Communiqué du compagnon anarchiste Juan, depuis la liberté…

traduit depuis Croce Nera Anarchica / mardi 6 juin 2017

Hola compagnons !

En fin de compte, le mandat de dépôt pour un an de taule, à la suite d’une condamnation pour usurpation d’identité qui remonte à 2012 (plus ou moins) en Val Clarea [Val di Susa ; NdT] lors de l’un des nombreux contrôles faits par les Cacciatori di Sardegna [corps spéciaux de l’Armée, qui participaient à la « sécurisation » du chantier du TAV ; NdT] et la DIGOS, est arrivé.

J’ai de nombreux autres procès qui vont arriver (libération d’une personne arrêtée lors d’une Hospitalisation sans consentement à Bologna, dans le lointain 2007, le méga-procès NO TAV pour les affrontements du 3 juillet 2011…) et vont ajouter quelques années de taules à mon casier.

Au début je ne voulais rien rendre public, je voulais laisser tout « sous silence », ce silence dans lequel on ne sait pas quoi dire ni quoi faire…
Mais, en y réfléchisant bien, c’est mieux que ça ne se passe pas comme ça !

J’ai pris la décision de continuer à être « libre » et, tant que je pourrai fuir, ce sera bien !

Après, « tout ce qui va arriver, porte-le avec toi sur ton chemin », tout aussi positif ou négatif qu’il soit, j’essaierai de le vivre de la manière la plus intense possible.

Je ne m’arrêterai pas, ce n’est pas dans ma nature de m’adapter à la société, j’ai beaucoup réfléchi à tout cela : ce n’est pas dans mon être – et je continuerai (avec mes limites) à sortir avec mes réflexions et critiques pleines de fautes de grammaire, je continuerai à contribuer à la lutte avec ma vision personnelle de l’anarchisme, je continuerai à lutter dans chaque contexte que je trouverai adapté à mes conditions.

Je vais bien, même avec les nombreux changements dans tous les aspects de ma vie, c’est dur de laisser ses affects, mais je suis déterminé, la solitude, quand on n’est pas habitué se fait sentir, mais la solitude ça ne veut pas dire être seul, et j’en suis conscient ; quand la pensée d’un ami ou d’une amie surgit, quand je lis un livre, quand on fait face aux difficultés de la vie quotidienne, quand la tristesse surgit, quand je regarde l’Himalaya ou la mer du Groenland, ou quand je marche dans le désert de la maison…

Une bonne amie m’a dit « ris des nouvelles choses que tu rencontreras sur ton chemin ». Elle a été de bon conseil, parce que souvent, quand je regarde les petites choses importantes de la vie, je découvre que, sans m’en être aperçu, je souris ! Alors, je respire, je respire, je respire…

J’envoie un salut à Monica, avec qui je correspondais par lettre lorsqu’elle était en prison, je suis heureux de sa sortie de prison ; aux compagnons en Espagne qui ont décidé de refuser les mesures de sécurité, avec la campagne « coude à coude », je me joins à vous !

A Alfredo en grève de la faim.

Aux personnes arrêtées dernièrement à Turin.

Aux personnes de l’opération Scripta manent, courage !

A tous les amis et compagnons auxquels je n’ai pas pu dire aurevoir.

A crête haute ! Pour l’anarchie.

Juan

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