Ni loi, ni travail, 2ème tour : la manif du 12 septembre

Le Parisien / mardi 12 septembre 2017

400.000 manifestants dans toute la France. C’est le chiffre annoncé par la CGT. C’est 50 000 de moins que lors de la première manifestation contre la loi Travail le 9 mars 2016. Trois personnes ont été interpellées à Nantes (Loire-Atlantique) où des échauffourées ont éclaté en fin de manifestation, et cinq à Lyon (Rhône). […]

Des «manifestants» contre la loi Travail à Paris ont lancé mardi après-midi des projectiles sur les forces de l’ordre. Ces dernières ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes et d’un canon à eau. Trois personnes ont été interpellées, et un autre manifestant a été blessé.
Le cortège a été arrêté plusieurs minutes par ces incidents. «Les forces de l’ordre ont fait usage de lacrymogènes suite aux jets de projectiles», a confirmé la préfecture de police de Paris. La préfecture, qui a fait état de la présence dans le cortège de «300 personnes encagoulées», a rapporté «quelques dégradations» notamment de vitres et de panneaux publicitaires. [Et il y a eu une tentative de caillassage du commissariat du XIIIème ; NdAtt.]  […]

A Nantes (Loire-Atlantique), un face-à-face a opposé manifestants et policiers. Alors que se terminait la manifestation à l’appel de la CGT-FO-FSU-Solidaires-Unef, vers 16h30, au moins 1.000 manifestants selon la police, la plupart le visage dissimulé, ont continué à défiler. Ils marchaient notamment derrière une banderole proclamant : «La jeunesse de retour pour vous jouer un mauvais tour». Visées par divers types de projectiles, les forces de l’ordre ont répliqué à grands renforts de gaz lacrymogènes. Trois personnes ont été interpellées.

Avant

Après

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Caen : En petit comité, ils vont faire un coucou au Medef !

Ouest-France / mardi 12 septembre 2017

Le siège du Medef Calvados, situé à Caen, a été tagué et vandalisé ce mardi 12 septembre 2017. Ces faits sont intervenus alors qu’avait lieu la manifestation contre la réforme du Code du travail en plein centre-ville.
Il est de 12 h 30, ce mardi 12 septembre 2017, à hauteur du 10, rue Alfred-Kastler, à Caen, en dehors du centre-ville. Quatre policiers, dont un du service scientifique et technique, s’affairent devant le siège départemental du Medef, le syndicat du patronat.
Peu de temps auparavant, plusieurs personnes se sont livrées à des actes de vandalisme. Des tags, dont l’un évocateur quant aux revendications exprimées (« Fainéants en colère ! »), ont été dessinés sur la porte d’entrée de l’immeuble où se trouve le siège du Medef. La porte du siège a été dégondée et emmenée dans la rue.
Selon un témoin, « ils étaient 3 ou 4 et ont sorti du matériel (chaises et tables) dehors ».  Les faits sont intervenus alors que la manifestation contre la réforme du Code du travail battait son plein en centre-ville de Caen.

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Besançon : Récit de la manif du 12 septembre

Sans attendre demain / jeudi 14 septembre 2017

Petit compte-rendu subjectif de la manif du 12 septembre à Besançon.

Près de 2000 personnes sont parties en manif sous une pluie battante de la place de la révolution. Première bonne surprise en arrivant, des panneaux JCDecaux ont été vidés de leur contenu gerbant et aliénant et portent désormais des messages contre le travail. De même que de nombreux autres encarts jalonnant le parcours de la manif.

Il n’y avait pas de cortège antiautoritaire délimité, mais les anarchistes étaient bien présents en ordre dispersé, avec un bon bloc de personnes encapuchonnées et cagoulées. Est écrit sur une grosse banderole sur fond noir « Le capital et l’Etat piétinent nos vies. En marche vers l’insurrection ! ».

Autant dire tout de suite que cette manif fut assez haute en couleur, pas sur les chasubles rouges des rangs syndicaux mais sur les murs et les façades d’agences bancaires, immobilières et d’assurances…

A peine le cortège élancé que les premiers œufs viennent s’exploser sur une agence assurance AXA. La rage est palpable et se fait entendre par des slogans du type « les patrons comprennent qu’un seul langage, Grève-Blocage-Sabotage », « A bas l’Etat, les flics et les patrons », les variantes « Pends-pends ton Macron/Patron et t’auras sa galette, pends-pends ton Macron/Patron et t’auras son pognon.. », « Ni Etat ni patron, Insurrection/Autogestion, etc… En passant devant le Crédit agricole et le Crédit mutuel, des œufs sont une fois de plus jetés en leur direction, avec plus ou moins de réussite vue la distance. Par ailleurs, de la peinture rouge a aussi été projetée sur l’office du commerce et de l’artisanat, ainsi que sur l’enseigne de l’agence immobilière NEXITY. En arrivant sur la rue de la république, les premiers tags font leur apparition : d’abord sur une agence Square Habitat du CA, « Feu aux banques » et un autre qui n’a pas pu être terminé à cause de l’intervention du responsable de l’agence sorti en furie. Ceci dit, ses ardeurs seront très vite calmées par des personnes du cortège. Un peu plus loin, une agence du CA se voient repeindre ses vitres de « voleurs, escrocs » et « A bas la propriété (A) ». Même sort pour l’agence EDF un peu plus loin. Un DAB d’HSBC est recouvert d’un (A) et le cortège continue en direction de la Grande Rue aux cris de « Li-Li-Libertad ! Anarkia total !» avec des keufs bien plus présents, notamment devant les agences bancaires du centre-ville. A chaque flic posté les agences, fusent des « Police nationale milice du capital ».

Sur les murs de la mairie, « Que crève le monde du travail (A) » est tracé à la bombe. La suite de la manif continuera jusqu’à la place de la révolution, avec des keufs positionnés dans les rues adjacentes. Un gros barrage de flics sera installé sur le pont battant. Plusieurs personnes se feront contrôler, dont une sera retenu au poste pendant deux heures. Le motif de cette rétention : possession d’une bombe de peinture noire. Il écopera finalement d’un rappel à la loi pour port de cagoule.

Loin de l’agitation des grandes métropoles et sans rentrer dans un chauvinisme malsain, on voit qu’à Besançon les personnes commencent à s’organiser pour agir de manière offensive, en petits groupes affinitaires, et ce pendant les manifs. Il semblerait que la lutte contre la loi travail de 2016 ait lancé une dynamique radicale au niveau local, qui n’est absolument pas retombée. On voit aussi que de plus en plus de personnes viennent dans le but de compliquer le travail d’identification des flics. Ce serait d’ailleurs une bonne chose si davantage d’antiautoritaires prenaient l’habitude de se ramener en manif avec des vêtements de couleurs noire ou/et sombres et, sans forcément se cagouler, se dissimuler le visage sous des capuches, avec des lunettes de soleil, etc… ceci permettrait de fait de se solidariser avec celles et ceux qui décident de rompre avec la pacification des cortèges syndicaux et d’enterrer définitivement le modèle de manifestation bien sage.

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Marseille – les bureaux des gentrificateurs de Soleam

Paris – un rappel du RV solidaire au procès des inculpés de la voiture de flics incendiée

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