Paul Boyé Technologies : Des profiteurs de la guerre et de la répression

La Dépêche du Midi / vendredi 20 juillet 2018

Après les gendarmes, les policiers : installé à côté de Toulouse, à Labarthe-sur-Lèze, le groupe Paul Boyé Technologies-Calberson Sud-Ouest vient de remporter le marché de l’habillement de la police nationale. Ce nouveau marché, de l’ordre de 248 millions d’euros sur 4 ans,  porte à 270 000 hommes et femmes l’effectif qui sera habillé chaque année par la société haut-garonnaise, représentant ainsi une augmentation de son chiffre d’affaires de l’ordre de 25 à 30%. Le groupe, qui emploie 243 salariés en Occitanie, annonce la création d’une trentaine d’emplois supplémentaires.

Fiers de se remplir les poches avec la guerre (visuel tiré de de leur site internet)


Installée au Vernet et à Labarthe sur Lèze, cette PME fondée en 1914 est devenue un des leaders mondiaux des uniformes et des vêtements de protection et de combat. Fondé par le grand-père de Jacques et Philippe Boyé, les actuels dirigeants de l’entreprise, l’entreprise fournit les forces armées françaises depuis trois générations et a commencé en livrant les capotes bleu horizon des poilus. Aujourd’hui, l’entreprise familiale est devenue un fleuron de l’industrie française avec 240 salariés en France dont 140 près de Toulouse, une centaine à Bédarieux dans l’Hérault ainsi qu’une usine de 600 personnes à Madagascar.

Dans les années 80, l’entreprise réalisait 50 % de son activité dans le militaire et autant dans le civil en fournissant la grande distribution (Carrefour, Kiabi…) en vêtements pour hommes (chemise, costumes…). «Les grandes surfaces ont failli nous faire mourir. Nous sommes sortis de ce système et sommes aujourd’hui totalement recentrés sur le marché de la défense, de la santé et des grandes entreprises comme La Poste ou la RATP par exemple» racontait en 2014 Jacques Boyé, le PDG de l’entreprise.

Le patrons, Philippe et Jacques Boyé

Mais la société a frappé un grand coup en décrochant un contrat fin 2012 auprès du Pentagone américain pour fournir des milliers de tenues NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) pour les GI’s. Le contrat qui s’étirera sur plusieurs années est évalué à 100 millions de dollars. 

Aujourd’hui l’export représente près de 30 % de l’activité de la PME vers des pays comme la Suède, la Suisse, les États-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, etc.

« C’est une décision exemplaire du Ministère de l’Intérieur qui a fait le choix de retenir un industriel français de la filière textile habillement face à la concurrence d’intégrateurs dont la spécialité dans le marché de l’énergie (eau, gaz, électricité) est très éloignée du savoir-faire de la fabrication et de la distribution d’habillement administratif et militaire. C’est une véritable victoire pour l’industrie française de la filière textile habillement » s’est félicité Jacques Boyé, le président de la société.

Fiers de se remplir les poches avec la répression (visuel tiré de de leur site internet)

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Les Échos / jeudi 19 juillet 2018

Habiller 270.000 gendarmes et policiers de 2019 à 2022, c’est le contrat que vient de remporter le fabricant de tenues de protection militaires Paul Boyé Technologies. Implantée à Labarthe-sur-Lèze (Haute-Garonne) la société a gagné un marché de 248 millions d’euros sur quatre ans, qui pourra être prolongé de deux ans, pour habiller les agents de la tête aux pieds. Elle produit, achète, stocke les vêtements et expédie des colis individuels aux agents. Ces derniers passent commande sur un site Internet comptant 100.000 références, en utilisant leur crédit de points. Elle recyclera aussi les vêtements usés et les colis seront transportés par Calberson Sud-Ouest.

Paul Boyé Technologies s’est diversifié dans la logistique de vêtements quand l’administration a externalisé l’habillement des gendarmes. Il a obtenu deux contrats pluriannuels de la gendarmerie en 2011 et en 2014. Cette fois, l’appel d’offres a été élargi aux 145.000 policiers en plus des 125.000 gendarmes, ce qui représente une activité supplémentaire de 36 millions d’euros par an. « Ce contrat augmentera de 25 % à 30 % notre chiffre d’affaires, qui atteindra 90 à 100 millions d’euros dans deux à trois ans », se félicite Jacques Boyé, président de la société, dont les ventes ont été stables en 2017 à 65 millions d’euros dont 20 % à l’export.

Deux concurrents

Pour ce marché, l’entreprise va recruter 30 personnes à Labarthe-sur-Lèze (160 salariés) et agrandir la logistique. Elle fabriquera 30 à 40 % de l’habillement et achètera le reste (coiffes, chaussures, maille, etc.) à des fournisseurs « aux deux tiers français ». Le marché a été attribué au mieux-disant, le critère du prix intervenant pour 60 % et la qualité pour 40 %.

Le fabricant a remporté l’appel d’offres face à deux groupes français de services et d’énergie. « C’est une décision exemplaire du ministère de l’Intérieur, qui a choisi de retenir un industriel français face à la concurrence d’intégrateurs dont la spécialité dans l’énergie (eau, gaz, électricité) est très éloignée de la fabrication d’habillement administratif et militaire », souligne Jacques Boyé.

Compromis entre protection et confort

L’armée est le premier client du groupe qui est un spécialiste mondial des tenues de protection nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique. Ces équipements de haute technologie sont produits à Bédarieux (Hérault) et exportés dans 41 pays. L’entreprise fabrique des tenues de combats et des gilets pare-balles en investissant dans la R&D pour trouver le bon compromis entre la protection et le confort. Elle fournit et entretient aussi les tenues des pompiers d’une trentaine de départements et équipe les services de santé.

La société fabrique les tenues techniques dans ses usines de Labarthe-sur-Lèze et de Bédarieux qui emploient 243 salariés. Pour l’habillement non technique, les appels d’offres européens et la concurrence des pays à bas coût ont obligé l’entreprise à fermer son usine de Sète (Hérault) en 1991 et à ouvrir un site de production à Madagascar en 1992, qui a été agrandi et emploie 1.000 salariés.

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Quelques adresses utiles :

Paul Boyé Technologies

Siège, centre de stockage, production :
1095 chemin de la Riverotte
31860 – Labarthe-sur-Lèze

Paul Boyé SA
1564 Avenue de Lagardelle
31810 Le Vernet

Usine de Bédarieux
Route de Clermont
34600 – Bédarieux

PB Tex
(Filiale de  Paul Boyé Technologies)
31, rue Jacquard
09300 – Lavelanet

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Calberson Sud-Ouest
Espace Seine
26 Quai Charles Pasqua
92300 – Levallois-Perret

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