuvre. Plusieurs actes de vandalisme ont été commis dans la nuit du dimanche 30 au lundi 31 décembre.
Ces actes semblent avoir été l’œuvre d’une bande très organisée, composée d’individus cagoulés, qui se déplacent dans des voitures aux plaques d’immatriculation masquées.
Ils ont visé des armoires techniques de téléphonie sur les communes de Guérigny, Pougues-les-Eaux, Fourchambault, Varennes-Vauzelles, Saint-Aubin-les-Forges, Murlin… Les détruisant par le feu.
Ces actes ont entraîné d’importantes coupures sur les réseaux de télécommunication. Dès lundi à partir de 16 h, mille sept cents foyers se sont retrouvés sans téléphone, ni internet.

Ce mercredi 2 janvier, des techniciens s’affairent à la remise en service des réseaux. Un retour complet à la normale étant espéré pour demain jeudi, en fin d’après-midi.
À Guérigny, deux armoires ont été détruites. Les conséquences sont dramatiques pour les entreprises et les commerçants. Ils se sont retrouvés privés d’un outil de travail, toute communication et tout paiement par carte bancaire étant devenus impossibles. […]

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Mise à jour du 23 décembre : Le couperet de le Justice contre la famille en gilet jaunes et une défense à faire pleurer dans les chaumières (idées derrière les actes, toujours zéro)

Le Journal du Centre / jeudi 19 décembre 2019

« Vous jugez des gens qui se sont trompés de colère ! » Me Sébastien Maloyer défendait trois des quatre prévenus, un père âgé de 57 ans et ses deux fils (35 et 32 ans), à la barre du tribunal correctionnel le 10 décembre.

L’avocat est revenu longuement sur les arcanes de cette colère, qui a conduit ses clients… à commettre l’irréparable. Tous les trois comparaissaient avec un quatrième homme, au même motif de « destruction de bien d’autrui, par un moyen dangereux pour les personnes ». Le quatrième prévenu étant défendu par Me Marie-Christine Châtaignier.
Des lignes téléphoniques coupées dans six communes

Dans la nuit du 30 au 31 décembre 2018, ce quatuor a détruit, essentiellement par le feu, quatre antennes relais téléphoniques et leurs équipements ainsi que des transformateurs de télécommunications. Des actes commis à Pougues-les-Eaux, Chaulgnes, Murlin, Varennes-Vauzelles, Guérigny et Saint-Aubin-les Forges. Plongeant des centaines de foyers, mais aussi des professionnels, dans l’impossibilité de communiquer via les lignes téléphoniques impactées. Les communications ayant été rétablies, le 3 janvier.

Cette « colère » des quatre hommes est montée au fil d’une participation aux débats au sein d’un groupe de gilets jaunes. Avec, pour finir, l’idée d’une « action contre les pouvoirs publics, sans porter atteinte à des personnes. »
D’où la question du président Jean-Luc Alliot à l’aîné des prévenus. « Avez-vous pensé que vous vous en preniez à des opérateurs privés?? »
« On ne savait plus. Tout se disait, dans le groupe de gilets jaunes, pouvoirs publics, multinationales…
– Il aurait suffi de ne plus participer à ce groupe. Vous pensiez pouvoir incendier sans impunité?? Avez-vous préparé vos actes ?
– Non. Il n’y avait rien de préparé.
– Si certains se promènent chaque jour avec un code pénal, vous, c’est avec une cagoule, un coupe boulon…? »

Un peu plus tard, un des deux fils du premier entendu à la barre : « Ces actes… Ça n’était pas nous… C’est à cause de cette pression permanente, au sein des Gilets jaunes… En plus, moralement, nous vivions un décès dans la famille… » « Heureusement que toutes les personnes qui perdent quelqu’un ne provoquent pas un incendie, sinon le pays serait à feu et à sang ! », a sèchement répliqué le président.
Le deuxième fils incriminé et en communauté de destin professionnel avec père et frère a voulu résumer. « Il y a eu le décès de ma mère. Les difficultés professionnelles. La pression avec les gilets jaunes, qui montait sans arrêt. On a fait une connerie. On regrette. C’était compliqué dans ma tête… »
Quant au quatrième homme, devant les interrogations du tribunal quant à son rôle précis dans cette « virée destructrice », il a résumé. Tentant de minimiser son implication : « J’ai participé à tout mais pas mis le feu ! »

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a invoqué directement la dimension de terrorisme et l’article afférant dans le Code pénal. « En bande organisée… Une qualification criminelle aurait pu être retenue ! », a scandé Axel Schneider. Il a requis des peines de quatre ans de prison pour trois des prévenus. Pour deux, en sursis simple. Pour l’un, le quatrième homme, trois ans de sursis avec mise à l’épreuve. La réquisition la plus lourde a concerné le plus jeune des deux fils : cinq ans de prison dont quatre avec sursis, mis à l’épreuve pendant trois ans.

« Il faut revenir sur le contexte des faits, pour voir que nous ne sommes pas en présence de dangereux terroristes, mais de révolutionnaires de pacotille. Ils pouvaient vouloir gêner, mais pas détruire. Les faits n’ont d’ailleurs pas généré l’intervention des sapeurs-pompiers. » Me Sébastien Maloyer s’est élevé contre la sévérité des réquisitions du Parquet. « Une peine n’est admise, que si elle est comprise. Restons sur du délictuel. Ne les condamnez pas pour l’exemple. Mais uniquement pour ce qu’ils ont fait ! », a asséné l’avocat du trio familial.

L’avocate du quatrième homme a défendu la crédibilité de son client. « Il s’est toujours dit responsable, comme les autres, mais a toujours affirmé qu’il n’avait tenu qu’un rôle de conducteur. Pourquoi, parce qu’il est le seul dans cette version, il ne dirait pas la vérité ? », a questionné Me Marie-Christine Châtaignier. Celle-ci a insisté aussi sur « l’effet de groupe au sein des gilets jaunes » qui a fait monter la pression et généré « ce coup de tête ».

Au final, établissant la culpabilité des quatre, le tribunal a tout même scindé les responsabilités. Avec deux condamnations à quatre ans de prison dont trois avec sursis mis à l’épreuve et paiement d’une amende délictuelle de 1.000 €. Et deux condamnations à quatre ans de prison avec sursis simple et paiement d’une amende délictuelle de 3.000 €. Tous les quatre ne pourront pas détenir une arme soumise à autorisation pendant cinq ans. Le tribunal n’ayant pas donné suite à la demande du Parquet, de les voir privés de leurs droits civils, civiques et familiaux.

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